Les symptômes, le diagnostic et l'évolution de la maladie de Parkinson

28 janvier 2020
Les principaux symptômes de la maladie de Parkinson sont les tremblements, la lenteur des mouvements et la raideur musculaire. D'autres troubles comme un état dépressif, une fatigue, des troubles digestifs... peuvent être associés.

Les symptômes et le diagnostic de la maladie de Parkinson

La maladie de Parkinson est une maladie chronique, d’évolution lente et progressive, dont le début est insidieux et l'évolution intermittente. Les symptômes ne touchent d'abord qu’un côté (droit ou gauche). Ce n'est que dans un deuxième temps qu'ils deviennent bilatéraux, mais ils restent toujours asymétriques (plus prononcés d'un côté que de l'autre).

La maladie se caractérise par l’association des trois symptômes du syndrome parkinsonnien : tremblement, akinésie (lenteur des mouvements) et rigidité. Mais ces trois symptômes ne sont pas forcément tous présents en même temps. Chacun peut être d’intensité variable, l’un ou l’autre pouvant prédominer et d'autres symptômes sont souvent associés.

Les symptômes de la maladie de Parkinson

Le tremblement de repos

Il apparaît lorsque la personne a les muscles complètement relâchés, et il disparaît lors du mouvement. Il est lent et affecte surtout les bras ou les mains réalisant des mouvements de la main comparables à l’émiettement du pain ou au comptage de la monnaie. Il peut également affecté les lèvres et le menton.

Ce tremblement peut rester longtemps intermittent (il apparait ou disparait selon les moments).

Il n’est pas systématique : 30 % des personnes ne présentent pas ce symptôme.

Tremblement n’est pas synonyme de maladie de Parkinson

Il existe d’autres types de tremblements. Le plus fréquent est le tremblement d’attitude :

  • il survient lors du maintien d’un geste ;
  • il est localisé aux mains et à la tête ;
  • il peut être sans cause, à caractère familial (appelé alors tremblement essentiel) ou lié à la prise de médicaments ;
  • il apparaît en cas de fatigue, d’émotion ou de prise d’excitants (caféine).

L'akinésie ou lenteur dans les mouvements

Il s’agit d’une lenteur dans l’initialisation et la coordination des mouvements. Elle interfère avec toutes les activités de la vie courante :

  • la marche est ralentie, elle s’effectue à petits pas, les bras ne se balancent plus naturellement ;
  • la personne éprouve des difficultés à se lever d’une chaise ou à se retourner dans son lit ;
  • les paupières clignent moins souvent. Le visage est figé, pauvre en mimiques. La voix est monocorde et affaiblie ;
  • la personne a des difficultés dans les mouvements fins comme le boutonnage des vêtements, l’ouverture d’un bocal. L’écriture est plus lente, les caractères sont plus serrés et petits.

La rigidité des mouvements ou hypertonie

Il s’agit d’une tension excessive des muscles. Elle provoque une sensation de raideur qui peut être douloureuse. Elle peut toucher tous les muscles du corps. Cependant, elle prédomine le long de la colonne vertébrale, ce qui génère une posture penchée vers l’avant.

Les autres symptômes de la maladie de Parkinson

En dehors de ces trois principaux signes, la maladie de Parkinson peut aussi s’accompagner :

  • d’une baisse des capacités de mémoire,
  • de troubles de l’attention,
  • d’un ralentissement de la pensée,
  • des troubles du sommeil (nombreux rêves agités),
  • d'une perte de motivation voire d'un véritable état dépressif, qui survient chez la moitié des patients.

Enfin, d’autres symptômes apparaissent au cours de l'évolution de la maladie et sont également associés de façon irrégulière :

  • une fatigue marquée avec somnolence,
  • une diminution de l'odorat,
  • une constipation,
  • un amaigrissement,
  • des troubles de la déglutition.

Le diagnostic de la maladie de Parkinson

Le diagnostic repose uniquement sur les symptômes et l’examen clinique. Un avis spécialisé auprès d'un neurologue avant la mise en route du traitement est souhaitable.

Dans certains cas, des examens complémentaires, tels que les examens biologiques sanguins ou des examens d’imagerie cérébrale (scanner cérébral ou IRM), peuvent être effectués pour éliminer d’autres causes :

  • de tremblement,
  • de syndrome parkinsonien : prise de médicaments (neuroleptiques, anti-émétiques...), intoxication par des métaux (manganèse...), autres maladies neurologiques.

Le diagnostic de maladie de Parkinson n'est confirmé qu'après plusieurs mois d'évolution lorsqu'une amélioration est observée grâce au traitement.

Maladie de Parkinson et affection de longue durée (ALD)

Lorsque le diagnostic de la maladie est posé, le médecin traitant fait une demande de prise en charge au titre d'une ALD. Les examens et les soins en rapport avec l’affection sont pris en charge à 100 % sur la base des tarifs de l’Assurance Maladie.

L'évolution de la maladie de Parkinson

Une fois le diagnostic de maladie de Parkinson posé, un traitement est mis en place. Celui-ci est remarquablement efficace au début : l’amélioration fonctionnelle se poursuit souvent pendant plusieurs années. Cette période est qualifiée de "lune de miel". Elle varie suivant les patients : de 5 à 7 ans en moyenne, elle peut atteindre une dizaine d’années.

Au terme de cette période, des problèmes de contrôle des muscles (appelés complications motrices) apparaissent progressivement. Les tremblements, la lenteur des mouvements (ou akinésie) et la rigidité (ou hypertonie) s’aggravent. Des dyskinésies (mouvements involontaires agités et rapides) surviennent.

La gêne varie au cours de la journée, de façon imprévisible. Les mêmes mouvements sont réalisés avec une grande difficulté à certains moments, et s’avèrent très faciles à d’autres : c’est l’effet dit "On-Off".

  • Durant les phases "Off", la personne présente des signes d’akinésie (blocage important, instabilité posturale, difficultés sévères à la marche, risque élevé de chutes).
  • Durant les phases "On" : la personne est mobile et alerte. Cependant, elle présente des mouvements anormaux (appelés dyskinésies).

Cet effet "On-Off" nécessite un ajustement du traitement par le médecin.

D’autres complications sont possibles, comme :

  • une déformation lente de la posture,
  • des troubles de l'équilibre avec chutes,
  • une confusion mentale et des hallucinations, le plus souvent visuelles,
  • des troubles psychotiques ou compulsifs dus au traitement dopaminergique, une dépression,
  • des insomnies,
  • des troubles digestifs (nausées, constipation...),
  • une ,
  • des troubles sexuels,
  • une hypersudation,
  • des douleurs musculaires et neurologiques.

  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Maladie de Parkinson. Site internet : Inserm. Paris ; 2015 [consulté le 13 janvier 2020]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide parcours de soins. Maladie de Parkinson. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2016 [consulté le 13 janvier 2020]
  • Collège des enseignants en neurologie (CEN). Maladie de Parkinson. Site internet : CEN. Paris [consulté le 13 janvier 2020]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations. Maladie de Parkinson. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2017 [consulté le 13 janvier 2020]