Le traitement du lymphome non hodgkinien

11 octobre 2018
Le traitement du lymphome non hodgkinien est mis en place par une équipe de plusieurs médecins. Il peut reposer sur diverses méthodes, associées ou successives (chimiothérapie, immunothérapie, radiothérapie, etc.) Dans tous les cas, le programme de soins est établi selon le type de lymphome.

Les objectifs et le choix du traitement du lymphome non hodgkinien

Le patient atteint d’un lymphome non hodgkinien est pris en charge dans un centre habilité à soigner les cancers , par une équipe pluridisciplinaire :

  • hématologue (spécialiste des maladies du sang) ;
  • cancérologue ;
  • radiothérapeute ;
  • biologiste ;
  • infirmier ;
  • psychologue ;
  • assistante sociale ;
  • pédiatre (pour les enfants).

Cette équipe travaille en lien constant avec votre médecin traitant.

L’équipe médicale se concerte pour choisir le traitement le plus adapté pour obtenir la guérison tout en préservant la qualité de vie du patient et en limitant les complications.

Une proposition de prise en charge est expliquée au patient lors d’une consultation médicale. L’équipe tient compte de son avis et lui demande son accord avant de lui remettre un programme personnalisé de soins (également adressé au médecin traitant).

Comment se fait le choix d’un traitement anti-cancéreux ?

Il n’y a pas un cancer, mais de multiples cancers aux caractéristiques différentes. C’est pourquoi, pour chaque patient, le choix du traitement est orienté par de nombreux critères :

  • d’une part, des données médicales (type de cancer, organe atteint, taille de la tumeur, stade d’évolution, résultat des analyses biologiques, retentissement sur l’organisme) ;
  • d’autre part, des facteurs individuels (âge du malade, état général y compris sur le plan psychologique, statut socioprofessionnel, etc.)

Les différents traitements du lymphome non hodgkinien

Selon le type de lymphome non hodgkinien, le traitement repose sur les soins suivants, pratiqués en association ou successivement.

Un bilan préthérapeutique est indispensable permettant de savoir si l'organisme est bien à même de recevoir le traitement envisagé.

La chimiothérapie et l'immunothérapie en cas de lymphome non hodgkinien

La chimiothérapie

La chimiothérapie est adaptée au type de lymphome non hodgkinien (choix des médicaments anti cancéreux, durée du traitement...)

L'administration par voie veineuse des médicaments nécessite la mise en place d’une chambre implantable. Il s’agit d’un petit boîtier placé sous la peau (généralement au niveau du thorax), relié à un cathéter (tuyau souple et fin glissé dans une veine). Ce dispositif reste en place en permanence, pendant toute la durée de la chimiothérapie, puis de la surveillance après traitement. Il permet d’injecter les médicaments à travers la peau tout en préservant les veines du patient. La chambre implantable offre aussi un meilleur confort de vie, car elle permet de poursuivre les activités quotidiennes.

L'immunothérapie par anticorps monoclonaux

La chimiothérapie est le plus souvent associée à l'immunothérapie : on parle d'immunochimiothérapie.

Les anticorps monoclonaux sont des anticorps produits en laboratoire, à partir d’un clone de cellule (d’où le terme monoclonal). Ces anticorps ont la capacité de repérer et de bloquer certains mécanismes spécifiques des cellules cancéreuses afin de les détruire ou d'empêcher leur multiplication.

L'administration par voie intraveineuse est réalisée sous surveillance hospitalière.

La radiothérapie

La radiothérapie consiste à détruire les cellules cancéreuses en les exposant à des rayonnements ionisants (ex. : rayons X) produits par des appareils spécifiques de radiothérapie.

Ce traitement est dispensé sur plusieurs semaines, par séances quotidiennes (chacune durant quelques minutes).

La radiothérapie ne nécessite pas toujours d'hospitalisation.

La greffe de cellules souches hématopoïétiques

La greffe de cellules souches hématopoïétiques (cellules qui produisent toutes les cellules du sang : globules rouges, globules blancs et plaquettes) est précédée par une chimiothérapie intensive et/ou une radiothérapie qui détruisent les cellules cancéreuses du lymphome non hodgkinien, mais aussi la moelle osseuse (tissu présent dans les os et produisant les différentes cellules du sang).

Pour reconstituer cette moelle osseuse détruite, des cellules dites "souches", capables de fabriquer des globules rouges (hématies), des globules blancs (leucocytes) et des plaquettes, sont injectées par voie veineuse.

On pratique deux types de greffes :

  • l’autogreffe consiste à injecter au malade ses propres cellules souches hématopoïétiques,
  • l’allogreffe est l’injection de cellules issues d’un donneur compatible.

Dans tous les cas, la greffe rend nécessaire une hospitalisation de plusieurs semaines.

© Blausen Medical

Les effets secondaires des traitements du lymphome non hodgkinien

Des effets indésirables, secondaires au traitement, surviennent :

  • nausées, vomissements, aphtes buccaux ; diarrhées ;
  • perte des cheveux lors de la chimiothérapie ;
  • fatigue plus ou moins intense ;
  • symptômes semblables à ceux de la grippe (frissons, fièvre, douleurs musculaires, faiblesse, nausées) en cas de traitement par anticorps monoclonaux ;
  • rougeur et gonflement de la zone irradiée...

Des moyens d’atténuer ou de prévenir ces symptômes existent. Parlez-en à votre médecin. Dans la majorité des cas, ces effets secondaires se dissipent une fois le traitement terminé.

Des solutions pour préserver la fertilité

En cas de lymphome non hodgkinien, une stérilité liée au traitement peut survenir, selon les soins pratiqués.

Des solutions visant à préserver la fertilité sont proposées ; elles sont mises en œuvre avant le début du traitement.

Elles reposent principalement sur le recueil et la conservation par congélation :

  • des cellules reproductrices (spermatozoïdes et ),
  • ou de tissu testiculaire ou ovarien.

© Institut national du cancer, Fondation ARC, Inserm.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide médecin, Lymphome non hodgkinien de l'adulte. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 9 octobre 2018]
  • Collège des enseignants d’hématologie. Lymphomes malins. Site internet : Université médicale numérique francophone. Nantes (France) ; 2010 [consulté le 9 octobre 2018]
  • American Cancer Society. What is non-Hodgkin lymphoma ? Site internet : cancer.org. Atlanta (États-Unis) ; 2018 [consulté le 9 octobre 2018]
  • Institut national du cancer. Qu'est-ce que le lymphome non hodgkinien ? Site internet : INCA. Boulogne Billancourt (France) ; 2015 [consulté le 9 octobre 2018]
  • National Health service (NHS). Non Hodgkin lymphoma. Site internet : NHS. Londres ; 2015 [consulté le 9 octobre 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Lymphomes non hodgkiniens de l'adulte - Liste des actes et prestations. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 11 octobre 2018]
  • Société canadienne du cancer. Lymphomes non hodgkiniens. Site internet : cancer.ca. Toronto (Canada) ; 2016 [consulté le 11 octobre 2018]