Le traitement prescrit en cas de kyste ovarien

16 mars 2017
Pour les patientes présentant un kyste fonctionnel, une simple surveillance médicale est mise en place. En cas de complications ou de kyste organique, une ponction ou une ablation chirurgicale peuvent être préconisées.

La surveillance en cas de kyste ovarien fonctionnel non compliqué

La plupart du temps, en cas de kyste fonctionnel sans complication, aucun traitement n’est nécessaire (abstention thérapeutique). Toutefois, une surveillance échographique est prescrite pour vérifier que le kyste disparaît bien au bout de trois cycles menstruels.

Par ailleurs :

  • si la patiente prend un contraceptif oral, le mode de contraception n’est pas modifié et on s’assure de la disparition du kyste ;
  • si un kyste apparaît après la pose d’un stérilet au lévonorgestrel, celui-ci est laissé en place. On contrôle également que le kyste disparaisse ;
  • en cas de traitement par tamoxifène (traitement anti- éventuellement prescrit après un cancer du sein), les prises médicamenteuses se poursuivent et le kyste est surveillé.

La ponction du kyste ovarien

Elle consiste à extraire le liquide à l’aide d’une fine aiguille. Cette intervention est réalisée par voie endovaginale (en passant à travers le vagin) et échoguidée (guidée par l’échographie).

La est possible en cas de kyste contenant uniquement du liquide, ou chez les personnes pour lesquelles une opération comporte des risques.

Toutefois :

  • elle n’est jamais pratiquée chez l’adolescente ;
  • elle est inutile en cas de kyste fonctionnel ;
  • elle est contre-indiquée en cas de kyste mucineux ou dermoïde, ou si une est suspectée.

Après l’intervention, la substance ponctionnée est analysée. Si elle n’est pas purement liquidienne, ou si l’analyse révèle la présence de cellules cancéreuses, une intervention chirurgicale éventuellement par cœlioscopie peut se révéler nécessaire. Par ailleurs, malgré la , le kyste récidive parfois.

La limite l’ouverture de la paroi abdominale

Cette technique consiste d’abord à pratiquer quatre petites incisions pour insuffler un gaz dans la cavité abdominale. Ensuite, à travers ces ouvertures, le chirurgien introduit des instruments chirurgicaux longs et fins, ainsi qu’une caméra miniature. Cela lui permet d’opérer en surveillant ses gestes sur un écran vidéo.

L’ablation chirurgicale du kyste ovarien ou kystectomie ovarienne

Elle est indiquée :

  • en urgence si le kyste a donné lieu à des complications (hémorragie intra-kystique, torsion de l’ovaire, etc.) ;
  • en cas de kyste organique ;
  • pour un kyste fonctionnel qui ne disparaît pas après trois cycles menstruels, qui augmente de volume ou change d’aspect ;
  • chez certaines patientes, après une échoguidée.

En présence d’un kyste, l’intervention chirurgicale se déroule par . Toutefois, une laparotomie (ouverture plus importante de la paroi abdominale) se révèle nécessaire si, en cours d’intervention, le diagnostic de kyste malin est posé ou si des difficultés opératoires se présentent.

Avant la ménopause, seul le kyste est enlevé : on conserve le tissu ovarien, afin de préserver le fonctionnement de l’ovaire et la fertilité de la patiente. En général, ce traitement dit conservateur, est aussi possible en cas de torsion de l’ovaire.

Le plus souvent, l’ovaire et la trompe de Fallope sont enlevés (salpingo-ovariectomie). Dans tous les cas, le kyste prélevé est analysé, ce qui permet de définir précisément sa nature. En cas d’endométriose, un traitement médicamenteux adapté complète la chirurgie.

Après l’intervention chirurgicale pour kyste de l’ovaire

Après une période de repose, la patiente peut ensuite reprendre ses activités.

Après une opération pour un kyste de l’ovaire (kystectomie ou ovariectomie), les suites opératoires sont généralement simples (a fortiori en cas de ).

Cependant, dans les jours suivant l’intervention, restez attentive et signalez à votre médecin traitant tout symptôme anormal, pouvant révéler une complication (infection, phlébite, etc.) :

  • fièvre ;
  • douleurs abdominales ;
  • apparition d’un hématome au niveau de la paroi de l’abdomen ;
  • durcissement du mollet.

Suivez les conseils du chirurgien et de votre médecin traitant :

  • ne restez pas couchée et marchez pour limiter les risques de phlébite ;
  • respectez les prescriptions médicamenteuses ;
  • reprenez progressivement vos occupations habituelles, le sport et les loisirs. Pour la plupart des activités, la reprise est possible une semaine après une . Si vous avez subi une laparotomie, attendez 2 à 3 semaines pour nager ou faire une marche de 30 à 60 minutes (voire 6 semaines pour les sports intenses).

Si vous exercez une activité professionnelle, votre médecin vous a prescrit un arrêt de travail. Sa durée varie d’une à six semaines, selon plusieurs critères :

  • votre état de santé général ;
  • votre âge ;
  • la technique chirurgicale employée ;
  • le métier que vous exercez ;
  • vos temps et mode de transport quotidiens.

Ainsi, une semaine peut être suffisante pour une jeune femme ayant un travail sédentaire et opérée par . En revanche :

  • un arrêt de 4 semaines est utile en cas de laparotomie ;
  • 3 à 6 semaines de repos sont nécessaires en cas de travail physique avec port de charges lourdes (selon la méthode chirurgicale utilisée).

De façon générale, si vous pratiquez un métier physique, contactez votre médecin du travail. Vous pourrez peut-être bénéficier temporairement d’un poste de travail adapté.

N° d’Urgence Médicale

Samu : 15 Pompiers : 18 Appel d'urgence européen : 112
Ces numéros sont gratuits et peuvent être appelés d'un téléphone fixe ou d'un téléphone mobile même bloqué ou sans crédit.
Sources
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Tuméfaction pelvienne chez la femme – Kyste des ovaires. Site internet : Université Numérique Francophone des Sciences de la Santé et du Sport (UNF3S). Lille (France) ; 2011 [consulté le 23 juin 2015]
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Recommandations pour la pratique clinique – Les tumeurs de l'ovaire présumées bénignes. Site internet : CNGOF. Paris ; 2013 [consulté le 23 juin 2015]
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Prise en charge des kystes de l'ovaire présumés bénins. Site internet : CNGOF. Paris ; 2013 [consulté le 23 juin 2015]
  • NHS Choices. Ovarian cyst. Site internet : NHS Choices. Londres (Royaume-Uni) ; 2014 [consulté le 23 juin 2015]
  • Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS). Arrêt de travail – Kystectomie ovarienne/ovariectomie. Site internet : ameli.fr. Paris ; 2011 [consulté le 23 juin 2015]