Définition et causes d’un méningiome

21 juillet 2021
Un méningiome est une tumeur presque toujours bénigne qui se développe à partir des méninges. L’exposition à des radiations ionisantes ou la prise de certains traitements hormonaux favorisent le développement et la croissance de ce type de tumeur.

Qu’est-ce qu’un méningiome ?

Méningiome : une tumeur en général bénigne des méninges

Un méningiome est une tumeur méningée. Elle se développe à partir d’une des trois membranes constituant les méninges - l’arachnoïde – et s’implante dans une autre membrane méningée, la dure-mère. Cette tumeur est :

  • bénigne dans 90 % des cas (tumeur de grade I) ;
  • atypique (ou agressive) ayant tendance à récidiver dans 9 % des cas (tumeur de grade II) ;
  • maligne (cancéreuse) dans moins de 1 % des cas (tumeur de grade III).

Qui est atteint de méningiome ?

Même si 76 % des personnes affectées par un méningiome ont plus de 50 ans, les jeunes adultes peuvent aussi en être atteints. Il touche particulièrement les femmes (69 % des cas), prédominance qui s’atténue après la ménopause.

Qu’est-ce que les méninges ?

Les méninges sont les enveloppes protectrices du système nerveux central : cerveau, cervelet, tronc cérébral et moelle épinière. Elles sont constituées de trois membranes :

  • la pie-mère, fin feuillet adhérent au système nerveux ;
  • l'arachnoïde, séparée de la pie-mère par un espace dans lequel circule le liquide céphalorachidien ;
  • la dure-mère, membrane résistante et la plus épaisse qui est au contact de l’os : boîte crânienne et canal rachidien.

Aspect et localisation d'un méningiome

Le méningiome est en général une tumeur unique, de petite taille (quelques millimètres) lorsqu’il est diagnostiqué tôt. Il existe toutefois des situations de méningiomes multiples. La base d’implantation de la tumeur a un diamètre plus petit que la tumeur. Le méningiome est bien vascularisé, riche en vaisseaux sanguins, alimentés par les artères méningées et celles en provenance du tissu cérébral.

Le plus souvent, le méningiome est localisé sur les hémisphères du cerveau, mais il peut se développer à la base du crâne, au niveau du cervelet, etc. Il a un nom spécifique en fonction de son emplacement : méningiome frontal, méningiome temporal, méningiome du sinus caverneux, ou encore méningiomes de la moelle épinière (qui sont beaucoup plus rares). Selon l’endroit où il se développe, il peut entraîner des symptômes très divers.

Méningiome : une évolution lente

L’évolution d’un méningiome est lente ; il peut grossir pendant des mois voire des années. Certains, qui ne sont pas d’emblée responsables de symptômes, peuvent atteindre la taille de 10 cm. Cette masse a parfois tendance à pousser vers le crâne et à l’envahir ; on dit que le méningiome, bien que bénin, est agressif. Ce type de situation rend l’ablation du méningiome plus difficile et explique les récidives après une opération chirurgicale.

Quelles sont les causes du méningiome ?

La cause précise du méningiome n’est souvent pas connue. Aujourd’hui, le facteur de risque clairement établi est celui de l’exposition à des radiations ionisantes. En effet, les personnes qui, pour d’autres motifs, ont eu une radiothérapie crânienne notamment dans l’enfance, ont plus de risques de développer un ou des méningiomes.

D’autres facteurs peuvent favoriser la survenue et la croissance d’un (ou plusieurs) méningiome :

  • la présence de certains gènes hérités des ascendants ;
  • la grossesse, période marquée par des changements hormonaux chez la femme enceinte ;
  • des facteurs hormonaux et en particulier certains traitements hormonaux par progestatifs, et acétate de cyprotérone. Cet effet serait dû à la présence de récepteurs hormonaux spécifiques sur le méningiome. Ce sont des récepteurs à la , à androgènes ou, dans des cas plus rares, à estrogènes. La prise de ce type de traitement chez la femme augmente le risque de développer un méningiome. Toutefois, certains traitements hormonaux peuvent aussi conduire au développement d'un méningiome chez l'homme.

Les progestatifs sont utilisés dans le traitement de certains fibromes de l’utérus et parfois, dans l’endométriose. En France, le nombre de femmes avec un ou plusieurs méningiomes attribuables à la prise de Lutényl, de Lutéran ou de l'un de leurs génériques est d’environ 100 cas par an.

Lorsque la durée de traitement dépasse six mois, les femmes prenant ce type de traitements voient leur risque de développer un méningiome multiplié par trois par rapport aux autres femmes. Combiné à la durée, ce risque augmente avec la dose utilisée. Il est multiplié :

  • par 12 après 5 ans de traitement par Lutényl avec une posologie de 5 mg/jour pendant 20 jours/mois ;
  • par 7 après 3,5 ans de traitement par Lutéran avec une posologie de 10 mg/jour pendant 20 jours/mois).

L'acétate de cyprotérone est avant tout prescrit :

  • dans certaines maladies hormonales chez la femme se manifestant par une augmentation du système pileux ;
  • dans le traitement hormonal destiné aux personnes transgenres ;
  • beaucoup plus rarement, dans le traitement de certaines formes du cancer de la prostate chez l’homme.

Les premiers résultats d’une étude scientifique menée par l’Assurance Maladie et le service de neurochirurgie de l’hôpital Lariboisière ont mis en évidence une augmentation du risque de survenue de méningiome chez les patients traités par acétate de cyprotérone à fortes doses pendant au moins six mois.

  • Ben Ismail M, Rousselot C, François P. Méningiomes intracrâniens. EMC Elsevier Masson. Neurologie, 2015-38(1):1-26
  • Agence national de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Androcur et génériques (acétate de cyprotérone, 50 mg et 100 mg) et risque de méningiome : l’ANSM publie des recommandations pour la prise en charge des patients. Site internet : ANSM. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2021 [consulté le 3 mai 2021]
  • Agence national de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Acétate de nomégestrol (Lutényl et génériques) / acétate de chlormadinone (Lutéran et génériques), et risque de méningiome : recommandations d’utilisation et de suivi des patientes. Site internet : ANSM. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2021 [consulté le 3 mai 2021]
  • Hôpital Lariboisière - service de neurochirurgie. Méningiome. Site internet : Hôpital Lariboisière. Paris [consulté le 3 mai 2021]
  • Haute autorité de santé (HAS). Place de l’irradiation intracrânienne en conditions stéréotaxiques (radiochirurgie et radiothérapie stéréotaxique) dans le traitement de pathologies non cancéreuses - Rapport d'évaluation. Évaluation des technologies de santé. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2011 [consulté le 3 mai 2021]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Tumeurs cérébrales. Site internet : Inserm. Paris ; 2008 [consulté le 3 mai 2021]