Le traitement de la maladie rénale chronique

24 avril 2017
Le traitement de la maladie rénale chronique est adapté à chaque cas. Il repose toujours sur le traitement des maladies en cause dans l'insuffisance rénale, les mesures destinées à protéger les reins et le traitement des complications.

La prise en charge de la maladie rénale chronique

La prise en charge de la maladie rénale chronique est assurée par le médecin traitant, en coordination avec une équipe spécialisée : , endocrinologue, cardiologue…

Les objectifs du traitement de la maladie rénale chronique sont de :

  • prendre en charge la maladie à l'origine de l'insuffisance rénale ;
  • ralentir l'évolution de la maladie vers l'insuffisance rénale terminale en protégeant les reins ;
  • prévenir et prendre en charge le risque cardio-vasculaire, traiter les maladies cardio-vasculaires éventuellement associées ;
  • prévenir et réduire les symptômes et les complications de la maladie rénale chronique pour maintenir la meilleure qualité de vie possible ;
  • suppléer la fonction rénale (dialyse et greffe de reins) si le stade d'insuffisance rénale terminale est atteint.

Le traitement des affections en cause

Il s'agit de :

Les mesures destinées à protéger les reins

Elles visent à :

  • contrôler les chiffres de pression artérielle pour qu'ils restent en dessous de 130/80 mmHg et limiter la protéinurie en dessous de 500 mg /24h grâce à une classe précise de médicaments anti-hypertenseurs, en respectant scrupuleusement les règles de prescription ;
  • supprimer les médicaments toxiques pour les reins (les anti-inflammatoires non stéroïdiens en particulier) et adapter les doses de médicaments prescrits à la capacité de fonctionnement des reins ;
  • limiter les apports en sel et assurer des apports en eau adaptés pour éviter une déshydratation ;
  • contrôler les apports en protéines ;
  • lutter contre le risque cardiovasculaire : arrêt du tabac, traiter une hypercholestérolémie...

Le traitement des complications de la maladie rénale chronique

Il a pour objectif de :

  • corriger les complications cardiovasculaires : hypertension artérielle, insuffisance cardiaque, artérite des membres inférieurs ;
  • réduire l'anémie en prenant du fer oralement ou des agents stimulant l'érythropoïèse. Il faut éviter les transfusions ;
  • corriger les anomalies des substances chimiques du sang :
    • contre l'acidose : prendre du bicarbonate ou de l'eau minérale riche en bicarbonates,
    • contre l'excès de potassium : limiter les apports (chocolat, bananes, pommes de terre, sels de régime…) puis prescription de médicaments,
    • contre l’excès de phosphates : limiter les apports de protéines (ex viande ou équivalent une seule fois par jour) puis prescription de médicaments ;
  • corriger les carences nutritionnelles et en vitamine D, calcium (particulièrement chez l'enfant) ;
  • lutter contre les risques d'infections : les personnes qui ont une insuffisance rénale modérée doivent se faire vacciner contre l'hépatite B, la grippe et le pneumocoque.

Suppléer la fonction des reins au stade d'insuffisance rénale terminale

Lorsqu'une maladie rénale chronique arrive au stade d’insuffisance rénale terminale, le dysfonctionnement des reins doit être pallié par la dialyse ou la greffe de rein (transplantation rénale).

Le choix du traitement est décidé par l'équipe médicale, avec le patient et sa famille.

Il existe deux techniques de dialyse : la dialyse péritonéale et l'hémodialyse.

La dialyse péritonéale

Cette technique utilise les capacités de filtration du (membrane qui enveloppe les différents organes de la cavité abdominale et le tube digestif). Trois à quatre fois par jour, un liquide de dialyse (dialysat) est introduit dans l' avant d'être évacué, via un petit tuyau (un cathéter mis en place avant le début de la dialyse péritonéale et laissé en place d’une séance à l’autre). L'objectif de ces échanges est de filtrer les déchets et d'éliminer le surplus d'eau. Cette dialyse peut aussi être faite automatiquement par une machine, toutes les nuits.

La dialyse péritonéale se déroule à domicile.

L’hémodialyse

Le sang est filtré à travers un dialyseur ou rein artificiel, puis restitué. Les séances durent en moyenne quatre heures et se renouvellent, en général, trois fois par semaine. La durée et la fréquence des séances sont adaptées à chaque patient.

Comme les séances de dialyse sont fréquentes il est nécessaire d'avoir un accès vasculaire permanent, permettant de brancher le patient au rein artificiel. Une fistule artério-veineuse c'est-à-dire une mise en communication d'une artère avec une veine est créée plusieurs mois avant le début du traitement. Elle est située le plus souvent au niveau de l'avant-bras.

L'hémodialyse peut se pratiquer :

  • dans un centre d'hémodialyse ou une unité de dialyse médicalisée (UDM) lorsque la présence d'un médecin est nécessaire ;
  • dans une unité d'auto-dialyse où la personne est autonome et peut, dans certains cas, bénéficier d'une aide infirmière ;
  • à domicile, en présence d'une tierce personne formée aux manipulations.

Les deux techniques de dialyse

Schéma : dialyse péritonéale et hémodialyse

 

La greffe rénale est le meilleur traitement de l’insuffisance rénale terminale. Elle consiste à remplacer le rein malade par un rein prélevé sur un donneur et permet le plus souvent de restituer toutes les fonctions rénales.

Dès lors qu’une greffe est envisagée, le patient est inscrit sur une liste d’attente et un bilan pré-transplantation est effectué. La greffe peut avoir lieu avant même que le patient n'ait été dialysé ou lorsqu'il est en dialyse depuis un certain temps.

La greffe permet de retrouver un quotidien quasi normal. Cependant, un traitement doit être pris sans interruption, pour éviter le rejet du rein transplanté. Un suivi médical régulier est également indispensable.

Concernant le donneur, il est possible de vivre de façon tout à fait normale avec un seul rein. Ainsi, une personne vivante en bonne santé peut se porter volontaire pour donner un rein à un proche, dans les conditions définies par la loi française. C’est le don de rein de son vivant.

Le développement des greffes à partir de donneur vivant est un des objectifs du plan greffe 2012-2016.

© Pulsations Multimedia « Allô Docteurs »

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Sources
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale. Insuffisance rénale. Site internet : INSERM. Paris ; 2012 [consulté le 5 avril 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide du parcours de soins. Maladie rénale chronique de l’adulte. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 5 avril 2016]
  • National health service (NHS). Chronic kidney disease. Site internet : NHS choices. Londres ; 2015 [consulté le 5 avril 2016]
  • Agence de la biomédecine. La greffe rénale à partir d’un donneur vivant. Site internet : Agence de la biomédecine. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 14 avril 2016]
  • Articles L 1231-1 et 1231-3 du code de la santé publique relatifs aux prélèvements d’organes sur personnes vivantes
  • Haute autorité de santé (HAS).Transplantation rénale. Accès à la liste d’attente nationale 2015. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 14 avril 2016]
  • Haute autorité de santé (HAS). Indications et non-indications de la dialyse péritonéale chronique chez l’adulte. Site internet : HAS. Saint- Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 14 avril 2016]