Les traitements contre les symptômes de la maladie de Parkinson

03 août 2017
Les traitements disponibles retardent l’évolution de la maladie de Parkinson, soulagent les symptômes, mais ne permettent pas la guérison. Les médicaments utilisés visent à remplacer la dopamine manquante dans certains neurones du cerveau.

Objectifs du traitement de la maladie de Parkinson

Le traitement de la maladie de Parkinson vise à :

  • compenser le manque en dopamine du cerveau par la prise de médicaments ou, dans un premier temps, limiter la destruction de la dopamine encore naturellement produite par les neurones ;
  • limiter l’inconfort et la gêne liés aux difficultés du patient à effectuer des mouvements, par des mesures hygiéno-diététiques et de la kinésithérapie.

Le médecin traitant et le neurologue proposent les traitements. Ils tiennent compte de l’âge de la personne au moment de mettre en route le traitement et lors de son entrée dans la maladie, ainsi que du degré de gêne dans les gestes courants.

Des médicaments pour remplacer la déficience en dopamine

Deux principales classes de médicaments sont utilisées dans la maladie de Parkinson. D'autres médicaments peuvent être utilisés.

Il est impossible de donner directement de la dopamine, car elle serait détruite par l’organisme avant d’atteindre le cerveau. C'est pourquoi, le médecin prescrit de la L-dopa, précurseur de la dopamine qui franchit la barrière des méninges et se transforme en dopamine une fois dans le cerveau.

Cependant, les effets de la L-dopa varient après plusieurs années. Le traitement ne régule plus aussi efficacement les symptômes (effets "On-Off" et dyskinésies). Pour éviter ces fluctuations, le médecin peut fractionner les doses sur toute la journée, en prescrivant trois ou quatre prises par jour au lieu d’une. Parfois, il peut aussi prescrire d’autres formes du médicament (soluble ou à libération prolongée).

Ces molécules se fixent sur les récepteurs cérébraux de la dopamine pour y produire les mêmes effets.

Ces médicaments sont de deux types :

  • médicaments non dérivés de l’ergot de seigle : ropinirole, piribédil, pramipexole, rotigotine (dispositif transdermique),
  • médicaments dérivés de l’ergot de seigle : bromocriptine, lisuride.

Les inhibiteurs de la monoamine oxydase de type B ou IMAO-B (rasagiline, sélégiline) ont une action dopaminergique modérée en inhibant les qui dégradent la dopamine du cerveau.

Les inhibiteurs de la catéchol-O-méthyl transférase (entacapone, tolcapone) potentialisent les effets de la L Dopa.

Ces traitements peuvent être responsables d’effets secondaires :

  • des troubles digestifs (nausées et vomissements diarrhée) surtout en début de traitement. Ils justifient la prise de médicaments à doses progressives, par paliers ;
  • une transpiration excessive ;
  • une ;
  • un changement de comportement (troubles du sommeil, état d’agitation, délires, hallucinations, addiction aux jeux d’argent, achats compulsifs, exacerbation sexuelle). Si vous ou votre entourage constatez ce type d’effets secondaires, il est important de consulter rapidement votre médecin traitant pour ajuster le traitement ;
  • une réaction de type (pulmonaire, rétropéritonéale, péricardique) liée auxagonistes dopaminergiques à noyau ergoté (bromocriptine, lisuride)...

Les traitements d'accompagnement de la maladie de Parkinson

D’autres mesures permettent également d’améliorer la prise en charge de la maladie et la qualité de vie :

  • La kinésithérapie est essentielle pour entretenir les muscles et les articulations. Elle facilite ainsi le maintien de la marche, de l’équilibre et la prévention des chutes.
  • La rééducation orthophonique permet de prévenir ou corriger les troubles de la déglutition, les difficultés à parler, la diminution de l'expression faciale et la gêne à l'écriture.
  • L’ergothérapie facilite les activités de la vie quotidienne et domestique. Elle intervient notamment dans les aménagements utiles au logement. Elle a pour but de préserver l’autonomie de la personne atteinte par la maladie de Parkinson.

La stimulation cérébrale profonde

La chirurgie peut s’avérer utile dans les cas les plus graves, lorsque la qualité de vie est altérée du fait du mauvais contrôle moteur par les médicaments. La neurochirurgie stéréotaxique consiste à stimuler des régions du cerveau impliquées dans le mouvement. Elle nécessite l’implantation d’électrodes dans une zone du cerveau profond. Ces électrodes sont reliées à un boitier de stimulation implanté sous la peau dans la région de la poitrine ou de l' .

© Pulsations Multimedia « Allô Docteurs »

Sources
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), Maladie de Parkinson. Site internet : INSERM. Paris ; 2015 [consulté le 28 juillet 2017]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide parcours de soins. Maladie de Parkinson. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2016 [consulté le 28 juillet 2017]
  • Collège des enseignants en neurologie (CEN). Maladie de Parkinson. Site internet : CEN. Paris [consulté le 28 juillet 2017]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations. Maladie de Parkinson. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2016 [consulté le 31 juillet 2017]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Maladie de Parkinson et syndromes apparentés : techniques et modalités de la prise en charge non médicamenteuse des troubles moteurs. Fiche Mémo. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2016 [consulté le 3 août 2017]