Kyste ovarien : définition, causes et facteurs favorisants

16 mars 2017
Des kystes, petites grosseurs anormales remplies de liquide, se développent parfois au niveau d’un ovaire. Le plus souvent bénins, ils se forment à partir du tissu ovarien. Ils sont soit fonctionnels et transitoires, influencés par les sécrétions hormonales du cycle menstruel, soit organiques.

Qu’est-ce qu’un kyste ovarien ?

Un kyste ovarien correspond à une tuméfaction contenant du liquide. Il se développe sur les , situés à l’extrémité des qui sont reliées à l’utérus. Souvent bénin, sa présence à cet endroit est anormale. Il est fonctionnel ou organique.

5 à 7 % des femmes développent un kyste ovarien dans leur vie. Cependant, les jeunes filles de 10 à 16 ans peuvent aussi présenter des kystes fonctionnels ou organiques (dans ce dernier cas, ils sont le plus souvent dermoïdes).

Appareil génital féminin

Schéma : appareil génital féminin (3)

Les kystes fonctionnels de l’ovaire

Les kystes fonctionnels sont les plus fréquents (90 % des cas). On en distingue deux types :

  • Le kyste folliculaire

Il provient de l’évolution inhabituelle d’un follicule (petite poche ovarienne renfermant du liquide, dans lequel se développe un ).

  • Le kyste lutéal

Il correspond à une augmentation du volume du corps jaune (glande sécrétant des hormones, qui se forme temporairement dans l’ovaire après chaque ).

Les kystes fonctionnels surviennent essentiellement avant la ménopause et dans certains cas :

  • suite à un traitement stimulant l’ovulation, en cas de stérilité (assistance médicale à la procréation). Plusieurs kystes peuvent alors coexister ;
  • dans les premiers mois après la pose d’un stérilet contenant du lévonorgestrel, produit contraceptif (chez 12 à 30 % des femmes) ;
  • après un traitement par tamoxifène (parfois prescrit après un cancer du sein).

Leur volume peut varier en fonction du cycle menstruel. Ils finissent par régresser d’eux-mêmes en quelques semaines.

Le corps jaune est issu de la transformation du follicule après l’ovulation

Chaque mois, un ovocyte contenu dans un follicule ovarien arrive à maturité. Sous l’action d’une hormone spécifique (follicle-stimulating hormone ou "FSH"), le follicule grossit et parvient à la surface de l’ovaire. Une autre hormone (luteinizing hormone ou "LH") déclenche l'ovulation : la paroi du follicule se rompt et l’ovocyte est expulsé dans la trompe de Fallope, pour y être éventuellement fécondé. Le follicule se transforme alors en corps jaune, qui sécrète de la pendant la deuxième phase du cycle menstruel.

Les kystes organiques de l’ovaire

Les kystes organiques se développent à partir d’un tissu ovarien et ne changent pas de volume au cours du cycle menstruel. Leur origine est inconnue à ce jour. Il en existe quatre types :

  • Les kystes séreux
    Ce sont les plus répandus. Ils contiennent uniquement du liquide fluide et leur paroi est fine.
  • Les kystes mucoïdes ou mucineux
    Composés de plusieurs cavités séparées par des cloisons, ils renferment un liquide plus dense, voire pâteux. Leur paroi est aussi plus épaisse que celle des kystes séreux.
  • Les kystes dermoïdes
    Leur structure cellulaire est semblable à celle de la peau. Ils peuvent aussi contenir de la graisse et des parties calcifiées (dépôt de calcium).
  • Les kystes endométriosiques
    Liés à une maladie nommée endométriose, ils présentent une paroi épaisse parcourue de vaisseaux sanguins. Ils sont à la fois remplis de liquide et de sang.

Le plus souvent, les kystes organiques sont bénins. Néanmoins, ils sont enlevés afin d’éviter toute complication (torsion de l’ovaire, hémorragie intra-kystique, etc.)

Ils sont ensuite analysés notamment pour vérifier qu’ils ne comportent aucune cellule cancéreuse.

Qu’est-ce que le syndrome des polykystiques ?

Il s’agit d’un trouble hormonal touchant plus de 5 % des femmes en âge de procréer et causant différents symptômes :

  • kystes ovariens multiples (plus de 12 follicules de 2 à 9 mm de diamètre, sur au moins un ovaire), visibles à l'échographie ;
  • et règles rares ou absentes ( ), voire infertilité (dans 20 à 74 % des cas) ;
  • pilosité excessive liée à un taux élevé de certains androgènes (hormones mâles).
Sources
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Tuméfaction pelvienne chez la femme – Kyste des ovaires. Site internet : Université Numérique Francophone des Sciences de la Santé et du Sport (UNF3S). Lille (France) ; 2011 [consulté le 23 juin 2015]
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Recommandations pour la pratique clinique – Les tumeurs de l'ovaire présumées bénignes. Site internet : CNGOF. Paris ; 2013 [consulté le 23 juin 2015]
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Prise en charge des kystes de l'ovaire présumés bénins. Site internet : CNGOF. Paris ; 2013 [consulté le 23 juin 2015]
  • Faculté de Médecine de Marseille – Blanc B, Taranger – Charpin C. Tumeurs de l'ovaire – Masses annexielles. Site internet : Faculté de Médecine de Marseille. Marseille (France) ; 2005 [consulté le 23 juin 2015]
  • Le Médecin du Québec – Croteau M, Bérubé J. Diagnostic et traitement des ovaires polykystiques – Êtes-vous polyvalent ? Site internet : Fédération des Médecins Omnipraticiens du Québec. Westmount (Québec) ; 2011 [consulté le 23 juin 2015]