Kyste ovarien : symptômes, diagnostic et évolution

04 avril 2017
Un kyste de l’ovaire peut rester asymptomatique ou provoquer douleurs, saignements anormaux ou troubles digestifs. Parfois, il donne lieu à des complications nécessitant une opération chirurgicale urgente (torsion ou abcès de l’ovaire, par exemple).

Les symptômes du kyste ovarien

Plusieurs signes peuvent se manifester :

  • des douleurs pelviennes (dans la partie inférieure du bassin) modérées, d’un seul côté du corps, donnant l’impression d’une pesanteur ;
  • des métrorragies (saignement génital survenant en dehors des règles) ;
  • une pollakiurie (envies fréquentes d’uriner avec émission de petites quantités d’urine) ;
  • des troubles digestifs (ex. : constipation en cas de compression des intestins).

Parfois, le kyste de l’ovaire reste asymptomatique. Il arrive alors qu’on découvre sa présence lors d’un examen clinique ou d’une échographie pour un autre motif.

Peut-on souffrir d’un kyste ovarien pendant une grossesse ?

Oui. Chez les femmes enceintes, des kystes de l’ovaire sont souvent découverts par hasard, par exemple lors d’une échographie :

  • au cours du premier trimestre de grossesse, ils sont le plus souvent fonctionnels et régressent spontanément ;
  • aux deuxième et troisième trimestres, ils sont soit fonctionnels, soit organiques, et font l’objet d’une surveillance échographique.

Le risque de complication demeure rare si le kyste est inférieur à 6 cm de diamètre. Généralement, en cas de kyste organique, un traitement est envisagé après l’accouchement. Toutefois, il est possible dès le deuxième trimestre, si le kyste est volumineux ou s’il risque d’entraîner des complications durant la grossesse ou l’accouchement.

Le diagnostic du kyste ovarien

Lors de la consultation, le médecin traitant (ou gynécologue) interroge la patiente sur ses symptômes et sur ses éventuels traitements en cours. Il note aussi la date de ses dernières règles. Ensuite, il l'examine (palpation abdominale, examen gynécologique).Au cours de son examen, le médecin peut décider de réaliser un frottis utérin (prélèvement de cellules sur le col de l’utérus pour les analyser) dans le cadre du dépistage du cancer du col de l’utérus.

Plusieurs examens complémentaires permettent de confirmer le diagnostic.

Cet examen est effectué le plus souvent par voie endovaginale (la sonde est placée dans le vagin). Parfois, il est réalisé par voie abdominale (la sonde est déplacée sur la paroi de l’abdomen). Aussi nommé " ", il associe deux techniques.

  • L’échographie permet :
    • de visualiser et décrire le kyste (localisation, taille, contenu plus ou moins liquide, paroi fine ou épaisse, présence de cloisons internes, etc.),
    • de rechercher l’éventuelle présence de liquide dans le (phénomène nommé ascite),
    • d’observer l’utérus et les deux .
  • Le sert à analyser les vaisseaux sanguins et la circulation du sang dans le kyste.

L’écho- vise également à rechercher des signes en faveur du caractère bénin ou non du kyste. Par ailleurs, dans certains cas, pour confirmer l’origine fonctionnelle ou organique du kyste, une nouvelle échographie est programmée trois mois après la première :

  • si le kyste a disparu spontanément, il était fonctionnel ;
  • s’il persiste, il est considéré comme organique et doit être enlevé.

Un dosage sanguin de certains marqueurs tumoraux peut être demandé pour distinguer si le kyste est bénin ou malin :

  • surtout après la ménopause ;
  • lorsqu’un kyste organique est diagnostiqué entre 10 et 16 ans.

Ils sont proposés dans des situations particulières (kyste volumineux, suspicion d’endométriose).

L’évolution des kystes ovariens

Le kyste fonctionnel disparait le plus souvent spontanément, contrairement au kyste organique qui nécessite un traitement chirurgical.

Des complications peuvent survenir, provoquant des douleurs pelviennes souvent intenses et brutales, et demandent une intervention chirurgicale urgente :

  • La torsion de l’ovaire
    Survenant surtout en cas de kyste lourd, elle se traduit par une douleur persistante et s’accompagne de nausées ou vomissements. Le diagnostic est posé lors d’une échographie.
  • L’hémorragie intra-kystique
    Ce type de saignement s’observe souvent dans les kystes fonctionnels. L’échographie permet de confirmer sa présence.
  • La rupture du kyste de l’ovaire
    Elle fait souvent suite à une hémorragie intra-kystique ou à une torsion de l’ovaire. L’échographie montre la présence de liquide dans le (membrane de l’abdomen qui enveloppe les organes) ou ascite.
  • L’abcès ovarien
    Rare, il peut être secondaire à une guidée par échographie. Il provoque une fièvre et nécessite un traitement par antibiotiques après l’opération.

 

Sources
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Tuméfaction pelvienne chez la femme – Kyste des ovaires. Site internet : Université Numérique Francophone des Sciences de la Santé et du Sport (UNF3S). Lille (France) ; 2011 [consulté le 23 juin 2015]
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Recommandations pour la pratique clinique – Les tumeurs de l'ovaire présumées bénignes. Site internet : CNGOF. Paris ; 2013 [consulté le 23 juin 2015]
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Prise en charge des kystes de l'ovaire présumés bénins. Site internet : CNGOF. Paris ; 2013 [consulté le 23 juin 2015]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide du bon usage des examens d'imagerie médicale. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2005 [consulté le 23 juin 2015]
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Prise en charge des kystes ovariens en cours de grossesse. Site internet : CNGOF. Paris ; 2006 [consulté le 23 juin 2015]