Symptômes, diagnostic et évolution de la maladie rénale chronique

31 mars 2017
La maladie rénale chronique passe souvent inaperçue à ses débuts. Elle est découverte à l’occasion d’un bilan réalisé pour une autre pathologie ou lors de la surveillance d'une personne présentant des facteurs de risque. Lorsqu'ils apparaissent, les symptômes sont peu caractéristiques.

Maladie rénale chronique : découverte fortuite et symptômes

L'insuffisance rénale est une maladie longtemps silencieuse. Il n'est donc pas rare qu'une maladie rénale soit découverte par hasard, lors d’un bilan sanguin réalisé pour une autre raison.

En revanche, si la personne présente un ou plusieurs facteurs de risque, la maladie rénale chronique peut être détectée précocement lors d’une surveillance régulière. Ainsi la prise en charge précoce de l'insuffisance rénale permet d'en retarder l'évolution. Ce dépistage consiste en une prise de sang et une analyse d'urine.

En l’absence de diagnostic précoce, des symptômes peu spécifiques apparaissent :

Attention : le fait d'uriner normalement ne donne pas d'indication sur le fonctionnement des reins. Même à un stade évolué de l'insuffisance rénale (avant la dialyse), il est possible de continuer à uriner normalement, de jour comme de nuit.

Mes deux reins sont-ils malades ?

Dans la majorité des cas, les maladies qui détériorent le rein atteignent toujours les deux reins. Si un seul rein est malade ou n'assure plus sa fonction, il n'y a habituellement pas de signes cliniques ou biologiques évoquant une insuffisance rénale. En effet, l'autre rein compense le dysfonctionnement. Il est donc possible de vivre avec un seul rein (c'est le cas des personnes qui ont eu une greffe de rein, par exemple).

Le diagnostic de la maladie rénale chronique

Après son examen, le médecin traitant prescrit une analyse de sang et des urines. Le diagnostic précis est fait à partir du dosage de la dans le sang, complété par les résultats de l'analyse des urines.

Le dysfonctionnement du rein est évalué en mesurant la quantité de plasma sanguin filtré par minute par les reins. Cette analyse est appelée le débit de filtration glomérulaire (DFG).

En pratique courante, le débit de filtration glomérulaire est estimé à l’aide d’une équation (appelée CKD-EPI) à partir du taux de dans le sang (créatininémie) dosé par méthode enzymatique. Il y a insuffisance rénale si le débit de filtration glomérulaire est inférieur à 60ml/min/1.73m².

Parallèlement, on recherche dans les urines, la présence de marqueurs d’atteinte rénale comme l’albumine (protéinurie), des globules blancs (leucocytes), des globules rouges (hématies) ; leur présence peut être révélée par des bandelettes ou mesurée, plus précisément, dans les urines au laboratoire.

Ces premiers éléments permettent d’estimer s’il s’agit d’une insuffisance rénale avancée nécessitant un recours rapide au médecin spécialiste des reins : le .

En dehors de cette situation, le diagnostic est confirmé, en répétant les tests dans les 3 mois qui suivent, de préférence dans le même laboratoire et complété par une échographie rénale.

Une fois le diagnostic posé, un bilan complet permet de rechercher la cause de la maladie rénale chronique et son retentissement rénal (une biopsie rénale est souvent utile) ainsi que ses éventuelles répercussions sur l’organisme.

Les stades de l’insuffisance rénale

Les cinq stades de l'insuffisance rénale, classés de 1 à 5, correspondent à une aggravation croissante :

  1. Fonction rénale normale : débit de filtration glomérulaire supérieur ou égal à 90 ml/min/1,73 m2.
  2. Insuffisance rénale légère : débit de filtration glomérulaire de 60 à 89 ml/min/1,73 m2.
  3. Insuffisance rénale modérée : débit de filtration glomérulaire de 30 à 59 ml/min/1,73 m2.
  4. Insuffisance rénale sévère : débit de filtration glomérulaire de 15 à 29 ml/min/1,73 m2.
  5. Insuffisance rénale terminale (dialyse ou transplantation) : débit de filtration glomérulaire inférieur à 15 ml/min/1,73 m2.

L'évolution et les complications de la maladie rénale chronique

La progression de l'insuffisance rénale chronique peut être ralentie en traitant, si cela est possible, la cause de la maladie (diabète, hypertension artérielle...) et en adoptant des mesures destinées à protéger les reins (mesures diététiques, arrêt du tabac, contrôle de la protéinurie...)

Lorsqu'elle s'aggrave, l'insuffisance rénale entraîne des complications :

  • accumulation des déchets et des liquides dans l'organisme, responsables des œdèmes ;
  • augmentation de la tension artérielle en raison de l'accumulation de sel dans l'organisme et de l'augmentation de la sécrétion d'hormones hypertensives par le rein. Cette augmentation de la tension artérielle accélère elle-même les lésions rénales et a un retentissement sur le cœur (malade coronarienne, insuffisance cardiaque) et les vaisseaux (artérite des membres inférieurs...) ;
  • retard de croissance chez l'enfant et ostéoporose chez l'adulte dus à des troubles du calcium et du phosphore ;
  • anémie ;
  • infections bactériennes ou virales plus fréquentes ;
  • carences nutritionnelles ;
  • troubles des règles et de la fonction sexuelle.

Une maladie rénale chronique grave peut être reconnue au titre d'une affection de longue durée (ALD). Les examens et les soins en rapport avec cette pathologie sont alors pris en charge à 100 % (dans la limite des tarifs de l’Assurance Maladie).

Sources
  • Agence de biomédecine, Société de néphrologie. La maladie rénale chronique. Site internet : Agence de Biomédecine. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2010 [consulté le 5 avril 2016]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale. Insuffisance rénale. Site internet : INSERM. Paris ; 2012 [consulté le 5 avril 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide du parcours de soins. Maladie rénale chronique de l’adulte. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 5 avril 2016]
  • National health service (NHS). Chronic kidney disease. Site internet : NHS choices. Londres ; 2015 [consulté le 5 avril 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Diagnostic de l'insuffisance rénale chronique. Estimer le débit de filtration glomérulaire par l'équation CKD-EPI. Doser la créatininémie par méthode enzymatique. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 5 avril 2016]