Les maladies liées à l'amiante

17 mars 2017
L’exposition à l’amiante peut causer des pathologies non cancéreuses affectant les poumons ou la plèvre. Plus rarement, l’exposition à l’amiante génère l’apparition d’une tumeur maligne spécifique, le mésothéliome de la plèvre.

Les pathologies non cancéreuses dues à l'amiante

L’inhalation d’amiante peut provoquer des maladies bénignes touchant les poumons et/ou l’une des deux parties de la composée de membranes plus fines ou "feuillets" :

  • le feuillet pariétal, situé contre la cage thoracique ;
  • le feuillet viscéral, appliqué contre les poumons.

L'appareil respiratoire

Schéma : appareil respiratoire, plèvre (1)

Plusieurs pathologies sont concernées.

Une personne ayant inhalé de l’amiante peut être atteinte par différents types de lésions pleurales (concernant la ), simultanément ou successivement.

La de la pariétale

C’est la plus fréquente des pathologies liées à l’amiante. Elle se caractérise par l’apparition irréversible de plaques de (épaississement des tissus) sur le feuillet pariétal de la . Ces zones peuvent se calcifier (durcir à cause d’un dépôt de calcium dans les tissus altérés), mais elles ne progressent pas dans les années qui suivent leur apparition.

Généralement, cette maladie est asymptomatique, mais elle peut aussi provoquer une altération très modérée de la fonction respiratoire. On la détecte en réalisant un scanner du thorax.

La pleurésie bénigne

La pleurésie se manifeste par la présence anormale de liquide entre le feuillet viscéral et le feuillet pariétal de la . Elle cause une douleur thoracique irradiant vers l'épaule, des quintes de toux sèche et une gêne respiratoire. La pleurésie se déclare environ trente ans après le début de l’exposition à l’amiante. Elle peut disparaître complètement ou évoluer vers une de la viscérale. Le médecin qui pose le diagnostic cherche à confirmer que la pleurésie est bien due à une exposition à l’amiante, car elle peut aussi avoir d’autres causes (ex. : infection, insuffisance cardiaque).

La de la viscérale

Séquelle de la pleurésie, la de la viscérale est quatre à dix fois moins fréquente que la de la pariétale. Elle provoque des épaississements de la viscérale, qui ont des conséquences sur la santé plus importantes que les plaques pleurales.

En effet, cette cause des douleurs thoraciques et une altération de la fonction respiratoire (diminution du volume d’air que peuvent inspirer les poumons). Comme la pleurésie bénigne, elle apparaît une trentaine d’années après l’exposition à l’amiante et peut avoir d’autres causes (ex. : traumatisme, prise médicamenteuse).

Ces différentes affections donnent lieu à un .

L’asbestose est une des poumons liée à l’inhalation d’amiante. Elle peut provoquer divers symptômes :

  • toux chronique ;
  • essoufflement à l’effort ;
  • diminution du volume d’air que peuvent inspirer les poumons (appelé trouble ventilatoire restrictif) ;
  • altération de la diffusion de l’oxyde de carbone dans les .

Les premiers signes de liés à l’asbestose sont visibles au scanner plus de vingt ans après le début de l’exposition à l’amiante. Ils peuvent continuer à évoluer après la cessation de l’inhalation, en fonction des niveaux d’exposition passés.

Comme les symptômes (toux, essoufflement...) ne sont pas spécifiques à l’asbestose, le médecin qui pose le diagnostic cherche à confirmer :

Pour cela, il utilise l’imagerie médicale mais aussi l’analyse au microscope des tissus touchés, prélevés si besoin par biopsie.

Enfin, s’il n’existe pas de traitement spécifique pour l’asbestose, un est possible.

Les pathologies malignes dues à l'amiante

Les tumeurs malignes concernent la de façon spécifique, ou les poumons.

Le mésothéliome de la est une tumeur causée presque toujours par une exposition professionnelle à l’amiante. Elle apparaît en moyenne quarante ans après le premier contact avec ce matériau.

Les premiers signes du mésothéliome sont communs à de nombreuses maladies :

  • essoufflement,
  • douleur de poitrine,
  • toux persistante,
  • douleur de l'omoplate ou du bas du dos.

Pour préciser le diagnostic, le médecin traitant prescrit un bilan radiologique et une analyse de tissus, prélevés sur la tumeur par biopsie.

Selon les cas, le traitement repose sur la chirurgie, la radiothérapie ou la chimiothérapie.

La mortalité par mésothéliome diminue chaque année. En France, elle a connu son pic au début des années 2000, avec de 600 à 800 décès annuels chez les hommes, et de 100 à 200 chez les femmes.

Le cancer des bronches et des poumons dû à l’amiante ne présente pas de spécificité par rapport à un cancer ayant une autre origine.

Ainsi, les symptômes, les résultats des analyses et des radiographies, peuvent être identiques lorsque la tumeur n’est pas liée à l’inhalation d’amiante, mais au tabac. Le tabac reste d’ailleurs la première cause de cancer broncho-pulmonaire.

Cependant, l’exposition à l’amiante augmente les risques de cancer du poumon. Ces risques sont même multipliés (et pas simplement additionnés) pour les personnes exposées conjointement à l’amiante et au tabac.

Ainsi, par rapport à un individu qui ne fume pas et n’est pas en contact avec de l’amiante :

  • les fumeurs ont dix fois plus de risques de développer un cancer du poumon ;
  • les personnes en contact avec l’amiante en ont cinq fois plus ;
  • celles exposées aux deux facteurs présentent cinquante fois plus de risques.
Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Exposition environnementale à l’amiante : état des données et conduite à tenir. Site internet : HAS. La Plaine-Saint Denis (France) ; 2008 [consulté le 18 novembre 2015]
  • Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS). Amiante. Site internet : INRS. Paris ; 2014 [consulté le 17 novembre 2015]
  • Amiante : la surveillance des expositions et de l'impact sur la population reste nécessaire. Bulletin épidemiologique hebdomadaire (BEH) n°3-4 du 20 janvier 2015
  • Institut national de veille sanitaire. Impact sanitaire de l'exposition à l'amiante. Site internet : INVS Saint Maurice (France) ; 2013 [consulté le 18 novembre 2015]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Suivi post-professionnel après exposition à l’amiante, Rapport d’orientation de la commission d’audition. Site internet : HAS. La Plaine-Saint Denis (France) ; 2010 [consulté le 18 novembre 2015]