Méningite : définition, causes et circonstances de survenue

27 novembre 2018
Les méningites aiguës correspondent à une inflammation des méninges, enveloppes protectrices du cerveau et de la moelle épinière. Elles sont en général infectieuses dues le plus souvent à un virus, plus rarement à une bactérie, et parfois à un champignon ou à un parasite.

Qu’est-ce que la méningite aiguë ?

Les méningites sont une inflammation des méninges constituées de trois membranes protégeant le système nerveux central (cerveau, cervelet, tronc cérébral et moelle épinière).

La méningite est dite "aiguë" lorsqu'elle dure moins d’un mois. Elle est infectieuse et provient d’une infection du (liquide circulant entre les méninges) par un virus, une bactérie ou beacoup plus rarement par un champignon ou un parasite.

Il existe des méningites chroniques beaucoup plus rares.

Elles persistent plus d’un mois et sont causées par des maladies inflammatoires chroniques ou cancéreuses, ou par des pathologies infectieuses prolongées survenant chez des personnes immunodéprimées (atteinte méningée de la tuberculose, méningite fongique due à un champignon...)

Les méninges, enveloppes protectrices du système nerveux central

Schéma : les méninges, enveloppes protectrices du système nerveux central

Les causes des méningites

Les méningites proviennent d’une infection du (liquide circulant entre les méninges), généralement due à un virus. Dans certains cas, une bactérie, un champignon ou un parasite peuvent aussi être en cause.

Les méningites virales sont les plus fréquentes

Dans ce type de méningite, certains symptômes appelés "syndrome méningé" (céphalées, et vomissements) sont dominants, et l’état général de la personne n’est pas altéré.

La maladie est en général bénigne : chez les patients ne souffrant pas d’un , le rétablissement se révèle le plus souvent spontané. La guérison intervient alors sans séquelles, au bout de quelques jours.

Elles sont dues, le plus souvent, à des virus très répandus, appartenant à la famille des entérovirus (ex. : échovirus, virus Coxsackie...) Un syndrome méningé peut aussi être présent dans d'autres maladies virales :

Les méningites bactériennes, moins fréquentes mais plus graves

En France, le nombre de méningites bactériennes a été estimé à 1 448 cas en 2012. Elles représentent 20 à 25 % des méningites dites communautaires (survenant dans des conditions de vie habituelles).

Après une infection locale, respiratoire (pneumonie ou oto-rhino-laryngologique, dite "ORL" (rhinopharyngite, angine, otite, sinusite, etc.), les bactéries présentes dans le rhinopharynx peuvent passer dans le sang, et éventuellement infecter le liquide céphalo-rachidien.

Le syndrome méningé est alors souvent associé à un syndrome infectieux grave (dysfonctionnement des organes et de la circulation du sang).

En l’absence de traitement rapide, ces méningites bactériennes peuvent :

  • atteindre d’autres parties du système nerveux central comme le cerveau, le cervelet ou le tronc cérébral (on parle alors de "méningo-) ;
  • toucher l’ensemble de l’organisme (infection généralisée ou ""). Dans ce cas, la maladie est dite "invasive".

La méningite bactérienne est une urgence médicale, et le traitement doit être mis en œuvre rapidement.

Ces méningites sont déclenchées par diverses bactéries.

Le pneumocoque

La méningite à pneumocoque peut survenir chez l’enfant, mais plus souvent chez l’adulte. C'est le germe le plus fréquemment responsable de méningites bactériennes.

Le pneumocoque diffuse par contiguité à partir d'un foyer infectieux ORL (une sinusite par exemple) ou plus rarement par voie sanguine (par exemple en cas de pneumonie). Le pneumocoque peut également provoquer des méningites chez des patients souffrant d’une (liée à une ablation de la , un abus d’alcool chronique, des maladies de sang héréditaires. Il arrive aussi qu'il infecte les méninges à la suite d'un traumatisme crânien, ayant créé une ouverture dans les méninges.
 

Le méningocoque

Comme son nom l’indique, ce germe provoque essentiellement des méningites. Naturellement présent dans la gorge, il peut devenir nocif en se multipliant, puis en passant dans le sang et les méninges.

