Le traitement de la maladie de Crohn

01 août 2017
Dispensé par une équipe médicale, le traitement de la maladie de Crohn calme les poussées, prévient les rechutes et participe au confort de vie du patient. Une alimentation adaptée permet de ne pas accentuer les symptômes et de traiter une éventuelle dénutrition.

La prise en charge

Il n’existe pas encore de traitement curatif contre la maladie de Crohn (MDC). Cependant, les soins dispensés permettent généralement de vivre sans symptômes pendant de longues périodes.

La prise en charge est organisée par le médecin traitant et le gastroentérologue qui ont établi le diagnostic. Elle est réalisée par une , de composition variable selon votre situation (radiologue, ophtalmologiste, rhumatologue, diététicien, infirmier, médecin du travail ou scolaire, assistante sociale, psychiatre ou psychologue, etc.)

Votre gastroentérologue met au point un traitement adapté à votre cas, poursuivant plusieurs objectifs :

  • traiter les poussées et les éventuelles complications pouvant survenir ;
  • éviter les rechutes ;
  • garder un état nutritionnel correct (en particulier si c’est votre enfant qui est touché, pour qu’il conserve une croissance satisfaisante) ;
  • vous fournir un soutien psychologique et améliorer votre qualité de vie ;
  • mieux vous informer, vous et vos proches.

Les médicaments indiqués en cas de maladie de Crohn

En fonction de votre cas, plusieurs types de médicaments peuvent vous être prescrits :

  • Le 5-ASA (dérivé de l’acide aminosalicylique)
    Ces médicaments ont une action anti-inflammatoire sur les muqueuses intestinales. C’est généralement le premier traitement donné pour soigner les poussées typiques de la maladie de Crohn.
  • Les corticoïdes
    Ils ont une action anti-inflammatoire puissante et sont utilisés lors des poussées. Ils peuvent être administrés par voie orale, rectale ou injectable. Il est important de suivre rigoureusement la prescription et les conseils du médecin (arrêt dégressif des prises après la poussée, recommandations diététiques).
  • Les immunomodulateurs
    Ces médicaments (azathioprine, anti-TNF) ont une influence sur les réactions immunitaires de l’organisme. Les anti-TNF sont des médicaments de deuxième intention, utilisés lorsque la réponse à un premier traitement n'est pas satisfaisante ou que des effets secondaires trop gênants sont apparus.
  • Les antibiotiques (quinolones, métronidazole)
    Ils sont indiqués dans certaines complications infectieuses et doivent être pris dans le strict respect des indications du médecin.
  • Le fer
    Des comprimés de fer compensent les carences liées à la MDC responsables d' anémie.
Atténuer les effets secondaires des médicaments

Vous constatez des effets indésirables secondaires à votre traitement ? Il est possible de les atténuer. Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

Le traitement chirurgical

L’intervention d’un chirurgien peut être indiquée si les médicaments se révèlent insuffisants pour contrôler la maladie.

L’opération la plus fréquente consiste à enlever les parties du tube digestif atteintes de lésions inflammatoires. Dans certains cas, si le chirurgien ne peut pas recoudre bout à bout les parties saines de l’intestin, celui-ci est alors rattaché à une ouverture dans la paroi de l’abdomen. Par cette ouverture, le contenu de l’intestin sera évacué dans une poche qu’il faudra changer régulièrement. Cette ouverture, appelée stomie, est temporaire. Elle reste en place jusqu’à ce que la continuité du tube digestif soit rétablie, après cicatrisation des zones opérées.

L’ablation des segments d’intestin malades ne met pas à l’abri des récidives sur l’intestin restant.

En cas de complications aiguës, qui peuvent survenir au cours de l’évolution de la maladie (perforation, , fistule, hémorragie…), des gestes chirurgicaux d’urgence sont alors nécessaires.

Les traitements nutritionnels

Lors des poussées inflammatoires dues à la maladie de Crohn, des repas sans fibres sont recommandés pour ne pas accentuer les symptômes. Le diététicien peut alors conseiller le patient dans le choix d’un régime alimentaire qui couvrira ses besoins.

Pour en savoir plus, consulter l’article "La vie quotidienne avec la maladie de Crohn"

Lorsque la maladie évolue vers une forme très inflammatoire causant une dénutrition (mauvaise couverture des besoins nutritionnels de l’organisme), deux types de traitements sont efficaces :

  • l’alimentation entérale (à l’aide d’une sonde à débit continu, positionnée dans le tube digestif) ;
  • l’alimentation parentérale (par un fin tuyau placé dans une veine).

Ces traitements sont décidés par l’équipe médicale au cas par cas. Ils peuvent être suivis à domicile.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Maladie de Crohn : guide médecin. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 30 octobre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Maladie de Crohn : actes et prestations. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 30 octobre 2016]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM). Maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI). Site internet : INSERM. Paris ; 2016 [consulté le 15 novembre 2016]