Le traitement des lésions méniscales du genou

12 avril 2018
En cas de lésion méniscale, il est important de mettre le genou au repos. L’immobilisation par attelle est parfois nécessaire. Le médecin peut également prescrire des médicaments contre la douleur et l’inflammation. La chirurgie est parfois nécessaire.

Que faire soi-même en cas de lésion méniscale ?

Voici quelques conseils utiles si vous pensez que votre est lésé, avant de consulter un médecin :

  • arrêtez l'activité ou le sport en cours. Sinon, la lésion méniscale risque de s'aggraver ;
  • mettez votre genou au repos et évitez tout appui sur la jambe concernée ;
  • si votre genou est gonflé ou douloureux, refroidissez-le avec de la glace pour diminuer l'inflammation. Ne mettez pas la glace directement sur la peau pour éviter la sensation de "brûlure" provoquée par le froid. Par exemple, disposez la glace dans un linge propre avant de la poser sur le genou. Vous pouvez renouveler l'opération chez vous, toutes les 4 heures, pendant un à deux jours ;
  • surélevez votre jambe si le genou a tendance à gonfler.

Lésions des ménisques : le traitement médical

Le traitement médical est proposé lorsque le diagnostic de lésion dégénérative des ménisques (méniscose) est posé par le médecin et s’il n’existe pas de symptômes importants ou de gêne dans la vie quotidienne.

En cas de lésion traumatique d'un , le traitement médical peut également rester pertinent de façon à conserver le . En effet, il est possible de laisser en place un lésé si la lésion est stable et ne gêne pas les mouvements.

Le traitement repose sur :

  • des médicaments contre la douleur par voie orale :
    • du paracétatamol,
    • des anti-inflammatoires non stéroïdiens ou AINS (ibuprofène ou kétoprofène par exemple). Chacun de ces médicaments doit être administré seul. Ne prenez pas des AINS différents au cours du traitement ;
  • une immobilisation avec une attelle du genou, suivie de séances de rééducation.

À long terme, la complication qui peut être redoutée est l’apparition d’une arthrose du genou. En effet, le lésé ne pouvant plus assurer complètement sa fonction d’amortisseur, les cartilages articulaires du genou s’usent progressivement.

Traitement chirurgical des ménisques du genou

La décision d’opérer peut être prise en cas de lésion traumatique du ménisque, mais elle n’est pas systématique. La chirurgie d'une lésion du non traumatique est rare et n'est nécessaire que si le diagnostic de instable est posé.

L'indication de la chirurgie dépend :

  • de la gêne ressentie,
  • de l'étendue et de la localisation de la lésion méniscale,
  • du caractère stable ou instable de la lésion méniscale,
  • de l’existence d’autres atteintes qui rendent le genou instable (ex. : lésions des ligaments).

La chirurgie peut être décidée dans un second temps, si les symptômes s’aggravent. Dans tous les cas, le choix entre les diverses options est réalisé par le chirurgien, en accord avec le patient.

L’opération du se déroule sous . Le plus souvent, le patient ne reste qu’une journée à l’hôpital. Il rentre chez lui le soir même, sous la surveillance d’un proche (chirurgie ambulatoire).

Dans de rares cas, l' est effectuée en urgence : c'est le cas, lorsque le genou se bloque (blocage du genou), avec impossibilité prolongée d’étendre complètement la jambe. Il s’agit d’une lésion du dite en "anse de seau". L’arthroscopie permet de confirmer la lésion et de la traiter dans le même temps.

À noter : Avant d'être opéré(e), une consultation est obligatoire auprès d'un médecin anesthésiste. Un bilan sanguin n'est pas toujours nécessaire avant l'intervention chirurgicale. Parlez-en à votre médecin.

Cette intervention chirurgicale consiste à réaliser deux petites incisions, l'une sur la face interne, l'autre sur la face externe du genou. Par la première ouverture, le chirurgien introduit un tube de fibres optiques et peut ainsi visualiser sur un écran l’intérieur de l’articulation. Le chirurgien vérifie également l’état des ligaments et du cartilage. Le second orifice sert à insérer de petits instruments pour réparer ou couper les zones abîmées du .

Les avantages de l’arthroscopie résident dans l’absence de cicatrice et dans des suites postopératoires plus courtes et plus simples que la chirurgie classique (dite ouverte). Néanmoins, cela reste une véritable intervention pratiquée au bloc opératoire, sous anesthésie.

La chirurgie du a pour objectif de traiter la lésion méniscale, en privilégiant au maximum la conservation du lésé. Le geste consiste donc :

  • à réparer les lésions méniscales. C’est la préservation, ou réparation méniscale. Lorsque les déchirures sont récentes, situées dans des zones périphériques bien vascularisées qui cicatrisent facilement, chez des personnes jeunes et motivées, elles peuvent être recousues. La suture est réalisée à l’aide de fil ou d’implants de fixation résorbables ;
  • à enlever uniquement la zone abîmée du . C’est la méniscectomie partielle. Le chirurgien laisse en place le plus de possible. Il conserve au mieux toutes les parties saines du . En effet, l'ablation complète, qui n'est plus pratiquée, exposait à la survenue d'une arthrose du genou (gonarthrose).

D'autres gestes peuvent être nécessaires, comme la reconstruction du ligament croisé antérieur en cas d'instabilité du genou.

À long terme, la méniscectomie, même partielle, se complique plus souvent d'arthrose du genou que la réparation méniscale.

Les suites opératoires sont en général simples. Cependant, après l’intervention, les symptômes suivants font craindre la survenue de complications et doivent être signalés au médecin :

  • une fièvre supérieure à 38 °C ;
  • une augmentation de la douleur du genou au repos avec chaleur et rougeur locale ;
  • des problèmes de cicatrisation ;
  • des signes de phlébite (douleur et gonflement du mollet).
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Après la chirurgie du ménisque : la réadaptation

La durée de la phase de réadaptation aux activités de la vie quotidienne varie selon l’intervention pratiquée.

Les suites opératoires sont plus longues :

  • une immobilisation par attelle est souvent prescrite pour favoriser la cicatrisation ;
  • des précautions d’appui sont recommandées jusqu'à 6 semaines.

La réadaptation est souvent simple. Il est conseillé de marcher dès que possible, de solliciter le genou, mais sans trop le plier et de surélever la jambe dans la journée le plus souvent possible.

La rééducation par kinésithérapie se révèle parfois nécessaire. Elle permet de récupérer rapidement et débute immédiatement après l’intervention. Ses objectifs sont de retrouver une mobilité normale du genou et de restaurer la force musculaire et le fonctionnement global du genou (en position debout, lors des sauts, à la course...)

La rééducation peut être effectuée :

  • chez un kinésithérapeute, sur prescription du médecin ou du chirurgien ;
  • en auto-rééducation. Le patient suit les consignes et effectue les exercices expliqués par le chirurgien. C’est le cas le plus fréquent après une .
Sources
  • Haute Autorité de santé. Recommandations professionnelles : prise en charge thérapeutique des lésions méniscales et des lésions isolées du ligament croisé antérieur du genou chez l'adulte. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 8 février 2018]
  • Haute Autorité de santé. Évaluation et amélioration des pratiques : prise en charge des patients de plus de 50 ans ayant une lésion méniscale douloureuse non réparable sur genou stable. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2009 [consulté le 8 février 2018]
  • Pujol N, Boisrenoult P, Beaufils P. Lésions méniscales traumatiques. EMC - Appareil locomoteur 2013;9(1):1-10 [Article 14-084-A-10]