Prévenir les méningites aiguës

12 avril 2018
Pour prévenir l’apparition de certaines méningites aiguës, le respect des recommandations vaccinales est essentiel. Lorsqu’un cas de méningite se déclare néanmoins, le malade est isolé et un traitement préventif de son entourage est mis en place.

Les vaccins pour se protéger de certaines méningites aiguës

La prévention de la maladie repose notamment sur l’application des recommandations du calendrier vaccinal. En effet, la vaccination protège contre différents germes pouvant causer une méningite.

La vaccination contre le méningocoque de sérogroupe C est obligatoire pour les nourrissons nés à partir du 1er janvier 2018 et recommandée pour les nourrissons nés avant cette date, selon le schéma suivant :
- vaccination des nourrissons à 5 mois avec 1 dose de vaccin méningococcique C (vaccin Neisvac®23) suivie d’une dose de rappel à l’âge de 12 mois (dans la mesure du possible avec le même vaccin). Un intervalle minimum de 2 mois sera respecté entre l’administration des 2 doses. La dose de 12 mois peut être co-administrée avec le vaccin rougeole oreillons rubéole ;
- à partir de l’âge de 12 mois et jusqu’à l’âge de 24 ans révolus, pour ceux n’ayant pas reçu de primovaccination antérieure, le schéma comporte une dose unique.

D'autres recommandations existent dans des situations médicales ou professionnelles particulières.

La vaccination est obligatoire pour les nourrissons nés à partir du 1er janvier 2018 et recommandée pour ceux nés avant cette date par :

  • deux injections à deux mois d'intervalle (deux et quatre mois) ;
  • un rappel à l'âge de 11 mois.

Trois injections et un rappel sont recommandés pour les prématurés ainsi que pour les nourrissons à risque élevé d'infection.

Après l'âge de deux ans, la vaccination n'est recommandée que pour les enfants et les adultes à risque présentant une (absence de , infection par le VIH, traitement , etc.) ou une maladie favorisant la survenue d'une infection à pneumocoque (diabète, BPCO, etc.) Elle consiste en deux injections espacées de 2 mois, suivies d’un rappel (7 mois après la deuxième injection).

La vaccination est obligatoire pour les nourrissons nés à partir du 1er janvier 2018 et recommandée pour ceux nés avant cette date, combinée avec les vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite :

  • une injection à deux mois et une à quatre mois ;
  • un rappel à 11 mois.

Un rattrapage vaccinal peut être effectué jusqu'à l'âge de 5 ans. Il nécessite :

  • deux doses et un rappel entre 6 et 12 mois ;
  • une seule dose au-delà de 12 mois et jusqu'à 5 ans.

D’autres recommandations vaccinales sont aussi formulées pour les maladies virales causant parfois une inflammation des méninges (rougeole, oreillons...)

Il existe enfin des recommandations spécifiques pour les personnes touchées par une ou n’ayant plus de (personnes aspléniques).

Dans de nombreux pays tropicaux ou subtropicaux, les cas de méningites bactériennes sont nombreux. Si vous avez programmé un voyage vers une destination à risque, vérifiez que vous avez réalisé les vaccins utiles. Vous pouvez aussi en parler à votre médecin pour plus d’informations.

Pour en savoir plus sur les formalités selon votre destination de voyage, consulter le site du Ministère des affaires étrangères et européennes.

Comment prévient-on la transmission des méningites bactériennes ?

La lutte contre les méningites bactériennes nécessite une surveillance rigoureuse pilotée par le ministère en charge de la santé, et déclinée par les Agences régionales de santé (ARS). Un réseau national de laboratoires hospitaliers (Epibac) suit également l’évolution des cas de méningites bactériennes sur le territoire. Il est animé par l’Institut national de veille sanitaire (InVS).

La prévention s’organise également avec les centres nationaux de référence, ayant pour rôle:

  • d'assurer une expertise biologique pour les germes à surveiller (pneumocoque, méningocoque, , haemophilus influenzae et listeria) ;
  • de contribuer à la surveillance des infections liées à ces germes, et au suivi de leur résistance aux antibiotiques.

Pour chaque cas de méningite à méningocoque, par exemple, une procédure stricte est ainsi lancée, selon plusieurs étapes :

  1. Le médecin (ou le biologiste) ayant effectué le diagnostic déclare obligatoirement le cas à l’ARS concernée, en urgence. De cette façon, tous les acteurs sanitaires peuvent être avertis.
  2. Le patient est isolé et hospitalisé dans un service protégé.
  3. Le médecin et les services de l’ARS réalisent une enquête dans l’entourage du malade. Ils définissent quelles personnes doivent bénéficier d’un traitement préventif (ou "prophylactique"). Cette prévention concerne les individus ayant été en contact direct avec les sécrétions du nez et de la gorge du patient, dans les 10 jours avant son hospitalisation. Le plus souvent, il s’agit de personnes vivant sous le même toit que le malade.
  4. Deux types de traitements préventifs peuvent alors être mis en place :
    • L’antibioprophylaxie consiste à prendre des antibiotiques pour éviter l’apparition de la maladie.
    • La vaccination de rattrapage empêche la réapparition du méningocoque C dans l’entourage non du malade. Elle doit être réalisée dans les 10 jours suivant le dernier contact avec la personne infectée.

N° d’Urgence Médicale

Samu : 15 Pompiers : 18 Appel d'urgence européen : 112
Ces numéros sont gratuits et peuvent être appelés d'un téléphone fixe ou d'un téléphone mobile même bloqué ou sans crédit.
Sources
  • Ministère des Solidarités et de la Santé. Méningite-infections invasives à méningocoque. Site internet : Ministère des Solidarités et de la Santé. Paris ; 2015 [consulté le 4 janvier 2018]
  • Haut Conseil de la santé publique (HCSP). Guide pour l'immunisation en post exposition. Vaccination et immunoglobulines. Site internet : HCSP. Paris ; 2016 [consulté le 26 juin 2016]
  • Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS). Guide Eficatt – Exposition fortuite à un agent infectieux et conduite à tenir en milieu de travail – Neisseria meningitidis. Site internet : INRS. Paris ; 2011 [consulté le 26 juin 2016]
  • Collège universitaire des maladies infectieuses et tropicales (CMIT). Méningites infectieuses et méningo-encéphalites chez l’enfant et chez l’adulte. Site internet : infectiologie.com. Bordeaux (France) ; 2013 [consulté le 27 juin 2016]
  • Ministère des Solidarités et de la Santé. Vaccinations. Site internet : Le site santé du Ministère des Solidarités et de la Santé. Paris (France) ; 2017 [consulté le 4 janvier 2018] 
  • Loi n° 2017-1836 de financement de la sécurité sociale pour 2018. Journal officiel n° 305 du 31 décembre 2017.