Méningite aiguë : symptômes, diagnostic et évolution

04 avril 2017
Les méningites aiguës se manifestent par un syndrome méningé (maux de tête, photophobie, vomissements, raideur de la nuque, fièvre). Après avoir examiné son patient, le médecin pratique, en milieu hospitalier, une ponction lombaire pour confirmer le diagnostic.

Les symptômes des méningites aiguës

Les signes d’alerte peuvent varier en fonction de l’âge du patient.

Les symptômes associent une fièvre parfois élevée à d'autres manifestations, parmi lesquelles peuvent être présents :

  • des maux de tête intenses (céphalées) ;
  • une intolérance à la lumière ( ou au bruit (la phonophobie) ;
  • des nausées ou vomissements ;
  • une raideur de la nuque ;
  • un teint gris ou marbré ;
  • des courbatures importantes ;
  • une grande fatigue;
  • une somnolence, voire des troubles de la conscience plus profonds (ex. : confusion mentale), surtout dans la méningo- virale ou les méningites bactériennes;
  • des signes de lésions localisées du système nerveux central (ex. : des paralysies oculaires) ou des convulsions.

Chez le nourrisson, les symptômes des méningites sont plus difficiles à reconnaître. Toutefois, si votre bébé a un comportement inhabituel (geignements, pleurs incessants, irritabilité, somnolence anormale), s'il refuse de s'alimenter, s'il a un teint gris ou marbré, s'il paraît abattu et "mou", consultez sans tarder votre médecin.

Certaines méningites bactériennes à méningocoque peuvent se traduire très rapidement par des symptômes d’infection généralisée. C’est le cas lors d’un purpura fulminans ( d’évolution très rapide, avec des lésions hémorragiques sous la peau).

Si votre enfant présente un syndrome méningé et une fièvre élevée ou si votre nourrisson a un comportement inhabituel, déshabillez-le entièrement et observez sa peau.

Si vous constatez des taches hémorragiques (taches étoilées rouge vif ou "bleus" ne disparaissant pas à la pression du doigt) constituant un purpura, appelez immédiatement les secours d’urgence. En effet, il existe un risque important d’ pouvant entraîner un décès.

Comment est posé le diagnostic des méningites aiguës?

La consultation médicale débute par un examen clinique recherchant les symptômes de la maladie. Si une méningite est suspectée, une hospitalisation est nécessaire pour bilan. Le médecin réalise une lombaire (prélèvement de entre deux vertèbres, à l’aide d’une fine aiguille). En observant à l’œil nu l’échantillon obtenu, le médecin praticien peut déjà diagnostiquer :

  • soit une méningite dite "à liquide clair", souvent d’origine virale ;
  • soit une méningite "à liquide trouble" (ou "purulente"), généralement bactérienne.

Pour affiner le diagnostic, le liquide est ensuite analysé de façon approfondie (composition chimique, détection de germes et analyse de leur sensibilité aux antibiotiques si nécessaire). Si aucun germe n’est identifié, des tests biologiques complémentaires sont menés pour trouver le virus ou la bactérie en cause. En cas de méningite bactérienne, la réalisation d'un permet de prescrire un traitement antibiotique adapté au germe présent.

Selon les cas, d’autres examens peuvent aussi se révéler utiles, à savoir :

  • des analyses sanguines ;
  • un , un scanner ou une IRM du cerveau (en cas de complications, ou de symptômes évoquant des lésions cérébrales).

L’évolution des méningites aiguës

Elle dépend du type de méningite rencontré.

Les patients ne souffrant pas de guérissent rapidement et sans traitement spécifique.

La prise d’antibiotiques (ou antifungique ou antiparasitaire) doit intervenir au plus vite, afin d’assurer la guérison et d’éviter toute séquelle.

Des complications peuvent néanmoins apparaître, à savoir :

  • un abcès (amas de pus collecté dans une cavité fermée) au niveau du cerveau : il peut survenir quelques jours après le début des soins, si ceux-ci ont été un peu tardifs, ou en cas de résistance des germes au médicament prescrit ;
  • une hydrocéphalie : il s’agit d’une augmentation de pression du causant une dilatation des cavités cérébrales ;
  • une récidive de la maladie : elle est possible en cas de lésion anatomique (par exemple, après un traumatisme crânien), constituant une "porte d’entrée" pour les germes. Relativement rare, elle se déclare dans les semaines suivant le début du traitement ;
  • la présence de séquelles : les méningites bactériennes peuvent laisser des séquelles, surtout lorsqu'elles surviennent chez l’enfant (perte d’acuité auditive, troubles visuels, troubles de l’attention, difficultés scolaires...) Ce phénomène concerne par exemple 20 % des personnes qui ont contracté une méningite à méningocoque.

Dans tous les cas, pour les enfants, une surveillance particulière est mise en place après la guérison, sur plusieurs années.

Sources
  • Duval X. Méningites infectieuses et méningo-encéphalites. Rev Prat. 2010;60(6):839-48.
  • Mourvillier B, Wolff M. Méningites infectieuses et méningo-encéphalites– 1re partie : chez l’adulte. Rev Prat. 2006;56(17):1927-32.
  • Floret D, Javouhey E. Méningites infectieuses et méningo-encéphalites – 2e partie : chez l’enfant. Rev Prat. 2008;58(14):1579-84.
  • Collège universitaire des maladies infectieuses et tropicales (CMIT). Méningites infectieuses et méningo-encéphalites chez l’enfant et chez l’adulte. Site internet : infectiologie.com. Bordeaux (France) ; 2013 [consulté le 27 juin 2016]
  • Info-méningocoque. Questions/Réponses. Site internet : info-meningocoque.fr. Saint-Denis (France) ; 2015 [consulté le 27 juin 2016]