Bien vivre avec une maladie rénale chronique

17 mai 2019
La maladie rénale chronique nécessite un suivi au long cours par plusieurs professionnels de santé. Les traitements doivent être respectés au mieux et adaptés en fonction du stade de l'insuffisance rénale. De nombreuses mesures hygiéno-diététiques permettent avec le traitement de ralentir l'évolution.

Le suivi médical de la maladie rénale chronique

Le suivi de votre maladie rénale chronique est mené par une en coordination avec votre médecin traitant : , cardiologue, diabétologue, diététicien, infirmier, psychologue, tabacologue…

Il nécessite des consultations, des analyses biologiques (ex. : bilan sanguin) et des examens complémentaires. Le rythme de la surveillance est fixé en concertation avec vous.

Cette surveillance a pour but :

  • d’apprécier l’évolution de la maladie rénale chronique ;
  • de rechercher les complications ou les facteurs qui pourraient aggraver la maladie (apparition de facteurs de risque cardiovasculaire…) ;
  • d’évaluer l’efficacité et la bonne tolérance des soins, et s’assurer que vous bénéficiez d’une prise en charge optimale ;
  • de vous apprendre à gérer votre maladie au quotidien.

Vous pouvez améliorer votre qualité de vie, en suivant quelques conseils :

  • consultez régulièrement votre médecin traitant ou les autres professionnels de santé selon le programme établi, même si vous ne vous plaignez de rien (la maladie rénale chronique ne donne que peu de symptômes au début) ;
  • respectez votre traitement : ne le modifiez pas, car il est adapté à votre cas, et ne l'arrêtez pas sans avis médical ;
  • avertissez sans délai votre médecin devant tout symptôme inhabituel ou nouveau qui vous inquiète ;
  • n'entreprenez aucun traitement sans en parler à votre médecin. En effet, beaucoup de médicaments sont toxiques pour les reins, y compris certaines plantes, ou sont responsables d'effets indésirables en raison de leur mauvaise élimination rénale ;
  • n’hésitez pas à échanger avec les professionnels de santé : interrogez-les sur votre maladie et notez les questions que vous vous posez entre deux consultations ;
  • signalez aussi tout effet indésirable dû au traitement pour chercher comment l’atténuer ou le prévenir ;
  • signalez vos problèmes rénaux si vous devez passer un examen médical qui nécessite l'injection d'un produit de contraste (produit qui augmente le contraste pour mieux voir un organe) en raison de sa toxicité rénale ;
  • respectez les modalités de dialyse si vous êtes en autodialyse ou en dialyse à domicile ;
  • demandez un soutien psychologique si vous en ressentez le besoin.

Vivre au quotidien avec une maladie rénale chronique

Si vous présentez une maladie rénale chronique, vous êtes amené à adopter de nouvelles habitudes de vie de façon à préserver le fonctionnement de vos reins.

Vous avez une maladie rénale chronique : surveillez votre poids et votre tension artérielle

Dans la maladie rénale chronique, il est important :

  • de ne pas être en surpoids ou à l'inverse d'avoir un poids insuffisant,
  • de maintenir sa tension artérielle dans des chiffres normaux.

N’oubliez pas de vous peser régulièrement. Votre médecin mesure régulièrement votre tension artérielle ou vous guide pour apprendre à la mesurer vous-même.

Ayez une alimentation équilibrée et adaptée à votre insuffisance rénale chronique

Il est important de faire 3 repas par jour à un rythme régulier et d'avoir une alimentation variée et équilibrée. En fonction du stade de l'insuffisance rénale chronique, vos apports nutritionnels doivent être adaptés et garantir cependant un bon apport nutritionnel.

Votre consommation d'eau est également adaptée à votre état de santé. En général, il est conseillé de boire 1,5 litre d'eau ou de vboissons non sucrées et non alcoolisées, en dehors de toute contre-indication médicale.

Limitez votre consommation d'alcool qui augmente le risque cardiovasculaire.

Dans tous les cas de maladie rénale chronique, une diminution de votre consommation de sel est recommandée. Respectez la quantité de sel à consommer chaque jour, donnée par votre médecin (en général, pas plus de 6 g par jour). Pour cela :

  • ne salez pas l'eau de cuisson des aliments,
  • ne resalez pas les plats à table,
  • évitez la consommation de plats riches en sel : plats préparés, charcuterie, biscuits apéritifs...,
  • n'utilisez pas de sel de régime qui peut être dangereux en cas d'insuffisance rénale.
Comment évaluer la quantité de sel dans les aliments ?

