Les deux méthodes d’IVG et le suivi

04 mai 2017
Il existe deux méthodes d’IVG : la méthode médicamenteuse et la méthode chirurgicale (ou instrumentale). La femme enceinte doit avoir une information détaillée sur ces deux méthodes et choisit, avec son médecin ou une sage-femme, la plus adaptée à sa situation.

La méthode médicamenteuse

En France, cette méthode consiste à prendre deux médicaments. Ils sont pris au cours de deux consultations en présence d’un médecin ou d'une sage-femme. Ces médicaments pris par voie orale sont :

  • la mifépristone (anti- ) qui interrompt la grossesse en une prise ;
  • le misoprostol (médicament de type prostaglandine), pris 36 à 48 heures plus tard, qui provoque des contractions et l'expulsion de l' . Celle-ci survient généralement dans les 3 à 4 heures suivant la prise de ce second médicament, mais peut parfois se produire dans les 24 à 72 heures.

Lors de la seconde consultation, un moyen de contraception adapté est prescrit. Une consultation de contrôle est nécessaire entre le 14e et le 21e jour après la prise de mifépristone.

Cette technique peut être utilisée jusqu’à neuf semaines d’aménorrhée (soit jusqu’à 63 jours après le premier jour des dernières règles) ou sept semaines de grossesse.

Des saignements possibles suite à la prise de mifépristone

Après la prise du premier médicament, la patiente peut présenter des saignements. Cela ne veut pas dire que l’interruption de grossesse a eu lieu. Il est indispensable qu’elle prenne le deuxième médicament 36 à 48 heures après.

Du début de la grossesse jusqu’à la fin de la 5e semaine de grossesse (7 semaines après le premier jour des dernières règles) elle peut être pratiquée :

  • en établissement de santé ;
  • en cabinet de ville par un médecin ou une sage-femme ayant conclu une convention avec un établissement de santé ;
  • en centre de santé ou en centre de planification ayant également conclu une convention avec un établissement de santé.

À partir de la 6e semaine de grossesse et jusqu'à 7 semaines de grossesse (soit 9 semaines après le début des dernières règles), elle est pratiquée uniquement en établissement.

Les avantages :

  • elle évite la chirurgie et l’anesthésie ;
  • peut être réalisée dès le début de la grossesse ;
  • peut être pratiquée en cabinet de ville.

Les inconvénients :

  • elle peut échouer dans environ 5 % des cas avec alors la nécessité d’un geste instrumental ;
  • se déroule sur plusieurs jours ;
  • peut causer des saignements importants ;
  • peut entraîner des douleurs, des nausées, des vomissements et des diarrhées.

La méthode chirurgicale ou instrumentale

Cette technique est réalisée sous anesthésie locale ou générale selon les possibilités médicales et le choix de la femme. Elle consiste, dans un premier temps, à dilater progressivement le col de l’utérus. Pour faciliter cette dilatation, une prise médicamenteuse peut précéder l’intervention. Une fois le col bien ouvert, le médecin introduit dans l’utérus un petit tube pour aspirer l’embryon.

Cette technique peut être utilisée jusqu’à la quatorzième semaine d’aménorrhée (ou douze semaines de grossesse).

Un rendez-vous à prendre rapidement en établissement de santé

Certains établissements étant très sollicités, il est important de prendre rendez-vous pour une IVG chirurgicale le plus tôt possible. Ceci afin de ne pas laisser passer le délai légal d’interruption volontaire de grossesse.

Cette intervention est exclusivement pratiquée en établissement de santé. Elle nécessite des règles d’hygiène strictes et doit se dérouler dans un bloc opératoire.

L’intervention en elle-même ne dure qu’une dizaine de minutes mais une surveillance post-opératoire doit ensuite être réalisée pendant quelques heures. Dans la plupart des cas, une hospitalisation inférieure ou égale à 12 heures est nécessaire. Les médecins recommandent, par ailleurs, que la femme soit accompagnée lors de sa sortie de l’établissement.

Les avantages :

  • elle échoue rarement ;
  • se déroule en une fois ;
  • peut être réalisée jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée.

Les inconvénients :

  • elle nécessite une anesthésie, locale ou générale, et une brève hospitalisation.
  • est faite par une technique chirurgicale ;
  • peut entraîner des complications (infection, dommage à l’utérus) cependant rares.

L’importance du suivi après une IVG

Une consultation de contrôle doit absolument être réalisée après l’IVG afin de s’assurer que la grossesse est bien interrompue et qu’aucune complication n’est apparue. Cette visite intervient généralement 14 à 21 jours après l’intervention (qu’elle ait été médicamenteuse ou chirurgicale).

Cependant, il se peut que dès les premiers jours suivant l’IVG, certains symptômes (fièvre, douleurs, saignements…) apparaissent. Il est alors important de consulter un médecin sans tarder.

Selon le résultat de l’examen gynécologique, des examens complémentaires peuvent être demandés par le médecin.

À l’occasion de ce rendez-vous, le médecin informe une nouvelle fois la patiente, sur la contraception. Il peut, si elle le souhaite, lui en prescrire une adaptée à son cas.

Si nécessaire, le médecin peut, par ailleurs, proposer à la patiente un soutien psychologique.

Sources
  • Ministère des affaires sociales et de la santé. Toute l’information sur l’interruption volontaire de grossesse. Site internet : IVG.gouv.fr. Paris ; 2016 [consulté le 30 juin 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Prise en charge de l'interruption volontaire de grossesse jusqu'à 14 semaines. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2010 [consulté le 20 juin 2014]
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). L’interruption volontaire de grossesse. Fiche information des patientes. Site internet : CNGOF. Paris ; 2009 [consulté le 20 juin 2014]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Interruption volontaire de grossesse par méthode médicamenteuse. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2010 [consulté le 20 juin 2014]