Comprendre la maladie d’Alzheimer

14 novembre 2019
La maladie d'Alzheimer se traduit par des troubles de la mémoire, de l'exécution de gestes simples, de l'orientation dans le temps et l'espace ainsi que des fonctions cognitives. Elle est due à la dégénérescence des neurones du cerveau. Elle survient le plus souvent après 65 ans.

Qu’est-ce que la maladie d’Alzheimer ?

La maladie d'Alzheimer est une maladie neurodégénérative caractérisée par une atteinte progressive et irréversible du cerveau. Elle appartient au groupe des maladies appelées « démences ».

Une démence correspond à un trouble de la mémoire et des fonctions cognitives (difficultés dans la formulation des idées, dans la perception du monde extérieur, dans la maîtrise des gestes...) Le trouble, pour être considéré comme une démence, doit durer depuis au moins six mois et être suffisamment important pour retentir sur la vie quotidienne.

Au début, la maladie d'Alzheimer est très peu ou pas visible et ce n'est qu'après des mois, voire des années que surviennent les premiers troubles apparents, faisant évoquer le diagnostic. La maladie évolue pendant une dizaine d'années en moyenne mais cette durée est cependant variable d'une personne à l'autre.

La maladie d'Alzheimer entraîne des troubles variés chez les patients. Ces troubles peuvent, chez une même personne, se modifier avec le temps, mais l'évolution est irréversible. Globalement, les fonctions cérébrales déclinent peu à peu.

La maladie d'Alzheimer aboutit progressivement à une perte d'autonomie.

Des lésions cérébrales identifiées dans la maladie d'Alzheimer

La maladie d’Alzheimer se caractérise par l’apparition de deux types de lésions particulières :

  • les plaques amyloïdes,
  • et la dégénérescence neurofibrillaire.

Ces lésions sont associées, chacune, à un composé protéique spécifique :

  • La protéine bêta amyloïde, naturellement présente dans le cerveau, s’accumule à l’extérieur des neurones en formant des plaques appelées plaques amyloïdes ou plaques séniles, toxiques pour les neurones.
  • La protéine Tau, naturellement présente dans l’organisme, participe normalement à la constitution du squelette des cellules. Dans la maladie d’Alzheimer, cette protéine est modifiée et en désorganisant la structure des neurones, elle produit une dégénérescence neurofibrillaire aboutissant à la mort des neurones.

Ces anomalies envahissent progressivement l’ensemble du cerveau à partir de l'hippocampe (zone des lobes temporaux du cerveau impliquée dans le phénomène de mémorisation) et détruisent les neurones.

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Les facteurs favorisant la survenue de la maladie d’Alzheimer

La survenue de la maladie d’Alzheimer semble être favorisée par l’âge des individus mais aussi par une prédisposition génétique, notamment dans les formes familiales.

Après 65 ans, la fréquence de la maladie augmente et tout particulièrement après 80 ans. La maladie d'Alzheimer touche 15 % des personnes de plus de 80 ans.

Des facteurs génétiques entrent en jeu dans la survenue de la maladie d’Alzheimer de plusieurs façons :

  • Il existe une prédisposition génétique dans la survenue de la maladie d'Alzheimer chez une personne âgée. En effet, lorsqu'un parent du premier degré (père ou mère, frère ou sœur) est atteint, le risque de développer la maladie est multiplié par 1.5 et si deux parents sont atteints, le risque est multiplié par 2.
  • Des gènes ont été mis en évidence dans les formes familiales précoces de maladie d'Alzheimer. Cette forme de maladie est héréditaire et concerne 1 à 2 % des cas. Les premiers symptômes apparaissent autour de 45 ans.
La maladie d'Alzheimer précoce héréditaire est une

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Il semble que divers facteurs soient impliqués dans la survenue de la maladie d'Alzheimer :

Ces facteurs sont à l'étude.

Existe-t-il des facteurs protecteurs de la maladie d'Alzheimer ?

Les études semblent montrer que :

  • L'apparition de ces premiers symptômes est souvent retardée chez les personnes ayant un niveau élevé de stimulation cérébrale par l'activité intellectuelle et la richesse des liens sociaux. La maladie serait ainsi compensée dans son début d'évolution.
  • Une activité physique quelle qu’elle soit (jogging, jardinage ou danse…), associée à une dépense de calories, permettrait de réduire le risque de développer la maladie d’Alzheimer. En effet, l’activité physique stimulerait l’activité du cerveau en augmentant le volume de matière grise liée à la mémoire et aux fonctions cognitives.

La maladie d'Alzheimer est-elle fréquente ?

La maladie d'Alzheimer est la maladie neurodégénérative la plus fréquente. À ce jour, elle touche environ 900 000 personnes en France. On estime que plus d'un million de personnes seront atteintes en 2020.

Les maladies responsables de troubles neurocognitifs touchent essentiellement les personnes âgées (75-85 ans). Néanmoins, on dénombre 35 000 personnes atteintes de maladie d'Alzheimer âgées de moins de 65 ans.

L'affection touche plus de femmes que d'hommes. Cette différence pourrait être expliquée par l'espérance de vie plus élevée chez la femme.

  • Ministère des solidarités et de la santé. Maladie d'Alzheimer. Site internet : Ministère des solidarités et de la santé. Paris ; 2018 [consulté le 27 août 2018]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Alzheimer. Site internet : Inserm. Paris ; 2014 [consulté le 27 août 2018]
  • Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM). La maladie d’Alzheimer. Site internet : ICM. Paris (France) ; 2018 [consulté le 27 août 2018]
  • Raji CA, Merrill DA, Eyre H, Mallam S, Torosyan N, Erickson KI et al. Longitudinal Relationships between Caloric Expenditure and Gray Matter in the Cardiovascular Health Study. Journal of Alzheimer disease. 2016 Mar 11. [Epub ahead of print]