Le traitement du lupus érythémateux disséminé

17 mars 2017
Même si aujourd’hui, on ne guérit pas définitivement d’un lupus, les traitements existants soignent poussées et complications, et préviennent leur apparition. Ils reposent sur des médicaments (anti-inflammatoires, anti-paludéens, corticoïdes, etc.) et parfois sur d’autres soins.

Soulager le lupus

Il n'existe pas encore de traitement permettant une guérison définitive du lupus érythémateux disséminé (LED). Les traitements actuels ont plusieurs objectifs :

  • traiter les poussées et les éventuelles complications (dues à la maladie ou à un traitement prescrit pour une précédente crise) ;
  • prévenir les rechutes, en obtenant des rémissions parfois très longues ;
  • préserver la qualité de vie et l'insertion professionnelle (ou la scolarité de l'enfant, si c’est lui qui est malade).

Généralement, le traitement est mis en place par l’équipe pluridisciplinaire qui a posé le diagnostic. Coordonnée par le médecin traitant, elle regroupe différents spécialistes, exerçant le plus souvent dans un centre hospitalier de référence.

D’autres intervenants (diététicienne, psychologue, psychiatre, médecin du travail, médecin scolaire, assistante sociale) peuvent aussi prendre en charge le patient si nécessaire.

Les traitements médicamenteux

Le traitement des poussées est adapté à la localisation des atteintes d’organes et à leur gravité. Il repose sur divers médicaments, parfois associés.

Ils sont utilisés dans les formes légères de lupus érythémateux disséminé, touchant la peau et les articulations.

Ces médicaments agissent sur le et présentent des propriétés anti-inflammatoires. Ils sont efficaces notamment dans les atteintes de la peau, des articulations, du cœur et des poumons.

Des examens sanguins et un bilan ophtalmologique sont réalisés avant le début du traitement, car ces médicaments peuvent affecter la vision des couleurs. Leur usage nécessite aussi une surveillance régulière de la rétine, du sang et du cœur (réalisation d’électrocardiogrammes), pour rechercher d’éventuels effets secondaires (ex. : troubles oculaires).

Ce sont les médicaments les plus courants pour traiter les formes aigües de lupus érythémateux disséminé. Ils sont prescrits à une dose élevée, progressivement diminuée jusqu’à une dose minimale, voire jusqu'à l’arrêt en cas de rémission. La prescription, ainsi que les recommandations diététiques associées, doivent être rigoureusement suivies.

Par ailleurs, la prise prolongée de corticoïdes peut engendrer de nombreux effets secondaires : prise de poids, hypertension artérielle, perturbations hormonales, cataracte, augmentation du risque d’infection, notamment urinaire (cystite) ou dentaire (abcès dentaire), retard de croissance chez l’enfant, troubles digestifs, osseux, musculaires, du sommeil (insomnie), de l’humeur, etc. C’est pourquoi ce type de traitement fait l’objet d’une surveillance particulière.

Ils sont employés pour traiter les atteintes d’organes graves, notamment rénales et cérébrales. Leurs effets secondaires (ex. : infections virales ou bactériennes) expliquent le suivi médical étroit associé au traitement.

Il s’agit d’anticorps de synthèse, également indiqués dans les formes sévères de lupus érythémateux disséminé.

Par ailleurs, un , plus léger, est mis en place pour prévenir les nouvelles poussées. Choisi pour avoir le moins d’effets indésirables possible, il repose sur la prise d’anti-paludéens et/ou de corticoïdes.

Les traitements complémentaires et préventifs

Les soins pour traiter un lupus érythémateux disséminé peuvent aussi prendre d’autres formes, par exemple :

  • des infiltrations de corticoïdes au niveau des articulations, pour réduire les douleurs ;
  • des séances de kinésithérapie ;
  • une prise en charge psychologique, si nécessaire.

Par ailleurs, certains réflexes à adopter font partie intégrante du traitement de prévention des poussées. Il est recommandé d’éviter au maximum :

  • le tabagisme ;
  • l’exposition aux rayons UV. En cas d'exposition au soleil, il est capital de se protéger efficacement (port de vêtements couvrants, application d’une crème solaire à indice maximal de protection à indice 50 au minimum).

Pour prévenir les risques de complications, l’équipe médicale traite aussi, le cas échéant :

  • une hypertension artérielle (qui pourrait, à terme, aggraver les atteintes rénales) ;
  • un taux de cholestérol élevé ;
  • un risque infectieux ;
  • un risque de phlébite (prescription de médicaments empêchant la formation d’un caillot sanguin).
Sources
  • Haute autorité de santé (HAS). Liste des actes et prestations – Lupus érythémateux disséminé. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2010 [consulté le 23 mars 2015]
  • Haute autorité de santé (HAS). Lupus érythémateux systémique. Protocole national de diagnostic et de soins. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2010 [consulté le 23 mars 2015]
  • Collège universitaire des enseignants de néphrologie (CUEN). Lupus érythémateux disséminé. Site internet : CUEN. Paris ; 2010 [consulté le 23 mars 2015]
  • Mathian A, Amoura Z. Lupus systémique. Site internet : Société nationale de médecine interne. Rouen (France) ; 2014 [consulté le 23 mars 2015]