La prise en charge de la maladie d’Alzheimer

24 avril 2017
La prise en charge de la maladie d’Alzheimer repose sur un suivi dont les modalités dépendent du stade d’évolution de la pathologie. Elle peut nécessiter un traitement médicamenteux, l’intervention d’une équipe multidisciplinaire ainsi que le soutien d’un aidant.

Un suivi multidisciplinaire

La prise en charge de la maladie d'Alzheimer est assurée par une équipe multidisciplinaire. Cette dernière compte le médecin traitant ainsi que plusieurs spécialistes (neurologue, psychiatre, gériatre, radiologue…)

D'autres professionnels de santé peuvent également intervenir : orthophoniste, neuropsychologue, infirmier, kinésithérapeute, psychomotricien, ergothérapeute, aide-soignant…

Selon le stade d'évolution de la maladie et les possibilités de l'entourage familial, la prise en charge du patient est différente :

  • prise de dispositions par le malade pour anticiper les conséquences de l'aggravation de sa maladie (abandon de la conduite automobile, protection juridique...) ;
  • organisation du maintien à domicile et mise en place de différents moyens pour pallier les difficultés actuelles, retarder le passage en institution (service de soins infirmiers à domicile...) ;
  • placement en institution (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes....)

Le suivi médical concerne la personne malade mais aussi son entourage familial et plus particulièrement les personnes qui l'accompagnent.

Certaines demandes particulières, comme une consultation avec un psychologue, peuvent être prises en charge dans le cadre de structures hospitalières ou de réseaux.

Les traitements de la maladie d'Alzheimer

Le traitement de la maladie d'Alzheimer comporte plusieurs volets.

Le traitement non médicamenteux comprend principalement : la kinésithérapie, l'orthophonie, l'ergothérapie ou la psychomotricité et la mise en œuvre de techniques cognitives et comportementales.

  • À un stade précoce, ce traitement permet de regagner en autonomie.
  • À un stade plus avancé, il permet de maintenir des aptitudes physiques et psychiques et de prévenir ou de retarder les complications liées à la maladie.

Ces traitements sont également utiles pour prévenir et contrôler les troubles du comportement fréquents dans la maladie d'Alzheimer tels que l'agitation, la déambulation ou au contraire la démotivation, la perte d'initiative et le repli sur soi.

Le traitement médicamenteux spécifique

Il n'existe pas de traitement pouvant guérir ou stopper l'évolution de la maladie d'Alzheimer. En revanche, certains médicaments peuvent ralentir sa progression.

Deux familles de médicaments, les inhibiteurs de la cholinestérase (Donepezil, Rivastigmine, Galantamine) et un antiglutamate (Memantine), sont utilisées contre la maladie d'Alzheimer.

Le médecin choisit le médicament adéquat selon le stade de la maladie et son évolution. La première prescription est faite par le spécialiste, puis le suivi et les prescriptions ultérieures sont assurés par le médecin traitant conjointement avec le spécialiste.

La prescription simultanée de deux médicaments contre la maladie d'Alzheimer n'a pas fait la preuve d'une plus grande efficacité par rapport à une prescription simple.

Le traitement est régulièrement réévalué pour savoir s'il doit être poursuivi.

Le traitement médicamenteux non spécifique

Le recours à des médicaments, notamment des (benzodiazépines, neuroleptiques...), peut être une aide pour répondre à des situations particulières psychologiques causées par la maladie. Ces traitements doivent être limités dans le temps en raison des effets secondaires (confusion, chute...) et être pris strictement selon les recommandations du médecin pour éviter tout risque d’interférence avec le traitement de la maladie.

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Le rôle des aidants dans la prise en charge de la maladie d'Alzheimer

Les aidants sont des personnes qui accompagnent, aident et soutiennent une personne souffrant de la maladie d'Alzheimer. Il s'agit souvent d'un proche.

Ils peuvent aider la personne malade à plusieurs niveaux :

  • le suivi du traitement ;
  • la pratique de soins, l'accompagnement à la vie sociale et au maintien de l'autonomie ;
  • les démarches administratives ;
  • le soutien psychologique ;
  • la communication ;
  • les activités domestiques, etc.

Parfois, l'aidant peut négliger sa propre santé et s'épuiser. C'est pourquoi une consultation annuelle lui est recommandée pour évaluer son état de santé physique et psychique.

Consultez la rubrique concernant les aidants, de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie.

Sources
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Maladie d’Alzheimer et maladies apparentées : diagnostic et prise en charge de l'apathie. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 18 mai 2016]
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Maladie d’Alzheimer et maladies apparentées : diagnostic et prise en charge des comportements perturbateurs. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2009 [consulté le 18 mai 2016]
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Maladie d’Alzheimer : suivi médical des aidants naturels. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2010 [consulté le 18 mai 2016]
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Maladie d’Alzheimer et maladies apparentées. Diagnostic et prise en charge. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2011 [consulté le 18 mai 2016]
  • Ministère des Affaires sociales et de la Santé. Maladie d'Alzheimer. Site internet : social-sante.gouv.fr Paris ; 2015 [consulté le 18 mai 2016]
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Actes d’ergothérapie et de psychomotricité susceptibles d’être réalisés pour la réadaptation à domicile des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2011 [consulté le 18 mai 2016]