La classification et les types de malpositions dentaires

09 novembre 2017
Les malpositions dentaires sont classifiées selon leur nature. Cette classification permet de comprendre les anomalies à l’origine du mauvais positionnement des dents.

La classification des malpositions dentaires

Les malpositions dentaires et les font l’objet d’une classification selon leur nature :

  • La classe I (squelettique ou dentaire) constitue la référence. Elle correspond au rapport harmonieux entre les maxillaires supérieurs et inférieur, et les dents des 2 arcades en occlusion.

Position dentaire de référence classe I

  • La classe II, où la molaire supérieure est en position plus avancée. Il existe donc un décalage en avant de l’arcade dentaire supérieure par rapport à l’inférieure.

Les incisives peuvent être fortement inclinées vers l’avant (classe II division 1).

Malposition dentaire de classe II division 1

schéma malposition dentaire de classe II division 1

 

 

 

 

Les incisives peuvent être orientées vers l’intérieur de la bouche (classe II division 2).

Malposition dentaire de classe II division 2

schéma malposition dentaire classe II division 2
  • La classe III, où la molaire supérieure est plus reculée qu’en position normale. Les incisives inférieures sont souvent en avant des incisives supérieures.

Malposition dentaire de classe III

schéma malposition dentaire de classe III

Les malpositions ont différentes origines, qui se combinent fréquemment entre elles. Il existe des anomalies :

  • squelettiques ;
  • alvéolaires ;
  • dentaires.

On parle d’anomalies fonctionnelles lorsque la langue, par exemple, vient s’interposer entre les arcades.

Les anomalies squelettiques

Les anomalies squelettiques concernent les bases osseuses et sont généralement liées au mécanisme de croissance. Elles entraînent un décalage entre les maxillaires supérieurs et la mandibule, soit dans le sens :

  • sagittal (d’avant en arrière) ;
  • vertical (hauteur de la face) ;
  • transversal (d’un côté du visage à l’autre).

Le décalage squelettique dans le sens sagittal est observé lorsque la mandibule se trouve en arrière des maxillaires supérieurs (menton fuyant). Il se produit généralement en raison d’un développement insuffisant de la mandibule. On parle de classe II squelettique.

Ce décalage s’observe aussi à l’inverse, lorsque la mandibule se trouve en avant des maxillaires supérieurs (menton proéminent). On parle de classe III squelettique. Dans ce cas, les incisives inférieures sont souvent en avant des incisives supérieures. Ce décalage est dû soit :

  • à une insuffisance de développement des maxillaires supérieurs (rétrognathie maxillaire) ;
  • à un développement excessif de la mandibule (prognathie mandibulaire).

Le sens du décalage est vertical lorsque :

  • les maxillaires se développent en hauteur de manière excessive. Elles empêchent alors le contact entre une partie des dents et créent une béance au niveau des incisives ;
  • à l’inverse, le développement des maxillaires peut être insuffisant. Ce décalage entraine un affaissement de la partie basse du visage et un recouvrement excessif des incisives inférieures par les incisives supérieures.

Le sens du décalage est transversal lorsque le développement des maxillaires supérieurs est insuffisant dans le sens de la largeur, créant une bouche étroite au niveau supérieur.

Cette anomalie concerne essentiellement les maxillaires supérieurs et peut ne toucher qu’un seul côté.

Les anomalies alvéolaires

Les anomalies alvéolaires peuvent concerner tous les plans de l’espace. Elles trouvent leur origine :

  • au cours de la croissance, lors du phénomène de dentition ;
  • ou de manière secondaire, dans des causes fonctionnelles telles que la succion du pouce ou une forte pulsion de la langue.

Ces anomalies alvéolaires sont observées dans le sens sagittal lorsque :

  • les incisives supérieures ou inférieures sont inclinées de manière exagérée vers l’avant (pro-alvéolie) ;
  • à l’inverse, les incisives peuvent être orientées vers l’intérieur de la bouche et présentent un encombrement (rétro-alvéolie).

