Diagnostic, traitement et évolution de la mononucléose infectieuse

14 novembre 2019
Le diagnostic de la mononucléose infectieuse est réalisé par le médecin traitant, et confirmé si besoin par des examens complémentaires. Aucun traitement particulier n’est prescrit pour cette maladie virale qui évolue en général vers la guérison. Un arrêt de travail peut être nécessaire.

Le diagnostic de la mononucléose

La consultation

Votre médecin traitant vous examine (ou examine votre enfant).

La présence d'une angine avec de grosses amygdales rouges et recouvertes de membranes blanchâtres ainsi que de volumineux ganglions au niveau du cou est caractéristique de la mononucléose. Il palpe votre pour savoir si la est augmentée de volume et sensible.

Pour être sûr que vous ne souffrez pas d’une angine bactérienne, il réalise un test de diagnostic rapide ou TDR.

Le TDR angine est indolore et simple ; il ne prend que quelques minutes.

Le médecin fait un prélèvement au niveau des amygdales avec un écouvillon (sorte de grand coton-tige), qu’il place ensuite dans un tube qui contient un réactif. Une bandelette est immergée dans ce liquide.

Selon la couleur que prend cette bandelette, le médecin sait si l’angine est due ou non à une bactérie : le du groupe A.

Le test de diagnostic rapide de l'angine

Schéma représentant les étapes du diagnostic d’une angine : le médecin fait un prélèvement par la bouche ; l’échantillon réagit avec une substance chimique ; puis le médecin fait son diagnostic

Mononucléose infectieuse : la prise de sang pour confirmer le diagnostic

Pour confirmer l'infection par le virus de la mononucléose, votre médecin peut prescrire une prise de sang pour :

  • mettre en évidence le syndrome mononucléosique : une augmentation temporaire mais importante de certains globules blancs appelés monocytaires ou monocytes. Beaucoup d'entre eux présentent des anomalies caractéristiques à l'examen microscopique ;
  • confirmer un contact récent avec le virus par une recherche d’anticorps dirigés contre le virus d'Epstein-Barr ;
  • évaluer les conséquences sur le foie qui se traduisent en général par une augmentation modérée des hépatiques.

Le traitement prescrit en cas de mononucléose infectieuse

Il n’existe pas de traitement spécifique pour la mononucléose infectieuse. Comme elle est d’origine virale, les antibiotiques sont inutiles.

Des antalgiques et antipyrétiques (paracétamol de préférence ou ibuprofène en cas de contre-indication du paracétamol) peuvent vous être prescrits pour limiter la fièvre et soulager les douleurs liées à la mononucléose infectieuse.

En cas de complications, une hospitalisation peut également être décidée par le médecin traitant, mais elle reste exceptionnelle.

Un arrêt de travail temporaire peut être prescrit et sa durée est adaptée à la gravité des symptômes :

  • fatigue invalidante ;
  • fièvre persistante ;
  • douleurs articulaires et musculaires installées...

Pour les enfants et les adolescents, l’absence scolaire dure le temps des symptômes. Les élèves retournent en classe lorsque la fièvre a disparu et qu’ils peuvent avaler normalement.

Les antibiotiques ne soignent pas les maladies dues à des virus

Les antibiotiques ne permettent pas de soigner les maladies d'origine virale comme la mononucléose infectieuse. Il est essentiel de réserver les antibiotiques aux maladies infectieuses pour lesquelles vous en avez vraiment besoin. La consommation inappropriée d'antibiotiques rend les bactéries plus résistantes : c'est l'antibiorésistance.

L'évolution de la mononucléose infectieuse

La mononucléose évolue vers la guérison. Les complications sont rares.

La guérison de la mononucléose infectieuse

Le traitement prescrit soulage les symptômes de la mononucléose infectieuse. Un état fébrile est possible pendant plusieurs semaines. Le plus souvent, les personnes guérissent en trois à cinq semaines.
Une fatigue prolongée pouvant durer plusieurs semaines est possible mais elle n’empêche pas obligatoirement de travailler.
Pendant la convalescence (un mois), l'activité sportive est déconseillée.

Les rares complications de la mononucléose infectieuse

Très rarement, des complications causées par la mononucléose infectieuse sont observées :

  • une rupture de la peut survenir surtout après un traumatisme dans le premier mois, si cet organe est devenu très volumineux à cause de la maladie. Il s’agit alors d’une urgence ;
  • une atteinte du foie : le plus souvent, il ne s'agit que d'anomalies visibles lors du bilan biologique (augmentation des hépatiques appelés ) mais rarement, le foie peut être le siège d'une hépatite avec ictère (jaunisse) ;
  • une atteinte neurologique périphérique (syndrome de Guillain-Barré : inflammation des responsable de paralysies temporaires) ou cérébrale (méningite virale ou une ) ;
  • une atteinte hématologique. Chez les personnes immunodéprimées, une prolifération des globules blancs dans le sang peut aussi survenir.

Ces complications sont rares et nécessitent une prise en charge hospitalière spécialisée.

  • Karrer U, Nadal D. Virus d'Epstein-Barr et mononucléose infectieuse. Forum Med Suisse. 2014;14(11):226-232
  • Société française d'hématologie. Orientation diagnostique devant un syndrome mononucléosique. Site internet : Université Médicale Virtuelle Francophone. Nantes (France) ; 2010 [consulté le 3 septembre 2019]
  • National Health service (NHS). Glandular fever. Site internet : NHS. Londres ; 2017 [consulté le 3 septembre 2019]
  • Hôpital pour enfant de Toronto. Mononucléose infectieuse. Site internet : aboutkidshealth. Toronto (Canada) ; 2015 [consulté le 3 septembre 2019]
  • Collège National des Pédiatres Universitaires. Mononucléose infectieuse. Site internet : Université Médicale Virtuelle Francophone. Nantes (France) ; 2014 [consulté le 3 septembre 2019]
  • ECN Pilly - Infectiologie - 2018. Syndrome mononucléosique. Éditions ALINÉA Plus Paris.