Le traitement de la maladie de Crohn

01 août 2018
Le traitement de la maladie de Crohn soigne les poussées, prévient les rechutes et contribue au confort du patient. L’équipe médicale prescrit notamment des médicaments à action anti-inflammatoire. Un traitement chirurgical est parfois indiqué.

Les objectifs du traitement

Même s’il n’existe pas encore de traitement pour guérir la maladie de Crohn, les traitements actuels permettent le plus souvent d’éliminer les symptômes sur de longues périodes.

Comme le diagnostic, la prise en charge est coordonnée par le médecin traitant et un gastroentérologue. Elle est assurée par une , dont la composition varie selon chaque cas (radiologue, ophtalmologiste, rhumatologue, diététicien, infirmier, médecin du travail ou scolaire, assistante sociale, psychiatre ou psychologue, etc.)

Le gastroentérologue définit un traitement adapté à chaque situation, avec plusieurs objectifs :

  • soigner les poussées de la maladie de Crohn et obtenir la cicatrisation de la digestive à l' ;
  • prévenir les rechutes ;
  • éviter la chirurgie ;
  • maintenir un bon état nutritionnel (notamment si c’est un enfant qui est atteint, pour permettre une croissance satisfaisante), souvent perturbé par la maladie de Crohn ;
  • assurer un soutien psychologique et améliorer la qualité de vie ;
  • mieux informer le patient et ses proches.

Les médicaments indiqués en cas de maladie de Crohn

En fonction de chaque cas, plusieurs types de médicaments peuvent être prescrits dans la maladie de Crohn :

  • Les 5-ASA (dérivés de l’acide aminosalicylique : mésalazine, sulfasalazine)
    Ces médicaments, donnés par voie orale, ont une action anti-inflammatoire sur les muqueuses intestinales. Ce traitement est d'efficacité modeste dans la maladie de Crohn active. Il est utilisé en prévention de récidives après chirurgie intestinale.
  • Les corticoïdes
    Ils ont une action anti-inflammatoire puissante et sont utilisés lors des poussées de la maladie de Crohn en cures courtes (au maximum 3 mois en incluant la phase de décroissance des doses). Ils peuvent être administrés par voie orale, rectale ou injectable. Il est important de suivre rigoureusement la prescription et les conseils du médecin (recommandations diététiques, supplémentation en vitamine D et en calcium, décroissance progressive des doses de corticoïdes avant l'arrêt).
  • L'azathioprine
    Ce médicament est donné aux patients dont la maladie de Crohn est dépendante aux corticoïdes (les symptômes réapparaissent dès que les doses de corticoïdes sont baissées) ou qui rechutent rapidement après l'arrêt du traitement . Il est utilisé comme un pour obtenir une rémission prolongée sans corticoïdes de la maladie de Crohn.
  • Les immunomodulateurs : les anti-TNF
    Ces médicaments influent sur le déroulement des réactions immunitaires de l’organisme et réduisent l’inflammation à long terme.
    Les anti-TNF peuvent être prescrits en deuxième intention dans la maladie de Crohn chez les personnes pour lesquelles le traitement standard n'est pas efficace (corticorésistance).
    Peuvent être utilisés : l'infliximab en traitement intraveineux aux semaines 0, 2 ,6 puis toutes les 8 semaines ou l'adalimumab en injection sous-cutanée toutes les 2 semaines.
    Les anti-TNF sont prescrits seuls ou en association à l'azathioprine dans la maladie de Crohn.

Avant la mise en route du traitement, un bilan est effectué afin de s'assurer que la personne ne présente pas de foyer infectieux (tuberculose, abcès...). Le traitement par anti-TNF et/ou par azathioprine nécessite un suivi par le médecin traitant et le gastroentérologue (prises de sang et examen clinique).
Chez les personnes atteintes de la maladie de Crohn pour lesquelles les traitements précédents ne sont pas efficaces ou contre-indiqués, un de nouvelle génération et spécifique de l’intestin, le vedolizumab, peut être utilisé en milieu hospitalier. En cas d'échec ou de contre-indication à ce médicament, l'ustekinumab peut être utilisé.

  • Les autres traitements de la maladie de Crohn
    En cas de complications infectieuses, les antibiotiques sont indispensables et doivent être pris en respectant strictement les conseils du médecin.
    En cas d'anémie par carence en fer, un traitement par fer est nécessaire. Il est pris par voie orale ou en perfusion.
  • Les vaccinations lorsqu'on a une maladie de Crohn
    Avant la mise en route d'un traitement , les vaccinations sont mises à jour, dans le respect des contre-indications. La vaccination antipneumococcique est effectuée. Chaque année, la vaccination antigrippale est nécessaire.
Atténuer les effets secondaires des médicaments de la maladie de Crohn

Vous constatez des effets indésirables secondaires à votre traitement ? Il est possible de les atténuer. Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

Le traitement chirurgical de la maladie de Crohn

L’intervention d’un chirurgien peut être indiquée en cas de complications de la maladie de Crohn : sténoses ou lésions profondes de la paroi intestinale ne répondant pas au traitement médicamenteux. Elle est le plus souvent effectuée par .

L’opération la plus fréquente est la résection intestinale qui consiste à enlever les parties du tube digestif atteintes de lésions inflammatoires ou sténosantes de la maladie de Crohn. Dans certains cas, si le chirurgien ne peut pas suturer bout à bout les parties saines de l’intestin, celui-ci est alors rattaché à une ouverture dans la paroi de l’abdomen. Par cette ouverture, le contenu de l’intestin est évacué dans une poche qu’il faut changer régulièrement. Cette ouverture, appelée stomie, est temporaire. Elle reste en place jusqu’à ce que la continuité du tube digestif soit rétablie, après cicatrisation des zones opérées.

L’ablation des segments d’intestin malades ne met pas à l’abri des récidives postopératoires sur l’intestin restant. Un traitement médicamenteux préventif de récidive, adapté à chaque cas, peut être donné. L'arrêt du tabac est impératif car le tabagisme est un facteur de risque de récidive.

En cas de complications aiguës, qui peuvent survenir au cours de l’évolution de la maladie de Crohn (perforation intestinale, intestinale serrée avec occlusion, hémorragie…), des gestes chirurgicaux d’urgence sont alors nécessaires.

Les traitements nutritionnels au cours de la maladie de Crohn

Lors des poussées inflammatoires dues à la maladie de Crohn, des repas sans fibres sont recommandés pour ne pas accentuer les symptômes. Le diététicien peut alors conseiller le patient dans le choix d’un régime alimentaire qui couvrira ses besoins.

Pour en savoir plus, consulter l’article "La vie quotidienne avec la maladie de Crohn"

Lorsque la maladie évolue vers une forme très inflammatoire causant une dénutrition (mauvaise couverture des besoins nutritionnels de l’organisme), deux types de traitements sont efficaces :

  • l’alimentation entérale (à l’aide d’une sonde à débit continu, positionnée dans le tube digestif) ;
  • l’alimentation parentérale (par un fin tuyau placé dans une veine).

Ces traitements sont décidés par l’équipe médicale au cas par cas. Ils peuvent être suivis à domicile.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Maladie de Crohn : guide médecin. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 5 février 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Maladie de Crohn : actes et prestations. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2016 [consulté le 5 février 2018]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale. Maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI). Site internet : INSERM. Paris ; 2016 [consulté le 5 février 2018]
  • Altwegg R, Peyrin-Biroulet L. Maladie de Crohn chez l'adulte. EMC - Gastro-entérologie 2016;11(3):1-18 [Article 9-057-G-10]