Maladie de Crohn : symptômes, diagnostic et évolution

24 avril 2017
La maladie de Crohn se révèle par des symptômes variés et surtout digestifs (diarrhée, douleurs abdominales). Pour établir le diagnostic, des analyses sanguines, une exploration de l’intestin par coloscopie et parfois des examens radiologiques sont nécessaires.

Des symptômes surtout digestifs

La maladie de Crohn (MDC) peut apparaître à travers plusieurs des symptômes :

  • douleurs anales et/ou écoulements de glaire ou de sang par l’anus ;
  • douleurs abdominales (spasmes) parfois fortes, similaires à celles causées par l’appendicite ;
  • nausées et vomissements ;
  • diarrhée parfois abondante et liquide, avec éventuellement une (écoulement de sang par l'anus) ;
  • signes plus généraux tels que fatigue, amaigrissement (chez l’enfant et l’adolescent, cassure de la courbe de poids et de taille), perte d’appétit, fièvre, pâleur et essoufflement (parfois liés à une anémie par carence en fer ou en vitamine B12).

D'autres symptômes peuvent aussi révéler la maladie :

  • des rhumatismes articulaires comme la spondylarthrite ankylosante (inflammation rhumatismale du rachis et des articulations du bassin) ;
  • des problèmes dermatologiques tels que les aphtes buccaux ou l’érythème noueux (boursoufflures de la taille d’une noix, dures, rouges et douloureuses, sur les jambes et les avant-bras) ;
  • une atteinte oculaire comme l’uvéite.

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Le diagnostic et le bilan initial de la maladie de Crohn

Le plus souvent, la maladie de Crohn est détectée lors d’une poussée. Le médecin traitant commence par examiner le patient et l’interroge sur ses symptômes. Pour confirmer le diagnostic, il effectue un bilan initial. Il s’entoure pour cela d’une (gastroentérologue, radiologue, rhumatologue, ophtalmologiste, chirurgien, pédiatre si le malade est un enfant, etc.)

Plusieurs examens complémentaires sont alors réalisés :

  • Le bilan biologique
    Il consiste à pratiquer des analyses du sang. Ces analyses sont aussi l’occasion d’évaluer les effets de la maladie sur les reins, le foie, l’équilibre nutritionnel, etc.
  • La coloscopie
    Effectué après une anesthésie le plus souvent générale, cet examen consiste à introduire, dans l’intestin, par l’anus, un tube souple équipé d’une caméra miniature, pour examiner le rectum, le côlon et la partie terminale de l’intestin grêle. Les médecins peuvent ainsi mesurer l’étendue des lésions intestinales et l’intensité de la poussée. Des biopsies sont aussi réalisées pour différencier la maladie de Crohn des autres maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI).
  • Une endocopie oeso-gastro-duodénale avec biopsies étagées est réalisée pour rechercher une localisation haute de la maladie.
  • La vidéocapsule
    Dans certains cas plus difficiles, et en particulier pour explorer l’intérieur de l’intestin grêle, un examen dit "par vidéocapsule ingérée " peut être nécessaire. Pour cela, le patient avale une capsule de la taille d’un comprimé, renfermant une petite caméra à usage unique. Celle-ci recueille et transmet des images à un système de traitement informatique. Cet enregistrement indolore est pratiqué sans anesthésie, en hospitalisation de jour.

Selon les cas, des examens radiologiques peuvent être utiles :

  • L’IRM des intestins permet d’évaluer l’étendue des lésions et la présence de fistules ou d’abcès.
  • Le scanner abdominal (examen d’imagerie médicale non douloureux utilisant les rayons X) aide à localiser les abcès ou une éventuelle liée à la MDC.
  • L’échographie abdominale (examen indolore réalisé avec un appareil qui émet des ) et les radiographies de l’intestin grêle mettent en évidence des fistules ou un rétrécissement du diamètre intérieur de l’intestin. Avant d’effectuer des radiographies, on fait parfois ingérer au patient un produit qui opacifie les organes, pour obtenir des images contrastées plus lisibles.

L’évolution de la maladie de Crohn

Bien pris en charge, un patient atteint de la maladie de Crohn (MDC) peut mener une vie quotidienne normale ou presque. Cependant, l’évolution de cette pathologie diffère d’une personne à l’autre. Ainsi, certains malades éprouvent des difficultés au quotidien durant les poussées.

Avec le temps, la maladie de Crohn peut aussi s’aggraver de diverses manières.

Des problèmes digestifs supplémentaires surviennent parfois :

  • intestinale (rétrécissement du diamètre intestinal) ;
  • fistules ;
  • fissures anales ;
  • dénutrition (mauvaise couverture des besoins nutritionnels de l’organisme) à cause d’une mauvaise absorption des aliments à travers la paroi intestinale ;
  • anémie.

D’autres affections sont aussi possibles :

  • pyodermite (ulcération douloureuse sur la jambe) ;
  • uvéite (œil rouge, douloureux et larmoyant, avec des troubles de la vue) ;
  • maladies associées telles que la polyarthrite ;
  • problèmes vasculaires comme la .

Par ailleurs, chez les enfants et les adolescents, on peut parfois observer un retard de croissance et/ou de puberté, ainsi que des difficultés scolaires. Chez l’adulte, la vie quotidienne peut aussi être affectée, avec notamment des répercussions psychologiques et un impact socioprofessionnel.

Enfin, à long terme, le risque de cancer du côlon ou de l’intestin augmente chez les malades atteints par la MDC (surtout s’ils présentent des lésions étendues). Des coloscopies sont réalisées régulièrement pour détecter au plus tôt une éventuelle tumeur.

Certaines complications aiguës de la maladie de Crohn demandent un traitement immédiat à l’hôpital (le plus souvent chirurgical) :

  • (arrêt de la progression des selles dans l’intestin), le plus souvent liée à une sténose ;
  • péritonite (infection du ) ;
  • hémorragies digestives ;
  • appendicite aiguë ;
  • abcès dans la zone de l’anus et du .
La reconnaissance de la maladie de Crohn en ALD

La maladie de Crohn peut être reconnue au titre d'une affection de longue durée (ALD). Les examens et les soins en rapport avec cette pathologie sont alors pris en charge à 100 % dans la limite des tarifs de l’Assurance Maladie.

Pour en savoir plus, parlez-en à votre médecin traitant.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Maladie de Crohn : guide médecin. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 18 mai 2015]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Maladie de Crohn : actes et prestations. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 18 mai 2015]
  • INSERM. Maladies inflammatoires chroniques (MICI). Site internet : INSERM. Paris ; 2011 [consulté le 18 mai 2015]