L’anomalie alvéolaire est observée dans le sens vertical lorsque :

  • les incisives supérieures recouvrent de manière excessive les incisives inférieures (supraclusion) ;
  • à l’inverse, les dents n’entrent pas toutes en contact lors de la fermeture de la bouche (infraclusion). La béance est antérieure si l’anomalie concerne les incisives, ou latérale lorsqu’il y a absence de contacts dentaires sur les côtés.

L’anomalie alvéolaire est observée dans le sens transversal lorsque :

  • Elle est localisée sur l’un ou les deux secteurs latéraux des arcades dentaires. Elle peut être associée à des déviations latérales (latérodéviations) lors des mouvements de fermeture de la bouche. Les dents situées au niveau latéral des maxillaires supérieurs sont inclinées vers l’intérieur de la bouche. On parle d’endo-alvéolie. Cette anomalie concerne rarement le maxillaire inférieur.
  • À l’inverse, les dents des secteurs latéraux sont orientées vers l’extérieur de l’arcade (exo-alvéolie).

Les anomalies dentaires

Des anomalies peuvent survenir au cours du phénomène de dentition et altérer les dents ou leur positionnement sur les arcades de diverses manières. Il existe des anomalies :

  • De nombre. Un ou plusieurs germes dentaires sont absents. Il s’agit d’une agénésie dentaire qui concerne le plus souvent les dents permanentes. À l’inverse, il peut exister une ou plusieurs dents surnuméraires de forme atypique.
  • De forme. Certaines dents vont avoir une forme atypique, souvent en raison d’anomalies dans la formation de la dent.
  • De volume. Les dents ont un volume augmenté (macrodontie) ou diminué (microdontie) de manière harmonieuse.
  • D’éruption. Les dents évoluent sur les arcades de manière précoce ou tardive. Dans certains cas, la dent reste incluse et ne peut faire son éruption. Il s’agit fréquemment des canines permanentes.
  • De situation. Dans certains cas, 2 dents peuvent intervertir leur position au moment de leur éruption (transposition dentaire) ou un germe de dent peut se trouver à distance de son site normal d’éruption.
  • De position. C’est le cas lorsqu’une malposition dentaire est localisée, telle une rotation ou une inclinaison anormale de la dent.

La dysharmonie dentaire

La dysharmonie dentaire est souvent la conséquence d’une anomalie squelettique ou alvéolo-dentaire. Elle se manifeste par une mauvaise occlusion entre les arcades dentaires supérieure et inférieure.

  • La dysharmonie dento-maxillaire (DDM) correspond à une disproportion entre la taille des dents permanentes et le périmètre des arcades alvéolaires correspondantes. Elle se traduit généralement par un encombrement dentaire.
  • La dysharmonie dento-dentaire (DDD) est une anomalie morphologique consécutive à une mauvaise proportion entre les dents ; cette microdontie ou macrodontie concerne une seule dent ou un groupe dentaire.
Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Recommandations pour la pratique clinique - Indications de l’orthopédie dento-faciale et dento-maxillo-faciale chez l’enfant et l’adolescent. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2002 [consulté le 4 octobre 2017]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Evaluation des actes professionnels - Bilan de dysmorphose dento-maxillo-faciale. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2006 [consulté le 4 octobre 2017]
  • Haroun A. Recommandations de la HAS pour la pratique clinique : Les critères d'aboutissement du traitement d'orthopédie dento-faciale. Bulletin de l’Union Nationale pour l’Intérêt de l’Orthopédie Dento-Faciale 2007;33:22-31
  • Bassigny F. - Manuel d'orthopédie dento-faciale. Ed. Masson. Paris: 1991
  • Université Médicale Virtuelle Francophone (UMVF). Anomalies maxillo-faciales et développement buccodentaire - Site internet : UMVF. Lille (France); 2011 [consulté le 4 octobre 2017]
  • Société française d’orthopédie dento-faciale (SFODF). Bases fondamentales en orthodontie. Site internet : SFODF. Paris ; 2011 [consulté le 4 octobre 2017]