Les traitements au moment de la ménopause

27 juillet 2018
La décision de prescrire un traitement hormonal substitutif de la ménopause (THM) prend en compte l'importance des symptômes et l'état de santé de la personne concernée. D'autres traitements existent pour soulager les symptômes. Les conséquences osseuses et cardiovasculaires de la ménopause sont prévenues ou traitées.

Les traitements en période de périménopause et de ménopause

En période de périménopause, un traitement à base de progestatifs ou un contraceptif oral faiblement dosé peut soulager les troubles.

Lors de la ménopause, l'intensité des symptômes est variable, et beaucoup de femmes n'ont pas besoin de traitement. Toutefois, il peut être proposé lorsque les symptômes deviennent gênants.  Il est toujours associé à des conseils hygiénodiététiques, indispensables : arrêt du tabac, consommation très modérée d'alcool, alimentation diversifiée, activité physique régulière.

Différents traitements sont disponibles lors de la ménopause est installée.

Le traitement hormonal substititif de la ménopause dans certaines situations

Un traitement hormonal substitutif de la ménopause (THM) peut être proposé par le médecin traitant ou le gynécologue. Il associe un et un (le est inutile si la patiente a subi une ).

L' intervient sur les troubles dits « climatériques » (symptômes qui accompagnent les modifications hormonales associées à l’arrêt de la fonction ovarienne) et prévient l’ostéoporose. L'œstradiol, naturel, administré par voie percutanée ou transdermique est utilisé. En effet, les œstrogènes administrés par voie orale multiplient par quatre le risque de phlébite et d'embolie pulmonaire, alors que la voie percutanée réduit ou annule ce risque thrombo-embolique.
Le ( naturelle ou dérivé proche) diminue le risque de cancer du corps de l'utérus.

Les séquences d’administration peuvent varier de façon à ce que les règles apparaissent ou non (choix à discuter avec le médecin). Le traitement peut être prescrit de façon discontinue (25 jours par mois).

Le THM peut être proposé en l'absence de contre-indications (antécédent de cancer du sein ou d'accident vasculaire cérébral, même transitoire) :

  • aux femmes dont la ménopause entraîne des troubles climatériques qui altèrent la qualité de vie familiale, sociale, professionnelle ;
  • aux femmes confrontées au problème de la ménopause précoce, si la cause le permet et ce, jusqu'à l'âge de la ménopause naturelle ;
  • en prévention de la perte osseuse conduisant à l'ostéoporose et aux fractures ostéoporotiques.

Avant la prescription, un examen clinique et une mammographie sont demandés. Le THM est administré, le plus tôt possible après la confirmation de la ménopause, à la dose minimale efficace et tant que durent les symptômes (deux à trois ans suffisent le plus souvent).

Toutes les femmes traitées par THM doivent bénéficier d'une ré-évaluation régulière de leur état de santé et de leur traitement par le médecin prescripteur, au moins une fois par an (bilan sanguin, examen clinique...)

En effet, ce dernier augmente les risques de :

  • cancer du sein (le THM favoriserait le développement d'un cancer du sein microscopique) ;
  • cancer de l'endomètre, si l' est donné sans ;
  • cancer de l'ovaire, en cas de traitement de plus de cinq ans ;
  • accident vasculaire cérébral (AVC) surtout en cas de traitement par œstrogènes par voie orale ;
  • veineuse (formation d'un caillot dans une veine, à l'origine d'une phlébite ou d'une embolie pulmonaire). Ce risque est réduit (voire annulé) lorsque les œtrogènes sont administrés par voie transcutanée.

Par ailleurs, le traitement hormonal substitutif stimule la croissance d'un éventuel fibrome de l'utérus, la persistance d'une endométriose et la multiplication des calculs biliaires.

Le THM est efficace sur les bouffées de chaleur, la sécheresse vaginale et la prévention de la perte osseuse et donc, des fractures consécutives à l'ostéoporose. En revanche, ce traitement n'a pas apporté la preuve de son intérêt pour diminuer le risque cardiovasculaire.

Les autres médicaments de la ménopause

Un traitement non hormonal (béta-alanine) peut être proposé pour atténuer les bouffées de chaleur. Parlez-en à votre médecin.

Des hydratants ou lubrifiants vaginaux améliorent le confort sexuel en cas de sécheresse vaginale. Un traitement hormonal (œstrogènes), à appliquer localement deux fois par semaine, diminue la sécheresse vaginale et vulvaire et lutte contre les cystites, envies pressantes d'uriner, vaginites...

La prise en charge des maladies pouvant survenir après la ménopause

À la ménopause, certaines maladies peuvent survenir du fait d'un risque augmenté à cette période de la vie des femmes. Il convient de faire le point sur ses facteurs de risque avec son médecin traitant. Un suivi médical est nécessaire pour prévenir ou prendre en charge les conséquences osseuses ou cardiovasculaires de la ménopause.

L'ostéoporose touche près de trois millions de Français (majoritairement des femmes ménopausées), mais seulement 600 000 le savent et se font suivre. Le risque de cette maladie diffuse du squelette responsable d'une fragilisation de l'os est la survenue de fractures (une Européenne est victime de fracture liée à l'ostéoporose toutes les 30 secondes).

Un apport quotidien en calcium et vitamine D associé à une activité physique suffisant est indispensable. Un supplément en apport de vitamine D et de calcium peut être prescrit médicalement. Il existe également des traitements médicamenteux prescrits chez les femmes ménopausées à haut risque de fracture.

Longtemps protégées par leurs hormones féminines, les femmes voient leur risque cardiovasculaire augmenter après la ménopause. Ainsi, si le risque d'infarctus du myocarde de la femme non ménopausée est inférieur à celui de l'homme, ce risque augmente après la ménopause pour rejoindre celui des hommes.

La surveillance médicale est donc indispensable ainsi que la prévention du risque cardiovasculaire : arrêt du tabac, lutte contre la sédentarité, le surpoids, correction d'une éventuelle hypertension artérielle, d'une hypercholestérolémie...

Certains problèmes de santé s'améliorent après la ménopause

Les fibromes utérins se développent fréquemment chez les femmes entre 30 et 50 ans, au cours de la période d’activité génitale. Les œstrogènes jouent un rôle dans leur évolution. Après la ménopause, avec l'arrêt de la production d’œstrogènes, et en l’absence de traitement hormonal substitutif, les fibromes utérins régressent en général spontanément.

L’endométriose est une affection chronique qui se développe durant toute la période d’activité génitale de la femme. Ainsi, à chaque cycle menstruel et en l'absence de traitement, les lésions prolifèrent, saignent et laissent des cicatrices fibreuses. Dans tous les cas, l’endométriose diminue (et disparaît généralement) après la ménopause.

La migraine dite cataméniale (qui survient au moment des règles) est favorisée par la chute hormonale. Après la ménopause, cette forme de migraine s'atténue, voire disparait.

Sources
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale. Ménopause. Améliorer la sécurité d’utilisation des traitements hormonaux. Site internet : Inserm. Paris ; 2017 [consulté le 15 mars 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Les médicaments de l’ostéoporose. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 15 mars 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Traitements hormonaux de la ménopause. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 15 mars 2018]
  • Groupe d'Etude sur la Ménopause et le vieillissement hormonal. La ménopause. Site internet : GEMVi. Toulouse (France) : 2017 [consulté le 15 mars 2018]