Kyste ovarien : définition, causes et facteurs favorisants

20 septembre 2018
Des kystes, petites grosseurs anormales contenant du liquide, se développent parfois au niveau d’un ovaire. Ils sont soit fonctionnels et transitoires, influencés par les sécrétions hormonales du cycle menstruel, soit organiques. Les kystes de l'ovaire sont le plus souvent bénins.

Qu’est-ce qu’un kyste ovarien ?

Un kyste ovarien est une tuméfaction contenant du liquide. Il se développe sur l'un des deux , situés à l’extrémité des , elles-mêmes reliées à l’utérus.

Le kyste ovarien est le plus souvent bénin, mais sa présence à cet endroit est anormale.

Il est :

  • fonctionnel et régresse spontanément dans 90 % des cas,
  • ou organique et ne régresse pas.

5 à 7 % des femmes développent un kyste ovarien dans leur vie. Cependant, les jeunes filles de 10 à 16 ans peuvent aussi présenter des kystes fonctionnels ou plus rarement organiques.

Appareil génital féminin

Schéma : appareil génital féminin (3)

Les kystes fonctionnels de l’ovaire

Les kystes fonctionnels de l'ovaire sont les plus fréquents (90 % des cas). On en distingue deux types :

  • Le kyste ovarien folliculaire

Il provient de l’évolution inhabituelle d’un follicule (petite poche ovarienne renfermant du liquide, dans lequel se développe un ).

  • Le kyste ovarien lutéal

Il correspond à une augmentation du volume du corps jaune (glande sécrétant des hormones, qui se forme temporairement dans l’ovaire après chaque ).

Les kystes fonctionnels surviennent essentiellement avant la ménopause et dans certains cas :

  • suite à un traitement stimulant l’ovulation, en cas de stérilité (assistance médicale à la procréation). Plusieurs kystes peuvent alors coexister ;
  • dans les premiers mois après la pose d’un stérilet contenant du lévonorgestrel (chez 12 à 30 % des femmes) ;
  • après un traitement par tamoxifène (parfois prescrit après un cancer du sein).

Leur volume peut varier en fonction du cycle menstruel. Ils finissent par régresser d’eux-mêmes en quelques semaines.

Le corps jaune est issu de la transformation du follicule après l’ovulation

Chaque mois, un ovocyte contenu dans un follicule ovarien arrive à maturité. Sous l’action d’une hormone spécifique (follicle-stimulating hormone ou "FSH"), le follicule grossit et parvient à la surface de l’ovaire. Une autre hormone (luteinizing hormone ou "LH") déclenche l'ovulation : la paroi du follicule se rompt et l’ovocyte est expulsé dans la trompe de Fallope, pour y être éventuellement fécondé.
Le follicule se transforme alors en corps jaune, qui sécrète de la pendant la deuxième phase du cycle menstruel.

Les kystes organiques de l’ovaire

Les kystes organiques se développent à partir d’un tissu ovarien. Ils ne changent pas de volume au cours du cycle menstruel et ne disparaissent pas spontanément. Leur origine est inconnue à ce jour.

Il en existe quatre types :

  • Les kystes ovariens séreux
    Ce sont les plus répandus. Ils contiennent uniquement du liquide fluide et leur paroi est fine.
  • Les kystes ovariens mucoïdes ou mucineux
    Composés de plusieurs cavités séparées par des cloisons, ils renferment un liquide plus dense, voire pâteux. Leur paroi est aussi plus épaisse que celle des kystes séreux.
  • Les kystes ovariens dermoïdes
    Leur structure cellulaire est semblable à celle de la peau. Ils peuvent aussi contenir de la graisse et des parties calcifiées (dépôt de calcium).
  • Les kystes ovariens endométriosiques
    Liés à une maladie nommée endométriose, ils présentent une paroi épaisse parcourue de vaisseaux sanguins. Ils sont à la fois remplis de liquide et de sang.

Le plus souvent, les kystes organiques sont bénins. Néanmoins, ils sont enlevés afin d’éviter toute complication (torsion de l’ovaire, hémorragie intra-kystique, etc.)

Ils sont ensuite analysés notamment pour vérifier qu’ils ne comportent aucune cellule cancéreuse.

Une maladie différente : le syndrome des polykystiques

Il s’agit d’un trouble hormonal touchant plus de 5 % des femmes en âge de procréer et causant différents symptômes :

  • kystes ovariens multiples (plus de 12 follicules de 2 à 9 mm de diamètre, sur au moins un ovaire), visibles à l'échographie ;
  • et règles rares ou absentes (), voire infertilité (dans 20 à 74 % des cas) ;
  • pilosité excessive liée à un taux élevé de certains androgènes (hormones mâles).
Sources
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Tuméfaction pelvienne chez la femme – Kyste des ovaires. Site internet : Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2011 [consulté le 20 septembre 2018]
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Recommandations pour la pratique clinique – Les tumeurs de l'ovaire présumées bénignes. Site internet : CNGOF. Paris ; 2013 [consulté le 20 septembre 2018]
  • Bel S, Gaudineau A, Thoma V, Garbin O, Sananes N, Baulon E, et al. Prise en charge des kystes de l'ovaire. EMC, Gynécologie. Paris, Elsevier Masson ; 2016;11,(2): 1-15