Le traitement du lupus érythémateux disséminé

27 juillet 2018
Même si aujourd’hui, on ne guérit pas définitivement d’un lupus, les traitements existants soignent poussées et complications, et préviennent leur apparition. Ils reposent sur des médicaments (antipaludéens, corticoïdes, immunosuppreseurs etc.) et parfois sur d’autres soins.

Les objectifs du traitement

Il n'existe pas encore de traitement permettant une guérison définitive du lupus érythémateux disséminé (ou systémique).

Le traitement a plusieurs objectifs :

  • traiter les poussées du lupus et les éventuelles complications (dues à la maladie ou à un traitement prescrit pour une précédente poussée) ;
  • prévenir les rechutes, en obtenant des rémissions parfois très longues ;
  • préserver la qualité de vie et l'insertion professionnelle (ou la scolarité de l'enfant, si c’est lui qui est malade).

Généralement, le traitement est mis en place par l’équipe pluridisciplinaire qui a posé le diagnostic. Coordonnée par le médecin traitant, elle regroupe différents médecins spécialistes, exerçant le plus souvent dans un centre hospitalier de référence.

D’autres intervenants (diététicienne, psychologue, médecin du travail, médecin scolaire, assistante sociale) peuvent aussi être sollicités si nécessaire.

Les traitements médicamenteux du lupus systémique

Les médicaments utilisés lors des poussées du lupus systémique

Le traitement des poussées du lupus systémique est adapté à chaque cas. Le choix des médicaments utilisés dépend de la localisation des atteintes d’organes et de leur gravité.

Il repose sur divers médicaments, parfois associés.

Ils sont utilisés pour soulager les douleurs articulaires dans les formes légères de lupus érythémateux disséminé.

Cependant, l'utilisation des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)  est déconseillée en cas d'atteinte rénale, neurologique et vasculaire. Parmi les AINS, l'ibuprofène est contre-indiqué.

Les de synthèse (hydroxychloroquine ou chloroquine) agissent sur le et présentent des propriétés anti-inflammatoires. Ils sont efficaces notamment dans les atteintes de la peau et des articulations du lupus.

Un bilan ophtalmologique sont réalisés avant le début du traitement (une maladie de la rétine peut contre-indiquer le traitement). L'utilisation des de synthèse nécessite une surveillance régulière ophtalmologique pour rechercher d’éventuels effets secondaires (atteinte rétinienne avec baisse de l'acuité visuelle).

Les corticoïdes sont les médicaments les plus couramment utilisés pour traiter certaines formes aigües de lupus érythémateux disséminé (atteintes rénales, neurologiques, cardiaques). Ils sont prescrits à une dose élevée, progressivement diminuée jusqu’à une dose minimale, voire jusqu'à l’arrêt en cas de rémission. La prescription, ainsi que les recommandations diététiques associées, doivent être rigoureusement suivies.

Par ailleurs, la prise prolongée de corticoïdes peut engendrer de nombreux effets secondaires :

C’est pourquoi ce type de traitement fait l’objet d’une surveillance particulière.

Divers médicaments immunosuppresseurs (, azathioprine, cyclophosphamide, mycophénolate mofétil...) sont employés pour traiter les atteintes d’organes graves, notamment rénales et cérébrales du lupus systémique. Leurs effets secondaires (ex. : survenue plus fréquente d'infections virales ou bactériennes) expliquent le suivi médical étroit associé au traitement.

Le thalidomide peut être utilisé dans les formes cutanées du lupus érythémateux en seconde intention lorsque les de synthèse n'ont pas été efficaces. Des précautions d'emploi (contraception indispensable en raison du risque tératogène) sont indispensables. Des effets secondaires sont possibles : somnolence, constipation, prise de poids, , troubles de l'érection et atteinte des .

Les anticorps monoclonaux (belimumab, rituximab... administrés par voie intraveineuse en milieu hospitalier selon un protocole bien défini) sont utilisés lorsque les autres traitements ne sont pas efficaces.

Ils sont donc indiqués dans les formes très sévères de lupus érythémateux disséminé.

Le du lupus systémique

Par ailleurs, un , plus léger, est mis en place pour prévenir les nouvelles poussées du lupus. Choisi pour avoir le moins d’effets indésirables possible, il repose sur la prise :

  • d’antipaludéens de synthèse : hydroxychloroquine ou chloroquine. Ils constituent le dans pratiquement toutes les formes de lupus. Cependant, ce traitement est contre-indiqué en cas d'atteinte de la rétine ou en cas d'allergie ;
  • de corticoïdes : ils ne sont utilisés en à très faible dose qu'après avoir été prescrits à forte dose pour traiter une poussée du lupus.

Lorsque la personne atteinte d'un lupus présente également un syndrome des anticorps antiphospholipides (responsable de artérielle ou de phlébite), un traitement anticoagulant prolongé est proposé. Il fait appel, le plus souvent, aux antivitamine K.

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Les traitements complémentaires du lupus

Le traitement d'un lupus érythémateux disséminé peut aussi prendre d’autres formes, par exemple :

  • des infiltrations de corticoïdes au niveau des articulations, pour réduire les douleurs ;
  • des séances de kinésithérapie ;
  • une prise en charge psychologique, si nécessaire.

Par ailleurs, certains réflexes à adopter font partie intégrante du traitement de prévention des poussées de lupus. Il est recommandé d’éviter au maximum :

  • le tabagisme : le tabac est un facteur de risque cardiovasculaire, interfère avec l'activité des médicaments et augmente l’activité du lupus ;
  • l’exposition aux rayons UV. En cas d'exposition au soleil, il est capital de se protéger efficacement (port de vêtements couvrants, application d’une crème solaire à indice maximal de protection à indice 50 au minimum).

Pour prévenir les risques de complications du lupus, l’équipe médicale traite aussi, le cas échéant :

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Lupus systémique. Protocole national de diagnostic et de soins. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2017 [consulté le 8 mars 2018]
  • Collège universitaire des enseignants de néphrologie (CUEN). Lupus érythémateux disséminé. Site internet : CUEN. Paris ; 2016 [consulté le 8 mars 2018]
  • Mathian A, Amoura Z. Lupus systémique. Site internet : Société nationale française de médecine interne. Rouen (France) ; 2014 [consulté le 8 mars 2018]