Méningite : symptômes, diagnostic et évolution

27 novembre 2018
Les méningites se manifestent par un syndrome méningé (maux de tête, photophobie, vomissements, raideur de la nuque, fièvre). Après avoir examiné son patient, le médecin pratique, en milieu hospitalier, une ponction lombaire pour confirmer le diagnostic. L'évolution de la méningite dépend de sa cause.

Les symptômes d'une méningite

Les signes d’alerte peuvent varier en fonction de l’âge du patient.

Les symptômes de méningite chez l'enfant et l'adulte

Les symptômes associent une fièvre parfois élevée associée à des frissons et d'autres manifestations, parmi lesquelles peuvent être présents :

  • des maux de tête intenses (céphalées) ;
  • une intolérance à la lumière ( ou au bruit (la phonophobie) ;
  • des nausées ou vomissements ;
  • une raideur de la nuque ;
  • un teint gris ou marbré ;
  • des courbatures importantes ;
  • une grande fatigue ;
  • des symptômes neurologiques inconstants et graves :
    • une somnolence, voire des troubles de la conscience plus profonds (ex. : confusion mentale), surtout dans la méningo- virale ou les méningites bactériennes ;
    • des signes de lésions localisées du système nerveux central (ex. : des paralysies oculaires) ou des convulsions.

La méningite du nourrisson : des symptômes difficiles à reconnaître

Chez le nourrisson, les symptômes des méningites sont différents, peu caractéristiques mais souvent inquiétants.

Appelez le 15 ou le 112 si :

  • votre bébé a un comportement inhabituel (geignements, pleurs incessants, irritabilité, somnolence anormale),
  • il refuse de s'alimenter,
  • il a un teint gris ou marbré,
  • il paraît abattu et "mou".
Réagir en extrême urgence en présence d'un purpura

Certaines méningites bactériennes à méningocoque peuvent se traduire très rapidement par des symptômes d’infection généralisée. C’est le cas lors d’un purpura fulminans ( d’évolution très rapide, avec des lésions hémorragiques sous la peau).

Si votre enfant présente un syndrome méningé et une fièvre élevée ou si votre nourrisson a un comportement inhabituel, déshabillez-le entièrement et observez sa peau.

Si vous constatez des taches hémorragiques (taches étoilées rouge vif ou "bleus" ne disparaissant pas à la pression du doigt) constituant un purpura, appelez immédiatement les secours d’urgence. En effet, il existe un risque important d’ pouvant entraîner un décès.

Comment est posé le diagnostic de méningite ?

En présence de symptômes de méningite, une hospitalisation est indispensable.

Après son examen clinique, le médecin réalise une ponction lombaire (prélèvement de entre deux vertèbres, à l’aide d’une fine aiguille).

En observant à l’œil nu l’échantillon obtenu, le médecin peut déjà diagnostiquer :

  • soit une méningite dite "à liquide clair", souvent d’origine virale ;
  • soit une méningite "à liquide trouble" (ou "purulente"), généralement bactérienne.

Pour affiner le diagnostic, le liquide est ensuite analysé de façon approfondie (composition chimique, détection de germes et analyse de leur sensibilité aux antibiotiques si nécessaire). En cas de méningite bactérienne, la réalisation d'un permet de prescrire un traitement antibiotique adapté au germe présent.
Si aucun germe n’est identifié, des tests biologiques complémentaires sont menés pour trouver le virus ou la bactérie en cause.

Selon les cas, d’autres examens peuvent aussi se révéler utiles, à savoir :

  • des analyses sanguines (bilan biologique, hémocultures, dépistage du VIH...) ;
  • dans un deuxième temps, sans retarder la mise en route du traitement, un , un scanner ou une IRM du cerveau, si des complications ou des symptômes évoquant des lésions cérébrales apparaissent.

L’évolution des méningites

Elle dépend du type de méningite.

Les méningites virales guérissent sans traitement

Les patients ne souffrant pas de guérissent rapidement et sans traitement spécifique.

Les méningites bactériennes, fongiques et parasitaires nécessitent un traitement urgent pour éviter les complications

La prise d’antibiotiques (ou antifungique ou antiparasitaire) doit intervenir au plus vite, afin d’assurer la guérison et d’éviter le décès (observé, en moyenne, dans 20 % des cas de méningites bactériennes) ou la survenue de complications.

Les complications peuvent être :

  • un abcès (amas de pus collecté dans une cavité fermée) au niveau du cerveau : il peut survenir quelques jours après le début des soins, si ceux-ci ont été un peu tardifs, ou en cas de résistance des germes au médicament prescrit ;
  • une hydrocéphalie : il s’agit d’une augmentation de pression du causant une dilatation des cavités cérébrales ;
  • une récidive de la méningite : elle est possible en cas de lésion anatomique (par exemple, après un traumatisme crânien), constituant une "porte d’entrée" pour les germes. Relativement rare, elle se déclare dans les semaines suivant le début du traitement ;
  • la présence de séquelles : les méningites bactériennes peuvent laisser des séquelles, surtout lorsqu'elles surviennent chez l’enfant (perte d’acuité auditive, troubles visuels, troubles de l’attention, difficultés scolaires...) Ce phénomène concerne par exemple 20 % des personnes qui ont contracté une méningite à méningocoque.

Dans tous les cas, pour les enfants, une surveillance particulière et prolongée est mise en place après la guérison.

Un quart des décès et des cas de séquelles graves liés aux méningites de l’enfant sont évitables par la vaccination.

N° d’Urgence Médicale

Samu : 15 Pompiers : 18 Appel d'urgence européen : 112
Ces numéros sont gratuits et peuvent être appelés d'un téléphone fixe ou d'un téléphone mobile même bloqué ou sans crédit.
Sources
  • Mourvillier B, Wolff M. Méningites infectieuses et méningo-encéphalites– 1re partie : chez l’adulte. Rev Prat. 2006;56(17):1927-32.
  • Floret D, Javouhey E. Méningites infectieuses et méningo-encéphalites – 2e partie : chez l’enfant. Rev Prat. 2008;58(14):1579-84.
  • Maladies infectieuses et tropicales. Méningites infectieuses et méningo-encéphalites chez l’enfant et chez l’adulte. ECN Pilly 2018 [consulté le 26 Novembre 2018]
  • Institut national de la santé et de recherche médicale. Un quart des décès et des cas de séquelles graves liés aux méningites de l’enfant sont évitables par l’application du calendrier vaccinal.Communiqué de presse du 12 septembre 2018 Site internet : Inserm. Paris ; 2018 [consulté le 26 novembre 2018]
  • Haute Autorité de santé. Détection du génome des entérovirus dans le liquide céphalorachidien par amplification génique dans les méningites. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 26 novembre 2018]
  • Haute Autorité de santé. Évaluation de la recherche du méningocoque (Neisseria meningitidis) et du pneumocoque (Streptococcus pneumoniae) par amplification génique dans le diagnostic des méningites. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2016 [consulté le 26 novembre 2018]