Les deux méthodes d’IVG et le suivi

10 août 2017
Il existe deux méthodes d’IVG : la méthode médicamenteuse et la méthode chirurgicale (ou instrumentale). La femme enceinte doit avoir une information détaillée sur ces deux méthodes et choisit, avec son médecin ou une sage-femme, la plus adaptée à sa situation.

IVG : la méthode médicamenteuse

En France, cette méthode consiste à prendre deux médicaments :

  • une antiprogestérone : la mifépristone qui interrompt la grossesse. Ce médicament est pris par voie orale au cours d'une consultation en présence d'un médecin ou d'une sage-femme. Des saignements après la prise de ce médicament sont possibles. Cela ne veut pas dire que l’interruption de grossesse a eu lieu. Il est indispensable de prendre le deuxième médicament ;
  • une prostaglandine prise 36 à 48 heures plus tard : le misoprostol par voie orale à prendre soit lors d'une consultation soit à domicile (prescription par les établissements de santé, par les médecins habilités ou centres de planification ou d'éducation familiale ayant établi une convention avec un établissement de santé) ou le géméprost par voie vaginale (pris en charge à l'hôpital).
    Ce médicament provoque des contractions et l'expulsion de l' . Celle-ci survient généralement dans les 3 à 4 heures suivant la prise de ce second médicament, mais peut parfois se produire dans les 24 à 72 heures.

En cas de groupe sanguin est Rhésus négatif, une injection de gamma-globulines anti-D est effectuée pour éviter des complications dues à l'incompatibilité rhésus lors d’une prochaine grossesse.

 

Du début de la grossesse jusqu’à la fin de la 5e semaine de grossesse (7 semaines après le premier jour des dernières règles), l'IVG médicamenteuse peut être pratiquée :

  • en établissement de santé ;
  • en cabinet de ville par un médecin ou une sage-femme ayant conclu une convention avec un établissement de santé ;
  • en centre de santé ou en centre de planification ayant également conclu une convention avec un établissement de santé.

À partir de la 6e semaine de grossesse et jusqu'à 7 semaines de grossesse (soit 9 semaines après le début des dernières règles), elle est pratiquée uniquement en établissement de santé.

Les avantages :

  • l'IVG médicamenteuse évite la chirurgie et l’anesthésie ;
  • peut être réalisée dès le début de la grossesse ;
  • peut être pratiquée en cabinet de ville.

Les inconvénients :

  • elle peut échouer dans environ 5 % des cas avec alors la nécessité d’avoir recours à un avortement chirurgical si la grossesse n'est toujours pas souhaitée (dans ce cas, la patiente est informée du risque tératogène du misoprostol ;
  • se déroule sur plusieurs jours ;
  • peut causer des saignements importants ;
  • peut entraîner des douleurs, des nausées, des vomissements et des diarrhées.

IVG: la méthode instrumentale

Cette technique est réalisée sous anesthésie locale (seul le col de l'utérus est anesthésié) ou générale selon la situation médicale et le choix de la femme.

Elle consiste, dans un premier temps, à dilater progressivement le col de l’utérus. Pour faciliter cette dilatation, une préparation cervicale médicamenteuse peut être appliquée par voie vaginale avant l’intervention (3 à 48 heures avant selon le médicament utilisé). Une fois le col bien ouvert, le médecin introduit dans l’utérus un petit tube (ou canule) relié à un dispositif permettant d'aspirer le contenu utérin.

Si une anesthésie générale est nécessaire, une consultation pré-anesthésie est obligatoire.

En cas de groupe sanguin est Rhésus négatif, une injection de gamma-globulines anti-D est effectuée pour éviter des complications dues à l'incompatibilité rhésus lors d’une prochaine grossesse.

Un rendez-vous à prendre rapidement

Certains établissements étant très sollicités, il est important de prendre rendez-vous pour une IVG instrumentale le plus tôt possible. Ceci afin de ne pas laisser passer le délai légal d’interruption volontaire de grossesse.

L’IVG instrumentale est possible jusqu’à la fin de la 12e semaine de grossesse (soit au maximum 14 semaines après le début des dernières règles) et a lieu dans un établissement de santé, c’est-à-dire un hôpital ou une clinique autorisés à pratiquer l’avortement. Sous certaines conditions (IVG pratiquée uniquement sous anesthésie locale, locaux adaptés, disponibilité d'un anesthésiste...), elle peut avoir lieu dans un centre de santé de santé autorisé ayant établi une convention de coopération avec un centre hospitalier de proximité.

Elle nécessite des règles d’hygiène strictes. L’intervention en elle-même ne dure qu’une dizaine de minutes mais une surveillance de la patiente doit ensuite être réalisée pendant quelques heures. Dans la plupart des cas, une hospitalisation inférieure ou égale à 12 heures est nécessaire. Les médecins recommandent, par ailleurs, que la femme soit accompagnée lors de sa sortie de l’établissement.

Les avantages :

  • elle échoue rarement ;
  • se déroule en une fois ;
  • peut être réalisée jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée.

Les inconvénients :

  • elle nécessite une anesthésie, locale ou générale, et une brève hospitalisation.
  • est faite par une technique "chirurgicale" ;
  • peut entraîner des complications (infection, dommage à l’utérus) cependant rares.

L’importance du suivi après une IVG

Une consultation de contrôle doit absolument être réalisée après l’IVG afin de s’assurer que la grossesse est bien interrompue et qu’aucune complication n’est apparue. Cette consultation intervient généralement 14 à 21 jours après l’intervention (qu’elle ait été médicamenteuse ou instrumentale).

Cependant, il se peut que dès les premiers jours suivant l’IVG, certains symptômes (fièvre, douleurs, saignements…) apparaissent. Il est alors important de consulter un médecin sans tarder.

Selon le résultat de l’examen gynécologique, des examens complémentaires peuvent être demandés par le médecin.

À l’occasion de ce rendez-vous, le médecin informe une nouvelle fois la patiente, sur la contraception. Il peut, si elle le souhaite, lui en prescrire une adaptée à son cas.

Si nécessaire, le médecin peut, par ailleurs, proposer à la patiente un entretien psycho-social.

Sources
  • Ministère des Solidarités et de la Santé. Toute l’information sur l’interruption volontaire de grossesse. Site internet : IVG.gouv.fr. Paris ; 2017 [consulté le 4 août 2017]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Interruption médicamenteuse de grossesse. Les protocoles à respecter. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 4 août 2017]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Cahier des charges pour la réalisation des interruptions volontaires de grossesse par méthode instrumentale hors établissement de santé. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2016 [consulté le 4 août 2017]
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). L’interruption volontaire de grossesse. Site internet : CNGOF. Paris ; 2011 [consulté le 4 août 2017]