Les traitements au moment de la ménopause

16 mai 2017
La décision de prescrire un traitement hormonal substitutif de la ménopause (THM) prend en compte l'importance des symptômes et l'état de santé de la personne concernée. D'autres traitements existent pour soulager les symptômes.

L'intensité des symptômes de la ménopause est variable, et beaucoup de femmes n'ont pas besoin de traitement. Toutefois, il peut être proposé lorsque les symptômes deviennent gênants.

Les traitements en période de pré-ménopause

En période de pré-ménopause, un traitement à base de progestatifs ou un contraceptif oral faiblement dosé peut soulager les troubles.

Les traitements en période de ménopause

Différents traitements sont disponibles lors de la ménopause.

Les traitements hormonaux substitutifs de la ménopause (THM) peuvent être proposés par le médecin traitant ou le gynécologue. Ils associent des œstrogènes et des progestatifs (les progestatifs sont inutiles si la patiente a subi une .

Les œstrogènes interviennent sur les troubles dits « climatériques » (symptômes qui accompagnent les modifications hormonales associées à l’arrêt de la fonction ovarienne) et préviennent l’ostéoporose. Ils peuvent être naturels ou semi-synthétiques (Estradiol, Estrione, Estrone, etc.) ou synthétiques (Dienestrol par exemple).

Les progestatifs diminuent le risque de cancer du corps de l'utérus. ( , Megestrol, Dienogest, etc.)

Ces traitements existent sous différentes formes : voie orale (comprimé), cutanée (patch, gel) ou nasale (pulvérisateur). Les séquences d’administration peuvent varier de façon à ce que les règles apparaissent ou non (choix à discuter avec le médecin).

Le THM est proposé :

  • aux femmes dont la ménopause entraîne des troubles qui altèrent la qualité de vie familiale, sociale, professionnelle ;
  • aux femmes confrontées au problème de la ménopause prématurée (par exemple, à la suite d'une chirurgie de l'utérus et des et ce, jusqu'à l'âge de la ménopause naturelle ;
  • en l'absence de contre-indications (antécédent de cancer du sein ou d'accident vasculaire cérébral, même transitoire).

Avant la prescription, un examen clinique et une mammographie sont demandés. Le THM est administré à la dose minimale efficace, en cures courtes (environ deux à trois ans suffisent).

Toutes les femmes traitées par THM doivent bénéficier d'une ré-évaluation régulière de leur état de santé et de leur traitement par le médecin prescripteur, au moins une fois par an (bilan sanguin, examen clinique...)

En effet, ce dernier augmente les risques de :

Le THM est efficace sur les bouffées de chaleur, la sécheresse vaginale et la prévention de la perte osseuse et donc, des fractures consécutives à l'ostéoporose. En revanche, ce traitement n'a pas apporté la preuve de son intérêt pour diminuer le risque cardiovasculaire.

Des traitements non hormonaux peuvent être proposés pour atténuer les bouffées de chaleur. Parlez-en à votre médecin.

Des hydratants vaginaux ou un traitement hormonal, à appliquer localement, peuvent diminuer la sécheresse vaginale.

La prise en charge des maladies pouvant survenir après la ménopause

À la ménopause, certaines maladies peuvent survenir du fait d'un risque augmenté à cette période de la vie des femmes. Il convient de faire le point sur ses facteurs de risque avec son médecin traitant.

L'ostéoporose touche près de trois millions de Français (majoritairement des femmes ménopausées), mais seulement 600 000 le savent et se font suivre. Il existe pourtant des traitements capables de réduire les risques de fractures, premières complications de cette fragilisation osseuse (une Européenne est victime de fracture liée à l'ostéoporose toutes les 30 secondes).

Longtemps protégées par leurs hormones féminines, les femmes voient leur risque cardiovasculaire augmenter après la ménopause. Elles ne doivent donc pas négliger leur cœur et leurs artères. C'est le rôle du médecin traitant de les aider à éviter les facteurs de risque cardiovasculaire : tabac, sédentarité, surpoids, hypertension artérielle, excès de mauvais cholestérol...

Le risque de phlébite n'est pas augmenté par la ménopause. En revanche, les femmes qui prennent un traitement hormonal substitutif ont un risque accru.

Le cancer du sein est le plus fréquent chez la femme. Il peut survenir à tout âge, mais avec un pic de fréquence entre 50 et 74 ans. Il existe d'ailleurs un dépistage à cet âge, avec une mammographie à réaliser tous les deux ans.

Le cancer du corps de l'utérus (développé à partir de l'endomètre ou utérine) représente, quant à lui, 8 % des cancers féminins. Ce cancer touche surtout les femmes ménopausées, entre 65 et 70 ans. Il est favorisé par un excès d'œstrogènes. L'obésité et le diabète sont des facteurs de risque. Il n'y a pas de dépistage organisé pour ce cancer, mais toute femme ménopausée qui présente des saignements (en particulier, une alternance de pertes irrégulières de sang foncé avec des pertes rosées) doit en parler rapidement à son médecin.

Les fibromes utérins se développent fréquemment chez les femmes entre 30 et 50 ans, au cours de la période d’activité génitale. Les œstrogènes jouent un rôle dans leur évolution. Après la ménopause, avec l'arrêt de la production d’œstrogènes, et en l’absence de traitement hormonal substitutif, les fibromes utérins régressent en général spontanément.

L’endométriose est une affection chronique qui se développe durant toute la période d’activité génitale de la femme. Ainsi, à chaque cycle menstruel et en l'absence de traitement, les lésions prolifèrent, saignent et laissent des cicatrices fibreuses. Dans tous les cas, l’endométriose diminue (et disparaît généralement) après la ménopause.

La migraine dite cataméniale (qui survient au moment des règles) est favorisée par la chute hormonale. Après la ménopause, cette forme de migraine s'atténue, voire disparait.

Sources
  • Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Traitement hormonal substitutif de la ménopause. Site internet : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Saint-Denis (France) ; 2008 [consulté le 18 mai 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Comment prévenir les fractures dues à l’ostéoporose. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 18 mai 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Traitements hormonaux de la ménopause. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014[consulté le 18 mai 2016]