En France, les infections graves à méningocoques touchent environ 600 personnes par an (deux tiers de méningites, un tiers de septicémies), avec un pic de fréquence en hiver. Les personnes les plus touchées sont les enfants de moins d'un an, les enfants entre 1 et 4 ans et les jeunes adultes non protégés par la vaccination de 15 à 24 ans.

La contamination par le méningocoque est interhumaine directe et survient lors d’un contact proche et prolongé aux sécrétions orales contaminantes. Dans l’immense majorité des cas, la contamination d’une personne n’entraîne qu’une simple colonisation du nez et du , sans autre conséquence. Exceptionnellement (si le germe est virulent, si la personne est affaiblie...), le méningocoque diffuse dans le sang et colonise les méninges, entraînant une méningite.

Chaque année, la méningite à méningocoque touche environ 500 000 personnes dans le monde. L’Afrique subsaharienne, du Sénégal à l’Éthiopie, enregistre les taux de population touchée les plus élevés (on parle de "ceinture de la méningite").

La listéria

La contamination se fait par l'alimentation (fromages crus par exemple). La listeria, présente dans le tube digestif, colonise les méninges par le sang. Cette méningite est observée surtout chez les femmes enceintes, les personnes âgées, celles abusant d’alcool ou sous traitement .

L’haemophilus influenzae et l’escherichia coli

Chez l’enfant de moins de 5 ans, surtout, la méningite bactérienne peut aussi être due à l’haemophilus influenzae (également responsable de pneumonies ) ou à l’escherichia coli (ou E. coli).

    Les méningites aiguës fongiques ou parasitaires très rares

    Les méningites fongiques surviennent surtout chez les personnes immunodéprimées, elles sont dues à des levures (champignons microscopiques) tels que les cryptocoques ou le , et apparaissent en cas d’immunodépression. Leurs symptômes sont souvent marqués (ex. : troubles de la vigilance, paralysie des nerfs crâniens).

    Très rarement, des parasites comme celui de la toxoplasmose peuvent être en cause.

    Quels sont les facteurs susceptibles de favoriser l’apparition d’une méningite ?

    La plupart des méningites sont contractées dans les conditions de vie habituelles, sans lien avec une hospitalisation ou un acte médical. On parle alors de "méningites communautaires". Les nourrissons, enfants, adolescents, jeunes adultes, personnes âgées et immunodéprimées sont les plus souvent atteints.
    Le fait de vivre dans une collectivité fermée, et surtout le fait d’être en contact avec une personne atteinte de méningite, sont des facteurs favorisant la survenue de la maladie.

    Chez certains patients, l’infection est contractée lors d’une hospitalisation. On la qualifie alors de "méningite nosocomiale". Une méningite peut survenir par exemple après une intervention neurochirurgicale ou ORL lorsqu'il y a eu contamination du par une bactérie.

    Certaines méningites surviennent dans le cadre du travail. Elles peuvent être reconnues comme maladies professionnelles.

    Sources
    • Santé publique France-Institut de veille sanitaire. Épidémiologie des méningites aiguës en France. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2012 [consulté le 26 novembre 2018]
    • Organisation mondiale de la santé (OMS). Méningite à méningocoques. Site internet : who.int. Genève (Suisse) ; 2018 [consulté le 26 novembre 2018]
    • Stahl JP. Méningites aiguës. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris) – Neurologie. 2013;17-160-C-10.
    • Société française d’anesthésie réanimation (SFAR). Méningites nosocomiales. Site internet : SFAR. Paris ; 2013 [consulté le 26 novembre 2018]
    • Duval X. Méningites infectieuses et méningo-encéphalites. Rev Prat. 2010;60(6):839-48.
    • Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS). Tableaux des maladies professionnelles. Site internet : INRS. Paris ; 2015 [consulté le 26 novembre 2018]
    • Haute Autorité de santé. Détection du génome des entérovirus dans le liquide céphalorachidien par amplification génique dans les méningites. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 26 novembre 2018]
    • Maladies infectieuses et tropicales. Méningites infectieuses et méningo-encéphalites chez l’enfant et chez l’adulte. ECN Pilly 2018 [consulté le 26 Novembre 2018]