Kyste ovarien : symptômes, diagnostic et évolution

08 mars 2021
Un kyste de l’ovaire peut rester asymptomatique ou provoquer douleurs du bas du ventre, anomalies des règles, troubles intestinaux ou urinaires. Parfois, il donne lieu à des complications nécessitant une opération chirurgicale urgente ( torsion de l'ovaire, hémorragie dans le kyste, rupture du kyste, compression des organes du petit bassin).

Les symptômes du kyste ovarien

La présence d'un kyste de l'ovaire peut se traduire par divers symptômes :

  • des douleurs pelviennes (dans la partie inférieure du bassin) modérées, d’un seul côté du corps, donnant l’impression d’une pesanteur ;
  • des anomalies des règles et en particulier des métrorragies (saignement génital survenant en dehors des règles) ;
  • une pollakiurie (envies fréquentes d’uriner avec émission de petites quantités d’urine) ou des troubles intestinaux (ex. : constipation) en cas de compression des organes de la région pelvienne par le kyste.

Souvent, le kyste de l’ovaire reste asymptomatique. On découvre sa présence lors d’un examen clinique ou d’une échographie abdomino-pelvienne pour un autre motif.

Parfois, le diagnostic est posé lors de la survenue d'une douleur aiguë et intense de la région pelvienne, signe d'une complication aiguë : torsion d'ovaire, hémorragie ou rupture du kyste...

Peut-on souffrir d’un kyste ovarien pendant une grossesse ?

Oui. Chez les femmes enceintes, des kystes de l’ovaire sont souvent découverts par hasard, par exemple lors d’une échographie :

  • au cours du premier trimestre de grossesse, ils sont le plus souvent fonctionnels et régressent spontanément ;
  • aux deuxième et troisième trimestres, ils sont soit fonctionnels, soit organiques, et font l’objet d’une surveillance échographique.

Le risque de complication demeure rare si le kyste est inférieur à 6 cm de diamètre. Généralement, en cas de kyste organique, un traitement est envisagé après l’accouchement. Toutefois, il est possible dès le deuxième trimestre, si le kyste est volumineux ou s’il risque d’entraîner des complications durant la grossesse ou l’accouchement.

Le diagnostic du kyste ovarien

L'examen médical

Lors de la consultation, le médecin traitant (ou gynécologue) interroge la patiente sur ses symptômes et sur ses éventuels traitements en cours. Il note aussi la date de ses dernières règles.

Ensuite, il l'examine (palpation abdominale, examen gynécologique). Au cours de son examen, le médecin peut décider de réaliser un frottis utérin (prélèvement de cellules sur le col de l’utérus pour les analyser) dans le cadre du dépistage du cancer du col de l’utérus.

Plusieurs examens complémentaires permettent de confirmer le diagnostic de kyste de l'ovaire.

Kyste de l'ovaire : l'échographie abdomino-pelvienne, un examen essentiel

Première échographie abdomino-pelvienne

L'échographie abdomino-pelvienne est réalisée par voie abdominale (la sonde est déplacée sur la paroi de l’abdomen) et, le plus souvent, par voie endovaginale (la sonde est placée dans le vagin).

L’échographie permet :

  • de visualiser et décrire le kyste (localisation, taille, contenu plus ou moins liquide, paroi fine ou épaisse, présence de cloisons internes, etc.),
  • d'analyser les vaisseaux sanguins et la circulation du sang dans le kyste,
  • de mettre en évidence des signes en faveur du caractère bénin ou non du kyste
  • de rechercher l’éventuelle présence de liquide dans le (phénomène nommé ascite),
  • d’observer l’utérus et les deux .

Nécessité, dans certains cas, de faire une seconde échographie abdomino-pelvienne

Par ailleurs, dans certains cas, pour confirmer l’origine fonctionnelle ou organique du kyste, une nouvelle échographie abdomino-pelvienne est programmée trois mois après la première :

  • si le kyste ovarien a disparu spontanément, il était fonctionnel ;
  • s’il persiste, il est considéré comme organique et doit être enlevé.

Un bilan biologique sanguin

Un dosage sanguin de certains marqueurs tumoraux peut être demandé si le kyste a des risques d'être malin :

  • surtout après la ménopause (15 % des kystes après la ménopause présentent des cellules cancéreuses) ;
  • lorsqu’un kyste organique est diagnostiqué entre 10 et 16 ans.

Un dosage hormonal sanguin est parfois nécessaire pour éliminer une grossesse extra-utérine.

Une IRM dans certains cas ou rarement un scanner

Une IRM est réalisée dans des situations particulières : kyste volumineux, suspicion d’endométriose...

Le scanner est utile éventuellement pour la recherche d'une autre maladie.

L’évolution des kystes ovariens

Régression spontanée du kyste fonctionnel

Le kyste ovarien fonctionnel disparait le plus souvent spontanément, contrairement au kyste organique qui nécessite un traitement chirurgical.

Kyste organique : un traitement indispensable

Lorsqu'il est diagnostiqué, le kyste organique de l'ovaire doit être traité car des complications peuvent survenir, provoquant des douleurs pelviennes souvent intenses et demandent un traitement urgent.

La torsion de l’ovaire

Survenant surtout en cas de kyste lourd, la torsion de l'ovaire sur son pédicule vasculaire est une urgence. En effet, l'ovaire, privé de sa vascularisation, souffre.
La torsion se traduit par une douleur brutale et  persistante malgré la prise de médicaments antalgiques. Parfois, elle est précédée, dans les semaines antérieures, d'épisodes de douleurs du bas ventre, spontanément résolutifs. Elle s’accompagne de nausées ou vomissements.

Le diagnostic est posé lors d’une échographie abdomino-pelvienne.

L’hémorragie intra-kystique

Ce type de saignement s’observe souvent dans les kystes fonctionnels. La douleur de la région pelvienne est intense. L’échographie abdomino-pelvienne permet de confirmer sa présence.

La rupture du kyste de l’ovaire

Elle se traduit par une douleur de la région pelvienne intense et brutale, qui diminue ensuite. L’échographie abdomino-pelvienne montre la présence de liquide dans le (membrane de l’abdomen qui enveloppe les organes) ou ascite.

L’abcès ovarien

Rare, il peut être secondaire à une guidée par échographie. Il provoque une fièvre et nécessite un traitement par antibiotiques après l’opération.

  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Diagnostiquer une tumeur de l'ovaire. ECN 2018. Éditions Elsevier Masson. Issy-les-Moulineaux (France)
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Recommandations pour la pratique clinique – Les tumeurs de l'ovaire présumées bénignes. Site internet : CNGOF. Paris ; 2013 [consulté le 8 mars 2021]
  • Bel S, Gaudineau A, Thoma V, Garbin O, Sananes N, Baulon E, et al. Prise en charge des kystes de l'ovaire. EMC, Gynécologie. Paris, Elsevier Masson ; 2016;11,(2): 1-15
  • National Health service. Ovarian cyst. Site internet : NHS. Londres ; 2019 [consulté le 8 mars 2021]