Le diagnostic, le traitement et l'évolution de la migraine

10 novembre 2017
Le diagnostic est fait par votre médecin traitant lors de son examen. Pour soigner la migraine, il faut éviter autant que possible les facteurs favorisants. Lors des crises, des antalgiques ou des anti-inflammatoires peuvent être utilisés. Un traitement de fond est parfois prescrit.

La consultation en cas de migraine

Pour guider votre médecin traitant dans l’adaptation de votre traitement, vous pouvez tenir un calendrier de vos crises et noter dans un carnet, pour chaque migraine :

  • la date ;
  • la durée de l’épisode ;
  • les facteurs déclenchants ;
  • l’intensité de la douleur ;
  • le retentissement sur votre vie quotidienne ;
  • le nom des médicaments utilisés, le nombre de prises et leur effet sur la douleur.

Pendant la consultation, votre médecin traitant vous examine. Il vous interroge aussi sur le déroulement des crises et leur évolution.

Si vos symptômes présentent les caractéristiques de la crise migraineuse, votre médecin confirme le diagnostic de migraine si les deux éléments suivants sont réunis :

  • le résultat de l’examen clinique (neurologique...) est normal ;
  • vous avez présenté au moins cinq épisodes douloureux de migraine (ou deux crises avec "aura"), entre lesquels vous n’avez ressenti aucun mal de tête.

Aucun examen complémentaire n’est nécessaire en cas de migraine.

Le traitement de la migraine

Le traitement repose sur de bonnes habitudes et sur des médicaments.

Le traitement de la migraine consiste d’abord à supprimer les facteurs déclenchants : par exemple, modifier votre rythme de sommeil, votre alimentation, suivre des séances de relaxation ou de gestion du stress.

Dans un premier temps, le médecin traitant prescrit des antalgiques et/ou des anti-inflammatoires (traitement dit "non spécifique") à prendre le plus tôt possible en début de crise.

Si des nausées accompagnent vos migraines, il peut aussi prescrire un médicament anti-nauséeux.

Si les crises migraineuses sont sévères ou handicapantes, ou si le premier traitement se révèle inefficace, le médecin peut prescrire un traitement, par les triptans (famille de médicaments qui réduit la dilatation des vaisseaux sanguins du cerveau, à l'origine de la douleur causée par la migraine) qui peuvent, si nécessaire, être associés aux AINS....

Avant de prescrire ces produits, le médecin vérifie l’absence de contre-indication (en particulier cardiovasculaires pour les triptans) et d’interactions avec un traitement déjà en cours. Il vous explique aussi les modalités de prise et les effets secondaires qui peuvent survenir (plus particulièrement avec les triptans qui peuvent être responsables de sensation de chaleur, oppression, picotements prédominant au cou et à la poitrine, fatigue et difficultés de concentration). Si vous ressentez certains des effets secondaires, parlez-en à votre pharmacien ou à votre médecin.

Attention aux migraines chroniques (céphalées chroniques quotidiennes)

Un abus de médicaments lors des crises de migraine peut entraîner des maux de tête chroniques. Pour éviter cette situation :

  • respectez les doses prescrites par votre médecin traitant ;
  • comptabilisez le nombre total de prises de médicaments par mois et informez-en votre médecin traitant, qui pourra vous aider à adapter le dosage si besoin. Il ne faut pas dépasser 8 jours de prise médicamenteuse par mois pour éviter l'abus de médicaments.

Soyez vigilante si vous êtes enceinte

La grossesse est en général un moment d'accalmie pour les femmes migraineuses.

L’aspirine, les anti-inflammatoires non stéroïdiens et les triptans sont contre-indiqués en cas de grossesse. Si vous souffrez de migraine, ne prenez aucun médicament sans en parler à votre médecin traitant. Si un traitement est indispensable, lui seul peut vous prescrire un médicament adapté.

Ce type de traitement ne supprime pas les crises mais les rend moins fréquentes et moins douloureuses. Il est prescrit par le médecin traitant :

  • en fonction de la fréquence et de l’intensité des crises de migraine, mais aussi du handicap familial, social et professionnel qu’elles engendrent ;
  • pour éviter l’abus de médicaments antimigraineux utilisés lors des crises.

De très nombreux traitements de fond sont proposés selon les situations. Parmi eux, les bêtabloquants sont fréquemment employés surtout lorsque le stress est à l’origine des migraines.

En raison d'effets secondaires parfois graves, les médicaments contenant de la dihydroergotamine ne doivent plus être utilisés dans le de la migraine.

En cas de migraines liées aux règles (migraines cataméniales), un traitement hormonal peut se révéler efficace. L’administration d’œstrogènes par voie cutanée débuté deux ou trois jours avant l’apparition supposée de la crise peut être utile. En cas d’échec, un traitement hormonal continu destiné à inhiber l’ovulation (contraceptif oral combiné en prise continue, contraceptif ...) peut être efficace.

Chez l’enfant, le n’est proposé qu’après l’échec des autres types de traitements. Cette démarche vise à limiter les effets indésirables dus à la prise de médicaments.

Le est évalué après trois mois de prise régulière et avec l’aide d’un calendrier des migraines. En cas de diminution de plus de 50 % du nombre de crises, le traitement est jugé efficace. Si ce n’est pas le cas, le médecin le modifie (augmentation des doses ou changement de médicament).

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Sources
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), Ducros A. Migraines. Site internet : Inserm. Paris ; 2013 [consulté le 9 novembre 2017]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Prise en charge diagnostique et thérapeutique de la migraine chez l’adulte et chez l’enfant : aspects cliniques et économiques. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2002 [consulté le 9 novembre 2017]
  • Davoine E,  Kleinschmidt A. Migraine : des recommandations générales à la prise en charge pratique. Rev Med Suisse. 2016; 12:1214-1219
  • Collège des enseignants de neurologie (CEN). Migraine, névralgie du trijumeau et algies de la face. Site internet : CEN. Paris ; 2014 [consulté le 9 novembre 2017]
  • Collège français d'ORL et de chirurgie cervico-faciale. Migraine, névralgie du trijumeau et algies de la face. Site internet : Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2014 [consulté le 9 novembre 2017]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Suspension d’AMM des médicaments par voie orale contenant : dihydroergotamine, dihydroergocristine, dihydroergocryptine-caféine, nicergoline. Site internet : ANSM. Saint-Denis ; 2013 [consulté le 10 novembre 2017]
  • National Health service (NHS). Migraine. Site internet : NHS choices. Londres ; 2016 [consulté le 10 novembre 2017]
  • Haute Autorité de santé (HAS). CCQ (céphalées chroniques quotidiennes) : diagnostic, rôle de l'abus médicamenteux, prise en charge. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2004 [consulté le 10 novembre 2017]