La prise en charge de la maladie d’Alzheimer

28 août 2018
La prise en charge de la maladie d’Alzheimer repose des traitements non médicamenteux destinés à préserver un certain niveau d'autonomie et de bien-être. Elle nécessite l’intervention d’une équipe multidisciplinaire ainsi que le soutien d’un aidant.

Maladie d'Alzheimer : un suivi multidisciplinaire

La prise en charge de la maladie d'Alzheimer est assurée par une équipe multidisciplinaire. Cette dernière compte le médecin traitant ainsi que plusieurs médecins spécialistes (neurologue, psychiatre, gériatre, radiologue…)

D'autres professionnels de santé peuvent également intervenir : orthophoniste, neuropsychologue, infirmier, kinésithérapeute, psychomotricien, ergothérapeute, aide-soignant…

La prise en charge est la plus précoce possible et son but est de maintenir le plus longtemps possible l'autonomie de la personne malade en préservant sa motricité, ses capacités auditives, visuelles et en l'encourageant à conserver une vie sociale. Les soins et l’accompagnement sont adaptés à la personne, à son entourage et à son mode de vie.

Lorsque la maladie d'Alzheimer s'aggrave et selon les possibilités de l'entourage familial, la prise en charge du patient devient plus complexe :

  • prise de dispositions par le malade pour anticiper les conséquences de l'aggravation de sa maladie (abandon de la conduite automobile, protection juridique...) ;
  • organisation du maintien à domicile et mise en place de différents moyens pour pallier les difficultés actuelles, retarder le passage en institution (service de soins infirmiers à domicile...) ;
  • placement en institution (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes....)

Le suivi médical concerne la personne malade mais aussi son entourage familial et plus particulièrement les personnes qui l'accompagnent et ont la fonction d'aidants.

Les traitements de la maladie d'Alzheimer

Le traitement de la maladie d'Alzheimer fait appel à des traitements non médicamenteux.

Maladie d'Alzheimer : maintenir l'autonomie et le bien-être

Le traitement comprend principalement des traitements de réadaptation et la mise en œuvre de techniques cognitives et comportementales qui permettent de préserver :

  • l'activité physique,
  • les capacités sensorielles (vue, audition, toucher) dont la diminution naturelle lors du vieillissement aggrave les troubles de mémoire et d'orientation,
  • la communication,
  • la vie sociale.

De nombreux intervenants sont sollicités : infirmier(-ère), kinésithérapeute, orthophoniste, ergothérapeute, psychomotricien(-ne), psychologue, assistant(-e) de gérontologie, auxiliaire de vie sociale, association sportive...

À un stade précoce, ce traitement permet de regagner en autonomie. À un stade plus avancé, il permet de maintenir des aptitudes physiques et psychiques et de prévenir ou de retarder les complications liées à la maladie. Ces traitements sont également utiles pour prévenir et contrôler les troubles du comportement fréquents dans la maladie d'Alzheimer tels que l'agitation, la déambulation ou au contraire la démotivation, la perte d'initiative et le repli sur soi.

La prise en charge non médicamenteuse est définie selon chaque cas et elle est réévaluée régulièrement de façon à l'adapter au mieux à la personne.

Les médicaments et la maladie d'Alzheimer

Il n'existe pas de traitement pouvant prévenir, guérir ou stopper l'évolution de la maladie d'Alzheimer, même si certains médicaments (donépézil, galantamine, rivastigmine et mémantine) semblent réduire les symptômes de la maladie (trous de mémoire, oublis de mots courants, difficultés à se souvenir du nom des personnes, etc.) Ces médicaments ont des effets indésirables importants : troubles digestifs, chutes et troubles neuropsychiatriques notamment.

Compte tenu de leur faible efficacité et de leur mauvaise tolérance, la Haute Autorité de santé estime que ces médicaments n’ont plus de place dans le traitement de la maladie d'Alzheimer et que les soins reposent avant tout sur une prise en charge non médicamenteuse pluridisciplinaire adaptée. Depuis le 1er août 2018, ces médicaments de la maladie d'Alzheimer jusqu’à présent utilisés ne sont plus remboursés par l’Assurance Maladie.

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Le rôle des aidants dans la prise en charge de la maladie d'Alzheimer

Les aidants sont des personnes proches qui accompagnent, aident et soutiennent une personne souffrant de la maladie d'Alzheimer.

Ils peuvent aider la personne malade à plusieurs niveaux :

  • le suivi du traitement ;
  • la pratique de soins, l'accompagnement à la vie sociale et au maintien de l'autonomie ;
  • les démarches administratives ;
  • le soutien psychologique ;
  • la communication ;
  • les activités domestiques, etc.

La maladie d'Alzheimer est une maladie très éprouvante pour les proches. Souvent, l'aidant néglige sa propre santé et s'épuise. Les aidants doivent être soutenus, accompagnés et aidés.

Le médecin traitant a un rôle majeur dans le conseil aux familles, dans la compréhension de la maladie et dans leur soutien. Il propose, lorsque cela est nécessaire, des temps de pause à l'entourage du malade.

Les plateformes d'accompagnement et de répit ont pour objectif de prévenir l'épuisement des aidants. Elles proposent :

  • une aide psychologique ou des activités de loisirs destinées aux aidants (activité physique, culturelle, séjours de vacances...),
  • des solutions de répit : accueil de jour ou de nuit de la personne malade, hébergement temporaire en établissement pour personnes âgées dépendantes ou en famille d'accueil, aides à domicile (garde de nuit, accompagnement de la personne malade dans ses déplacements...)

Consultez la rubrique concernant les aidants, de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie.

Vous avez un proche atteint de maladie d'Alzheimer et vous êtes son aidant

Vous aidez un proche malade. N'hésitez pas à consulter votre médecin traitant si vous éprouvez les symptômes suivants car vous avez probablement besoin d'aide :

  • vous êtes anormalement fatigué(e),
  • vous avez des insomnies,
  • vous êtes anxieux(se) ou stressé(e),
  • vous consommez plus de médicaments (en particulier des anxiolytiques),
  • votre consommation d'alcool augmente,
  • vous ne sortez plus de chez vous,
  • vous négligez votre santé...
Sources
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Guide parcours de soins des patients présentant un trouble neurocognitif associé à la maladie d’Alzheimer ou à une maladie apparentée. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2018 [consulté le 27 août 2018]
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Maladie d’Alzheimer et maladies apparentées : suivi médical des aidants naturels. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2010 [consulté le 27 août 2018]
  • Ministère des solidarités et de la santé. Maladie d'Alzheimer. Site internet : Ministère des solidarités et de la santé. Paris ; 2018 [consulté le 24 août 2018]
  • Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie. Accompagnement des proches aidants. Site internet : Cnsa. Paris ; 2018 [consulté le 24 août 2018]