Mal de ventre : que faire et quand consulter ?

09 février 2021
En cas de mal de ventre, il est important de savoir comment réagir (faut-il consulter ou non ? dans quels délais ?) et quels bons gestes adopter pour être soulagé(e).

Comment réagir en cas de douleur abdominale ?

Avoir mal au ventre est un symptôme souvent banal. Cependant, dans certains cas, la douleur abdominale est présente dans des situations médicales nécessitant un traitement médical ou chirurgical parfois urgent.
Il est important de connaître les signes qui doivent alerter et conduire à consulter son médecin pour avoir un avis médical.

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J’applique les conseils pratiques, je prends si besoin des médicaments en automédication et je surveille mon état.

En cas de doute, je contacte mon médecin traitant.

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  • Mon mal de ventre ne s’atténue pas, voire s’aggrave après la prise d’antalgiques pendant deux jours.
  • J’ai des épisodes douloureux qui récidivent et je n’ai jamais eu de bilan.
  • J’ai des douleurs abdominales, je suis constipé alors que je ne l’étais pas auparavant.
  • Ma douleur survient lors d'une prise au long cours de certains médicaments (anti-inflammatoires non stéroïdiens, corticoïdes...)

Je consulte mon médecin traitant dans les jours qui viennent.

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  • En plus des douleurs j’ai des nausées, des vomissements, de la fièvre.
  • J’ai du mal à uriner.
  • Je ne vais plus à la selle et je n’émets plus de gaz.
  • Ma peau ou le blanc de mon œil sont jaunes.
  • J’ai des douleurs abdominales nouvelles et persistantes qui m’empêchent de continuer mes activités habituelles.
  • J’ai des douleurs abdominales et j’ai un retard de règles inhabituel.
  • Mes selles contiennent du sang rouge ou sont noires.
  • J’ai une forte fièvre.

Je consulte mon médecin traitant dans la journée.

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  • La douleur abdominale survient brutalement, comme un coup de poignard, et elle est intense.
  • Elle apparaît dans l'épigastre et s'étend à la poitrine, au cou ou aux épaules.
  • J’ai des douleurs abdominales alors que je viens d’être victime d’un traumatisme (accident de la circulation, chute violente…)
  • J’ai des douleurs abdominales et je vomis du sang ou un liquide brunâtre.
  • J’ai des douleurs abdominales et j’ai fait un malaise.
  • Je suis essoufflé sans avoir fait d'effort ou je ressens une difficulté à respirer qui persiste ou augmente.
  • Mon ventre est très dur, douloureux et contracté.
  • Je suis enceinte et je n’ai jamais ressenti ce type de douleur.

Je contacte sans tarder le service médical d’aide médicale d’urgence : 15 ou 112.

Conseils pratiques pour soulager le mal de ventre

Quelques gestes pour soulager un mal au ventre habituel

S'il n'y a pas les signes d'alerte d'une douleur abdominale à traiter en urgence ou rapidement et que vous pensez qu'il est inutile de consulter votre médecin traitant (ou de le consulter à nouveau), adoptez quelques gestes pour être soulagé(e) :

  • si vous avez déjà consulté un médecin, suivez ses conseils et prescriptions,
  • essayez de vous détendre,
  • respirez calmement,
  • reposez-vous,
  • mangez modérément en petites quantités et en adaptant votre alimentation aux symptômes,
  • buvez de l'eau.

Vous pouvez également calmer la douleur en prenant un médicament antalgique ou antispasmodique.

N'oubliez pas de surveiller l'évolution de votre mal de ventre. Si la douleur persiste, voire s'aggrave, ou si d'autres symptômes apparaissent, consultez votre médecin traitant.

Médicament antalgique

Vous ne connaissez pas la cause du mal de ventre ? Évitez de prendre de l'aspirine ou des anti-inflammatoires car ces médicaments sont contre-indiqués dans de nombreuses maladies (ulcère de l'estomac, gastrite...) et, en cas d'infection, favorisent sa diffusion.

Prenez du paracétamol. Cet antalgique peut être consommé même pendant la grossesse ou l’allaitement. Il est contre-indiqué en cas d'allergie au paracétamol, de phénylcétonurie et d'insuffisance hépatique. En effet, le paracétamol n’est pas un produit anodin. En cas de surdosage, il peut entraîner des lésions graves du foie, parfois irréversibles.

Le paracétamol doit être consommé à la plus petite dose efficace et le moins longtemps possible.

Lors de la prise de paracétamol chez l’adulte, il convient de :

  • commencer par la dose la plus faible possible (500 mg) ;
  • respecter :
    • la dose maximale par prise : 1 g par prise maximum,
    • l’intervalle entre les prises : au moins 4 à 6 h,
    • la dose maximale par jour : ne pas dépasser 3 g /jour, sauf avis contraire du médecin. Chez les adultes de moins de 50 kg, il est impératif de consulter la notice pour connaître la dose maximale recommandée en fonction de son poids,
    • ne pas consommer d’alcool pendant le traitement.

Médicament anti-spasmodique

Les sont plus efficaces que les antalgiques pour atténuer les contractions intestinales, et sont bien tolérés. Certains de ces médicaments pour le mal de ventre sont en vente libre en pharmacie ; demandez conseil à votre pharmacien.

Pour bien utiliser un antalgique

Vous devez respecter :

  • la posologie (quantité prescrite ou recommandée) ;
  • un intervalle de temps suffisant entre deux prises ;
  • la dose maximale quotidienne.

Le non-respect de ces règles peut entraîner des complications, notamment un risque de surdosage.

Pour les mêmes raisons et sauf avis médical contraire, évitez d'associer ou d'alterner des antalgiques de composition différente.

Si l'antalgique n'est pas efficace rapidement et que la douleur persiste, consultez votre médecin traitant. N'oubliez pas de lui préciser le type de traitement pris (médicament, dose, fréquence).

  • Ducrotté P. La douleur abdominale : le point de vue du gastroentérologue. Gastroenterol Clin Biol. 2003;27 (3Suppl):S68-72
  • Collégiale des universitaires en hépato-gastro-entérologie. Douleurs abdominales aiguës chez l'enfant et chez l'adulte. ECN 2018. Elsevier Masson 4ème édition. Issy-les-Moulineaux (France)
  • National Health service (NHS). Stomach ache and abdominal pain. Site internet : NHS. Londres ; 2020 [consulté le 9 février 2021]
  • Saubade M, Gabioud A, Karatzios C, Besson C, Gremion G, Benaim C and al. Que sait-on sur le « point de côté » lié à l’effort ? Rev Med Suisse 2016;12:1272-1277