Symptômes, diagnostic et évolution des IST

13 septembre 2019
Reconnaître une infection sexuellement transmissible (IST) est capital. En effet, dès que le diagnostic est posé, des mesures pour éviter la transmission sont indispensables ainsi qu’un traitement précoce lorsqu’il est possible.

Blennorragie-gonococcie

Les symptômes de l'infection à gonocoque ou blennoragie

Lorsqu'ils existent, les symptômes apparaissent entre deux à sept jours après le rapport sexuel contaminant.

Chez l’homme, l'infection à gonocoque se manifeste sous la forme d'une urétrite (inflammation de l') avec des écoulements purulents et des brûlures intenses lors de la qui est difficile.

Chez la femme, jusqu’à 70 % des cas sont totalement sans symptomatiques. Lorsqu'elle est symptomatique, la gonococcie est responsable d'une vaginite avec des leucorrhées, souvent associée à des brûlures urinaires. L’évolution peut se faire vers une salpingite compliquée éventuellement d’une stérilité et d’un risque de grossesse extra-utérine.

Il y a également chez les hommes et les femmes des formes anorectales (anorectite purulente) et pharyngées (asymptomatiques le plus souvent).

Le diagnostic de l'infection à gonocoque ou blennorragie

Le diagnostic est posé après analyse au laboratoire d’un prélèvement local : prélèvement urinaire chez l’homme, vaginal chez la femme, anal en cas de rapports anaux et  pharyngé en cas de rapports oraux.

L'évolution de la gonococcie ou blennorragie

La blennorragie guérit lorsque le traitement antibiotique est pris correctement.

Non traitée, elle entraîne, chez la femme, des douleurs pelviennes chroniques, une augmentation du risque de contamination par le VIH, des risques de stérilité. L'enfant peut être contaminé lors de l'accouchement, si la mère est infectée.

Chez l'homme, elle peut être responsable de (infection de la prostate) et de rétrécissement de l'.

L'infection peut également se propager à d'autres organes (articulations, sang, cœur...)

Chlamydiose ou infection à Clamydia

La chlamydiose n'entraîne une fois sur deux aucun symptôme.

Les symptômes uro-génitaux des chlamydioses

Des symptômes peuvent survenir une à deux semaines après le rapport sexuel contaminant.

Chez l’homme, l’infection à Chlamydia peut provoquer une urétrite avec des écoulements au niveau du pénis.

Chez la femme, l’infection peut se traduire par :

  • une inflammation du col de l'utérus avec des pertes vaginales (leucorrhées),
  • des douleurs de la vessie et des brûlures urinaires,
  • une dyspareunie (douleurs lors des rapports sexuels),
  • des petits écoulements vaginaux sanguinolents (spotting).

Les formes aiguës associent fièvre, douleurs du bas ventre et métrorragies (saignements vaginaux survenant entre les règles).

L’évolution peut se faire vers une salpingite, avec le risque de douleurs pelviennes chroniques.

Il y a également chez les hommes et les femmes des localisations ano-rectales (anorectite purulente) et pharyngées (asymptomatiques le plus souvent).

Les symptômes de la lymphogranulomatose vénérienne (LGV)

Après une période sans symptômes de 3 à 30 jours, un micro chancre apparaît au point d’inoculation (anus, rectum, gland, vagin, , ), suivi quelques jours plus tard  par l'apparition de ganglions au niveau de l'aine. Un tableau de rectite ulcérée, bien que non spécifique, est fréquemment associé au diagnostic d’une LGV rectale.

Le diagnostic de chlamydiose

Il est confirmé par l'analyse de prélèvements. Ces prélèvements peuvent être réalisés dans le vagin ou sur l'endocol de l'utérus chez la femme, sur l' chez l'homme ou sur un simple jet d'urine chez l'homme comme chez la femme.

L'évolution des chlamydioses

Bien traitée par antibiotiques, la chlamydiose guérit sans difficulté. Toutefois, les récidives sont fréquentes dans les premiers mois.

Non traitée, elle peut être responsable, chez la femme, de stérilité et de grossesses extra-utérines en raison des lésions de la trompe de Fallope qu'elle provoque. L'enfant peut être contaminé lors de l'accouchement, si la mère est infectée.

L'hépatite B

Les symptômes d'hépatite B apparaissent deux à huit semaines après le rapport sexuel contaminant.

Le symptôme le plus commun d'une hépatite est la fatigue. Fièvre, douleurs musculaires et articulaires peuvent aussi être les premiers signes de l'hépatite virale B aiguë. Quelquefois, l'urine devient plus sombre et la peau prend une teinte jaunâtre (ictère ou jaunisse). Mais, l'hépatite B passe parfois totalement inaperçue, n'entraînant aucun signe visible.

Le diagnostic est confirmé par une prise de sang (analyse de la sérologie de l'hépatite B).

L'hépatite B peut évoluer de deux façons vers :

  • la guérison après l'infection aiguë, dans la majorité des cas (plus de 90 %) ;
  • la chronicité, on parle alors d'hépatite B chronique. Elle est définie par la persistance du virus dans l'organisme plus de six mois. Elle nécessite un suivi au long cours et, dans certains cas, un traitement. En l'absence de traitement, l'évolution vers la et la cirrhose du foie est possible.

Pour en savoir plus, consulter le dossier "hépatite B"

L'herpès génital

L'herpès génital entraîne une éruption de petits boutons, ressemblant à des bulles, sur les organes génitaux (pénis, vulve, peau autour des organes génitaux, vagin, anus...)

Les démangeaisons et les sensations de brûlures sont souvent douloureuses. Ces symptômes apparaissent une semaine ou plus après le rapport sexuel contaminant.

