Prévenir les méningites

21 juin 2021
Pour prévenir l’apparition de certaines méningites, le respect des recommandations vaccinales est essentiel. Lorsqu’un cas de méningite se déclare néanmoins, le malade est isolé et un traitement préventif de son entourage est mis en place.

Les vaccins pour se protéger de certaines méningites bactériennes

La prévention de la maladie repose notamment sur l’application des recommandations du calendrier vaccinal. En effet, la vaccination protège contre différents germes pouvant causer une méningite.

Vaccin contre le méningocoque C

Il existe plusieurs types de méningocoques. En France, les types B et C sont les plus répandus. Il existe un vaccin efficace contre le type C.

La vaccination contre le méningocoque de sérogroupe C est obligatoire chez les nourrissons nés depuis le 1er janvier 2018 selon le schéma suivant :

  • pour les nourrissons, vaccination à 5 mois avec 1 dose de vaccin méningococcique C (vaccin Neisvac®23) suivie d’une dose de rappel à l’âge de 12 mois (dans la mesure du possible avec le même vaccin). Un intervalle minimum de 6 mois sera respecté entre l’administration des 2 doses. La dose de 12 mois peut être co-administrée avec le vaccin rougeole oreillons rubéole.
  • à partir de l’âge de 12 mois et jusqu’à l’âge de 24 ans révolus, pour ceux n’ayant pas reçu de primovaccination antérieure, le schéma comporte une dose unique.

D'autres recommandations existent dans des situations médicales ou professionnelles particulières.

Il existe une vaccination contre le méningocoque de type B

Cette vaccination n'est proposée que dans certaines situations : infection invasive à méningocoque de type B dans une collectivité, personne ayant un travail à risque de contamination par le méningocoque B ou atteintes de certains déficits immunitaires...

Vaccin contre le pneumocoque

La vaccination est obligatoire pour les nourrissons nés depuis le 1er janvier 2018 et comporte :

  • deux injections à deux mois d'intervalle (deux et quatre mois) ;
  • un rappel à l'âge de 11 mois.

Trois injections et un rappel sont recommandés pour les prématurés ainsi que pour les nourrissons à risque élevé d'infection.

Après l'âge de deux ans, la vaccination est recommandée pour les enfants et les adultes à risque présentant :

Elle consiste en deux injections espacées de 2 mois, suivies d’un rappel (7 mois après la deuxième injection).

Vaccin contre l’haemophilus influenzae de type B

La vaccination est obligatoire pour les nourrissons nés depuis le 1er janvier 2018, combinée avec les vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite :

  • une injection à deux mois et une à quatre mois ;
  • un rappel à 11 mois.

Un rattrapage vaccinal peut être effectué jusqu'à l'âge de 5 ans. Il nécessite :

  • deux doses et un rappel entre 6 et 12 mois ;
  • une seule dose au-delà de 12 mois et jusqu'à 5 ans.

Autres vaccinations

D’autres obligations vaccinales sont formulées pour les maladies virales causant parfois une inflammation des méninges (rougeole, oreillons...)

Il existe enfin des recommandations spécifiques pour les personnes touchées par une ou n’ayant plus de (personnes aspléniques).

Vaccins et voyages

Dans de nombreux pays tropicaux ou subtropicaux, les cas de méningites bactériennes sont nombreux. Si vous avez programmé un voyage vers une destination à risque, vérifiez que vous avez réalisé les vaccins utiles. Vous pouvez aussi en parler à votre médecin pour plus d’informations.

Pour en savoir plus sur les formalités selon votre destination de voyage, consulter la page Conseils aux voyageurs sur le site diplomatie.gouv.fr.

Prévenir la listériose chez les femmes enceintes

Chez les femmes enceintes, la prévention de la listériose nécessite des précautions alimentaires.

Comment prévient-on la transmission des méningites bactériennes ?

La surveillance des cas de méningites bactériennes

La lutte contre les méningites bactériennes nécessite une surveillance rigoureuse pilotée par le ministère en charge de la santé, et déclinée par les Agences régionales de santé (ARS). Un réseau national de laboratoires hospitaliers (Epibac) suit également l’évolution des cas de méningites bactériennes sur le territoire français. Il est animé par l’Institut national de veille sanitaire (Santé publique France).

La prévention des méningite bactériennes s’organise également avec les centres nationaux de référence, ayant pour rôle:

  • d'assurer une expertise biologique pour les germes à surveiller (pneumocoque, méningocoque, , haemophilus influenzae et listeria) ;
  • de contribuer à la surveillance des infections liées à ces germes, et au suivi de leur résistance aux antibiotiques.

Autour d'un cas de méningite à méningocoque

Pour chaque cas de méningite à méningocoque, une procédure stricte est ainsi lancée, selon plusieurs étapes :

  1. Le médecin (ou le biologiste) ayant effectué le diagnostic déclare obligatoirement le cas de méningite à méningocoque à l’ARS concernée, en urgence. De cette façon, tous les acteurs sanitaires peuvent être avertis.
  2. Le malade est isolé et hospitalisé dans un service protégé.
  3. Le médecin et les services de l’ARS réalisent une enquête dans l’entourage du malade. Ils définissent quelles personnes doivent bénéficier d’un traitement préventif (ou "prophylactique"). Cette prévention concerne les individus ayant été en contact direct (face à face) prolongé (une heure d'affilée au moins) avec les sécrétions du nez et de la gorge du patient, dans les 10 jours avant son hospitalisation. Le plus souvent, il s’agit de personnes vivant sous le même toit que le malade. Mais il peut aussi s'agir de situations plus rares, comme un flirt.
  4. Deux types de traitements préventifs peuvent alors être mis en place :
    • L’antibioprophylaxie consiste à prendre des antibiotiques pour éviter l’apparition de la méningite à méningocoque.
    • La vaccination des cas contacts empêche la réapparition du méningocoque C dans l’entourage non du malade. Elle doit être réalisée, le plus rapidement possible et au maximum dans les 10 jours suivant le dernier contact avec la personne infectée.

Autour d'un cas de méningite à pneumocoque ou à listeria

Lorsqu'il existe un cas de méningite à pneumocoque ou à listeria, l'isolement et l'antibioprophylaxie ne sont pas utiles.
Les personnes fragiles au contact du malade ayant une méningite à pneumocoque peuvent être vaccinées contre le pneumocoque.

  • Recommandations sanitaires pour les voyageurs 2021. BEH Hors série du 1er juin 2021. Site internet : Santé publique France. Saint–Maurice (France) ; 2021 [consulté le 21 juin 2021]
  • Ministère des Solidarités et de la santé. Calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2021. Site internet : Ministère des Solidarités et de la santé. Paris (France) ; 2021 [consulté le 21 juin 2021]
  • Haut Conseil de la santé publique (HCSP). Guide pour l'immunisation en post exposition. Vaccination et immunoglobulines. Site internet : HCSP. Paris ; 2016 [consulté le 21 juin 2021]
  • Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS). Guide Eficatt – Exposition fortuite à un agent infectieux et conduite à tenir en milieu de travail – Neisseria meningitidis. Site internet : INRS. Paris ; 2011 [consulté le 21 juin 2021]
  • Collège des universitaires de maladies infectieuses et tropicales. Méningites, méningo-encéphalites chez l'adulte et l'enfant. ECN. PILLY 2020. 6ème édition Elsevier Masson. Issy-les-Moulineaux (France)