1 g de sel est présent dans :

  • une rondelle de saucisson,
  • une poignée de biscuits apéritifs ou de chips,
  • 1/3 de sandwich,
  • un bol de soupe "industrielle",
  • 4 tranches de pain,
  • 1 part de pizza.

    En cas de maladie rénale chronique, l'apport en protéines est défini par le médecin. En général, un apport de 0,8 à 1 g par kg de poids et par jour est conseillé (par exemple, si vous pesez 60 kg, consommez 48 à 60 g de protéines par jour). N'hésitez pas à demander conseil à votre médecin traitant.

    Comment évaluer la quantité de protéines dans les aliments ?

    10 g de protéines sont présents dans :

    • 50 g de viande ou jambon ou poisson,
    • 2 petits œufs,
    • 250 ml de lait ou 100 g de fromage blanc ou 2 yaourts,

    5 g de protéines sont présents dans :

    • 5 biscottes ou 1/4 de baguette ou 3 tranches de pain de mie ou 50g de céréales de petit déjeuner,
    • 250 g de pâtes, semoule ou riz,
    • 100 g de légumes secs cuits (lentilles, flageolets, pois cassés, pois chiches...)

    Faites régulièrement de l'exercice

    Quel que soit le stade de votre insuffisance rénale et son traitement, la pratique d'une activité physique, régulière modérée,voire sportive, est conseillée pour ralentir la maladie rénale chronique et diminuer le risque cardiovasculaire.

    Pour cela et en dehors de toute contre-indication médicale, il est important de :

    • pratiquer régulièrement une activité physique de différents types et dans toutes les situations du quotidien : se déplacer, prendre les escaliers, bricoler... L’exercice physique ne se limite pas au sport (vélo, natation, aquagym, badminton...). Ainsi, il peut prendre des formes multiples, incluant la marche, les activités professionnelles, domestiques (ménage, bricolage, jardinage...) et certains loisirs. L’activité physique doit être régulière pour avoir un effet positif sur la santé. C’est pourquoi il est recommandé de faire de l’exercice au moins cinq jours sur sept, et tous les jours dans l’idéal.
    • diminuer ses comportements sédentaires, car c'est la concomitance de l'augmentation de l'activité physique et de la réduction des temps de sédentarité qui produit les effets les plus bénéfiques sur la santé.

    Insuffisance rénale chronique : dites stop au tabac

    Vous fumez ? Sachez que le tabac est un facteur de risque cardiovasculaire supplémentaire. La suppression du tabac ralentit l'évolution de l'insuffisance rénale. Demandez conseil à votre médecin traitant qui peut vous aider à arrêter de fumer.

    Maladie rénale chronique, activités professionnelles et aides au quotidien

    Parlez à votre médecin traitant de votre profession et des conditions dans lesquelles vous travaillez (transport, activité manuelle, utilisation de produits potentiellement toxiques pour les reins...) Il peut vous orienter vers votre médecin du travail pour évaluer votre aptitude au poste de travail que vous occupez et proposer des mesures adaptées, si nécessaire (aménagement du poste, réduction du temps de travail...)

    Pour obtenir de l’aide dans votre vie quotidienne, renseignez-vous auprès :

    Rapprochez-vous des associations de patients pour obtenir des informations et un soutien.

    • Institut national de la santé et de la recherche médicale. Insuffisance rénale. Site internet : Inserm. Paris ; 2017 [consulté le 20 février 2019]
    • Haute Autorité de santé (HAS). Guide du parcours de soins. Maladie rénale chronique de l’adulte. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 20 février 2019]
    • National Health service (NHS). Chronic kidney disease. Site internet : NHS. Londres ; 2016 [consulté le 20 février 2019]
    • Haute autorité de santé (HAS). Dialyse péritonéale et hémodialyse : informations comparatives. Site internet : HAS. Saint- Denis La Plaine (France) ; 2017 [consulté le 21 février 2019]
    • Haute autorité de santé (HAS). Prise en charge des patients hémodialysés chroniques. Site internet : HAS. Saint- Denis La Plaine (France) ; 2017 [consulté le 21 février 2019]
    • Haute autorité de santé (HAS). Maladie rénale chronique : préparation à la suppléance. Site internet : HAS. Saint- Denis La Plaine (France) ; 2017 [consulté le 21 février 2019]
    • Haute autorité de santé (HAS). Suite de la transplantation rénale : actes et prestations. Site internet : HAS. Saint- Denis La Plaine (France) ; 2018 [consulté le 21 février 2019]
    • Collège universitaire des enseignants de néphrologie. Insuffisance rénale chronique et maladies rénales chroniques. Néphrologie. 8e édition 2018 - Chap15