Diagnostic, traitement et évolution de la mononucléose infectieuse

11 mai 2017
Le diagnostic de la mononucléose infectieuse est réalisé par le médecin traitant, et confirmé si besoin par des examens complémentaires. Aucun traitement particulier n’est prescrit pour cette maladie virale qui évolue en général vers la guérison. Un arrêt de travail peut être nécessaire.

Le déroulement de la consultation

Votre médecin traitant vous examine (ou examine votre enfant). La présence d'une angine avec de grosses amygdales rouges et recouvertes de membranes blanchâtres ainsi que de volumineux ganglions au niveau du cou est caractéristique. Il palpe votre pour savoir si la est augmentée de volume et sensible.

Pour être sûr que vous ne souffrez pas d’une angine bactérienne, il peut éventuellement réaliser un test de diagnostic rapide ou TDR.

Pour confirmer l'infection par le virus de la mononucléose, votre médecin peut prescrire une prise de sang pour :

  • mettre en évidence le syndrome mononucléosique : une augmentation temporaire mais importante de certains globules blancs appelés . Beaucoup d'entre eux présentent des anomalies caractéristiques à l'examen microscopique ;
  • confirmer un contact récent avec le virus par une recherche d’anticorps ;
  • évaluer les conséquences sur le foie qui se traduisent en général par une augmentation modérée des hépatiques.

Le traitement prescrit en cas de mononucléose infectieuse

Il n’existe pas de traitement spécifique pour cette affection. Comme elle est d’origine virale, les antibiotiques sont inutiles.

Des antalgiques et antipyrétiques (paracétamol, ibuprofène, kétoprofène) peuvent vous être prescrits pour limiter la fièvre et soulager les douleurs liées à la mononucléose infectieuse.

En cas de complications, une hospitalisation peut également être décidée par le médecin traitant, mais elle reste exceptionnelle.

Un arrêt de travail temporaire peut être prescrit et sa durée est adaptée à la gravité des symptômes :

  • fatigue invalidante ;
  • fièvre persistante ;
  • douleurs articulaires installées ;
  • complications.

Pour les enfants et les adolescents, l’absence scolaire dure le temps des symptômes. Les élèves retournent en classe lorsque la fièvre a disparu et qu’ils peuvent avaler normalement.

Les antibiotiques ne soignent pas les maladies dues à des virus

Les antibiotiques ne permettent pas de soigner les maladies d'origine virale comme la mononucléose infectieuse. Il est essentiel de réserver les antibiotiques aux maladies infectieuses pour lesquelles vous en avez vraiment besoin. La consommation inappropriée d'antibiotiques rend les bactéries plus résistantes.

L'évolution de la mononucléose infectieuse

En général, la mononucléose évolue vers la guérison. Les complications sont rares.

Le traitement prescrit soulage les symptômes de la mononucléose infectieuse. Un état fébrile ou récidivant est possible pendant plusieurs semaines. Le plus souvent, les personnes guérissent en trois à cinq semaines.
Une fatigue prolongée pouvant durer plusieurs semaines est possible mais elle n’empêche pas obligatoirement de travailler.
Pendant la convalescence (un mois), l'activité sportive est déconseillée.

Très rarement, des complications causées par la mononucléose infectieuse sont possibles :

  • une rupture de la peut survenir surtout après un traumatisme dans le premier mois, si cet organe est devenu très volumineux à cause de la maladie. Il s’agit alors d’une urgence ;
  • une atteinte du foie : le plus souvent, il ne s'agit que d'anomalies visibles lors du bilan biologique (augmentation des hépatiques appelés ) mais rarement, le foie peut être le siège d'une hépatite avec ictère (jaunisse) ;
  • une atteinte neurologique périphérique (syndrome de Guillain-Barré : inflammation des responsable de paralysies temporaires) ou cérébrale (méningite virale ou une ) ;
  • une atteinte hématologique. Chez les personnes immunodéprimées, une prolifération des globules blancs dans le sang peut aussi survenir.

Ces complications sont rares et nécessitent une prise en charge spécialisée.

Sources
  • Karrer U, Nadal D. Virus d'Epstein-Barr et mononucléose infectieuse. Forum Med Suisse. 2014;14(11):226-232
  • Société française d'hématologie. Orientation diagnostique devant un syndrome mononucléosique. Site internet : Université Médicale Virtuelle Francophone. Nantes (France) ; 2010 [consulté le 3 février 2017]
  • National Health Service (NHS). Glandular fever. Site internet : NHS choices. Londres ; 2015 [consulté le 3 février 2017]
  • Hôpital pour enfant de Toronto. Mononucléose infectieuse. Site internet : aboutkidshealth. Toronto (Canada) ; 2015 [consulté le 3 février 2017]
  • Collège National des Pédiatres Universitaires. Mononucléose infectieuse. Site internet : Université Médicale Virtuelle Francophone. Nantes (France) ; 2014 [consulté le 3 février 2017]