Méningite aiguë : la maladie, ses causes et facteurs favorisants

17 mars 2017
Les méningites aiguës correspondent à une inflammation des méninges, enveloppes protectrices du cerveau et de la moelle épinière. Elles sont en général infectieuses dues le plus souvent à un virus, plus rarement à une bactérie, et parfois à un champignon ou à un parasite.

Qu’est-ce que la méningite aiguë ?

Les méningites sont une inflammation des méninges constituées de trois membranes protégeant le système nerveux central (cerveau, cervelet, tronc cérébral et moelle épinière). La maladie est dite "aiguë" lorsqu'elle dure moins d’un mois.

Il existe des méningites chroniques beaucoup plus rares. Elles persistent plus d’un mois et sont causées par des maladies inflammatoires ou cancéreuses, ou par des pathologies infectieuses survenant chez des personnes immunodéprimées (atteinte méningée de la tuberculose, méningite fongique due à un champignon...)

Les méninges, enveloppes protectrices du système nerveux central

Schéma : les méninges, enveloppes protectrices du système nerveux central

Les causes des méningites aiguës infectieuses

Ces méningites aiguës proviennent d’une infection du (liquide circulant entre les méninges), généralement due à un virus. Dans certains cas, une bactérie, un champignon ou un parasite peuvent aussi être en cause.

Ce sont les méningites aiguës les plus fréquentes. Elles sont parfois dues à des virus très répandus, appartenant à la famille des entérovirus (ex. : échovirus, virus Coxsackie...)

Dans ce type de méningite, certains symptômes appelés "syndrome méningé" (céphalées, et vomissements) sont dominants, et l’état général de la personne n’est pas altéré. La maladie est aussi bénigne : chez les patients ne souffrant pas d’un , le rétablissement se révèle le plus souvent spontané. La guérison intervient alors sans séquelles, au bout de quelques jours.

Un syndrome méningé peut aussi être présent dans d'autres maladies virales :

Elles sont moins fréquentes que les méningites virales. En France, le nombre de méningites bactériennes a été estimé à 1 448 cas en 2012.

Après une infection locale, respiratoire (pneumonie ou oto-rhino-laryngologique, dite "ORL" (rhinopharyngite, angine, otite, sinusite, etc.), les bactéries présentes dans le rhinopharynx peuvent passer dans le sang, et éventuellement infecter le liquide céphalo-rachidien.

Le syndrome méningé est alors souvent associé à un syndrome infectieux grave (dysfonctionnement des organes et de la circulation du sang). La méningite représente alors une urgence médicale, et le traitement doit être mis en œuvre rapidement.

Ces méningites sont déclenchées par diverses bactéries.

Le pneumocoque

Ce germe provoque parfois des méningites chez des patients souffrant d’une (liée à une ablation de la , un abus d’alcool chronique, des maladies de sang héréditaires. Il arrive aussi que le pneumocoque infecte les méninges suite à un traumatisme crânien, ayant créé un orifice d’entrée dans la boîte crânienne. La méningite à pneumocoque peut survenir chez l’enfant, mais plus souvent chez l’adulte.

Le méningocoque

Comme son nom l’indique, ce germe provoque essentiellement des méningites. Naturellement présent dans la gorge, il peut devenir nocif en se multipliant, puis en passant dans le sang et les méninges. La méningite à méningocoque survient plutôt dans l’enfance et l’adolescence. Chaque année, la méningite à méningocoque touche environ 500 000 personnes dans le monde. L’Afrique subsaharienne, du Sénégal à l’Éthiopie, enregistre les taux de population touchée les plus élevés (on parle de "ceinture de la méningite").

La listéria

La méningite liée à ce germe est observée surtout chez les femmes enceintes, les personnes âgées, celles abusant d’alcool ou sous traitement .

Chez l’enfant de moins de 5 ans, surtout, la méningite bactérienne peut aussi être due à l’haemophilus influenzae (également responsable de pneumonies ) ou à l’escherichia coli (ou E. coli).

En l’absence de traitement rapide, ces méningites bactériennes peuvent :

  • atteindre d’autres parties du système nerveux central comme le cerveau, le cervelet ou le tronc cérébral (on parle alors de "méningo- ) ;
  • toucher l’ensemble de l’organisme (infection généralisée ou " "). Dans ce cas, la maladie est dite "invasive".

Beaucoup plus rares et survenant surtout chez les personnes immunodéprimées, elles sont dues à des levures (champignons microscopiques) tels que les cryptocoques ou le , et apparaissent en cas d’immunodépression. Leurs symptômes sont souvent marqués (ex. : troubles de la vigilance, paralysie des nerfs crâniens).

Très rarement, des parasites comme celui de la toxoplasmose peuvent être en cause.

Quels sont les facteurs susceptibles de favoriser l’apparition d’une méningite ?

La plupart des méningites sont contractées dans les conditions de vie habituelles, sans lien avec une hospitalisation ou un acte médical. On parle alors de "méningites communautaires". Les nourrissons, enfants, adolescents, jeunes adultes, personnes âgées et immunodéprimées sont les plus souvent atteints. Le fait de vivre dans une collectivité fermée, et surtout le fait d’être en contact avec une personne atteinte de méningite, sont des facteurs favorisant la survenue de la maladie.

Chez certains patients, l’infection est contractée lors d’une hospitalisation. On la qualifie alors de "méningite nosocomiale". Une méningite peut survenir par exemple après une intervention neurochirurgicale ou ORL lorsqu'il y a eu contamination du par une bactérie.

Certaines méningites surviennent dans le cadre du travail. Elles peuvent être reconnues comme maladies professionnelles.

Sources
  • Institut de veille sanitaire (InVS). Épidémiologie des méningites aiguës en France. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2012 [consulté le 24 juin 2016]
  • Organisation mondiale de la santé (OMS). Méningite à méningocoques – Aide-mémoire n° 141. Site internet : who.int. Genève (Suisse) ; 2015 [consulté le 23 juin 2016]
  • Stahl JP. Méningites aiguës. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris) – Neurologie. 2013;17-160-C-10.
  • Société française d’anesthésie réanimation (SFAR). Méningites nosocomiales. Site internet : SFAR. Paris ; 2013 [consulté le 24 juin 2016]
  • Duval X. Méningites infectieuses et méningo-encéphalites. Rev Prat. 2010;60(6):839-48.
  • Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS). Tableaux des maladies professionnelles. Site internet : INRS. Paris ; 2015 [consulté le 24 juin 2016]