L'examen médical peut suffire pour poser le diagnostic de l'herpès génital. Il est parfois utile de réaliser une prise de sang ou un prélèvement sur les lésions pour confirmer le diagnostic.

Il est impossible, à l'heure actuelle, d'éliminer ce virus de l'herpès de l'organisme. L'évolution se fait par poussées qui ont plutôt tendance à s'espacer au fil des années.

La contamination de l'enfant lors de l'accouchement, si la mère est infectée, est la principale complication de l'herpès génital.

Pour en savoir plus, consulter le dossier "herpès génital"

L'infection à mycoplasmes et la trichomonase

L'infection à mycoplasme et la trichomonase se manifestent par des écoulements au niveau du vagin (vaginite), le pénis ou l'anus, ainsi que de démangeaisons et de brûlures, susceptibles d'apparaître une semaine après le rapport sexuel contaminant.

Un prélèvement local de l'écoulement est envoyé au laboratoire pour analyse et permet le diagnostic.

Bien traitées, ces infections guérissent. Toutefois, les récidives ne sont pas rares. Non traitées, ces IST peuvent entraîner des infections génitales à l'origine de stérilité, de grossesses extra-utérines en raison des lésions tubaires qu'elles provoquent.

Infection à papillomavirus

La majorité des personnes contaminées éliminent spontanément les papillomavirus sans développer les signes de l'infection.

D'autres les hébergent et sont sujettes à la formation de condylomes, petites verrues situées sur les organes génitaux (vulve, verge, anus et sur la peau autour de ces organes). Ces condylomes peuvent apparaître une à huit semaines après le rapport sexuel contaminant. 

Le diagnostic est posé lors de l'examen médical. Les condylomes, ou verrues génitales, le plus souvent bénins, sont cependant difficiles à éradiquer. Le traitement local doit être repris plusieurs fois.

Certains papillomavirus sont responsables de lésions précancéreuses. Ces lésions surviennent, chez l'homme, sur le pénis et au niveau de l'anus, tandis que chez la femme, elles se localisent surtout au niveau du col de l'utérus. On peut également les retrouver au niveau de la vulve, du vagin ou de l'anus. Ainsi, les papillomavirus à haut risque de cancer seraient responsables de la majorité des cancers du col de l'utérus, de 85% des cancers anaux et de 40% des cancers de la vulve, du vagin et du pénis.

Le frottis du col de l'utérus doit être fait régulièrement (tous les trois ans). Il permet de dépister précocement des lésions précancéreuses ou un cancer du col de l'utérus et, donc, de les traiter rapidement.

Le papillomavirus peut être transmis à l'enfant lors de l'accouchement.

Syphilis

La syphilis débute par une petite plaie non douloureuse, le chancre. Par la suite, elle peut entraîner des éruptions sur la peau et les muqueuses. L'éruption est indolore, ne démange pas et ne brûle pas. Les premiers symptômes de syphilis apparaissent deux à quatre semaines après le rapport sexuel contaminant.

Le diagnostic de syphilis est confirmé par une prise de sang.

Correctement traitée par antibiotiques, la syphilis guérit. Sans traitement, elle peut entraîner des complications importantes : atteinte du cerveau, des nerfs, du cœur, des artères et des yeux. Par ailleurs, une femme infectée peut transmettre l'infection à son nouveau-né lors de l'accouchement.

Pour en savoir plus, consulter le dossier "syphilis"

VIH/sida

La contamination par le VIH passe le plus souvent inaperçue (absence de symptômes). Mais elle peut se manifester par l'apparition de fièvre, une éruption, de la fatigue ou une diarrhée. Ces signes peuvent survenir 15 jours après le rapport sexuel contaminant.

Le diagnosticd'infection par le VIH est confirmé par une prise de sang.

Grâce au traitement, la personne porteuse du VIH ne présente pas de symptômes et sa charge virale sanguine devient le plus souvent indétectable. En l’absence de traitement, la maladie évolue vers un affaiblissement du et une vulnérabilité accrue aux diverses infections : c'est le stade de Sida (syndrome d'immunodéficience acquise).

Une femme enceinte infectée peut transmettre l'infection à son nouveau-né.

Pour en savoir plus, consulter le dossier "VIH"

Les principaux symptômes des MST/IST

Les MST/IST se manifestent par de nombreuses façons :

  • un écoulement par le pénis ;
  • des pertes vaginales (vaginite) ;
  • une inflammation des organes génitaux : rougeurs cutanées et augmentation de volume du scrotum (enveloppe des testicules) ou des grandes et petites lèvres du périnée ;
  • des lésions des muqueuses génitales et/ou de la peau, autour des organes génitaux ;
  • une tuméfaction (ganglions) de l'aine ;
  • des douleurs abdominales basses ;
  • une fièvre, de la fatigue...

Devant ces symptômes, consultez votre médecin.

  • Organisation mondiale de la santé (OMS). Infections sexuellement transmissibles. Site internet : OMS. Genève (Suisse) ; 2019 [consulté le 12 septembre 2019]
  • Santé publique France. Infections sexuellement transmissibles (IST) : préservatif et dépistage, seuls remparts contre leur recrudescence. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2018 [consulté le 12 septembre 2019]
  • Santé publique France. Infections sexuellement transmissibles (IST). Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2019 [consulté le 12 septembre 2019]
  • Société française de dermatologie. Les condylomes. Site internet : dermato info. Paris ; 2017 [consulté le 12 septembre 2019]
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Infections sexuellement transmissibles (IST). Site internet : Université Médicale Virtuelle Francophone ; 2016 [consulté le 12 septembre 2019]