Intolérance au lactose : les bons réflexes et la consultation médicale

16 mars 2017
En cas de suspicion d’intolérance au lactose, le réflexe est d’écarter temporairement le lactose de l’alimentation, tout en veillant à conserver des apports en calcium. Votre médecin pourra compléter le diagnostic par un test, et vous conseiller afin de vous aider à assurer un apport en calcium.

Que faire en cas de doute ?

Le plus souvent, la personne concernée soupçonne d’elle-même qu’elle digère mal le lait. Elle peut tenter d’éviter les aliments sources de lactose pendant deux semaines :

  • lait et produits laitiers ;
  • toutes denrées alimentaires à base de lait ou de produits laitiers contenant du lactose ;
  • potages contenant du lait ou de la crème ;
  • viandes et produits de la pêche panés ou servis en crème ;
  • charcuteries et autres produits transformés avec additifs contenant du lactose ;
  • omelette et soufflé contenant du lait ;
  • boissons lactées, crème glacée, déjeuner lacté instantané ;
  • pain fait avec du lait, crêpes, gaufres ;
  • confiseries contenant du lait ou de la matière sèche du lait (ex : caramel), etc.

Si les symptômes régressent, une intolérance au lactose est probable.

Si l'intolérance au lactose est secondaire à une maladie transitoire comme une gastroentérite, l'éviction du lactose est temporaire et vous pourrez, après guérison des lésions de la de l'intestin grêle, reprendre une alimentation normale.

En l'absence de maladie pouvant expliquer une intolérance au lactose passagère, réintroduisez progressivement le lactose dans votre alimentation jusqu'à atteindre votre seuil de tolérance.

Veillez à compenser les apports en calcium. Celui-ci joue en effet un rôle important dans la prévention de l’ostéoporose.

Qui et quand consulter en cas de doute ?

Si les symptômes persistent au bout de deux semaines de réduction de la consommation de lactose, ou systématiquement si vous suspectez une intolérance au lactose chez votre enfant, consultez votre médecin traitant.

Afin de confirmer une intolérance au lactose, celui-ci demande un test biologique.

Il s’agit en général d'un test visant à mesurer la concentration d'hydrogène dans l'air expiré (test H2). Ce test repose sur le fait que la seule source d'hydrogène produite par un individu provient de la fermentation par les bactéries du colon. Après passage dans le sang, environ 15 % de la quantité d'hydrogène produite dans le colon est expirée par les poumons.

Déroulement du test respiratoire à l'hydrogène

Le test dure environ 4 heures.

Après avoir absorbé un liquide contenant 25 g de lactose, la personne expire dans un embout toutes les 30 minutes. La quantité d’hydrogène produit par le gros intestin et présent dans les échantillons d’haleine expirés sont analysés. Une concentration anormalement élevée d'hydrogène indique que l'organisme n'a pas absorbé le lactose et que ce dernier a fermenté dans la produisant ainsi de l’hydrogène.

Sources
  • Société Suisse de nutrition (SGE/SSN). Alimentation et intolérance au lactose. Site internet : SGE/SSN. Berne (Suisse) ; 2013 [consulté le 27 septembre 2016]
  • North American Society for Pediatric Gastroenterology, Hepatology and Nutrition (NASPGHAN) L'intolérance au lactose chez les enfants. Site internet : NASPGHAN. Flourtown (EUA) ; 2007 [consulté le 27 septembre 2016]
  • Dainese-Plichon R., Schneider S., Piche T, Hébuterne X. Malabsorption et intolérance au lactose chez l'adulte. Nutrition clinique et métabolisme. 2014;28(1):46-51
  • Wilt TJ, Shaukat A, Shamliyan T, Taylor BC, MacDonald R, Tacklind J, Rutks I, Schwarzenberg SJ, Kane RL, Levitt M. Lactose intolerance and health. Evid Rep Technol Assess (Full Rep). 2010 Feb;(192):1-410.
  • Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Le calcium. Site internet : Anses. Maisons-Alfort (France) ; 2016 [consulté le 26 septembre 2016]
  • Montalto M, Curigliano V, Santoro L, Vastola M, Cammarota G, Manna R, Gasbarrini A, Gasbarrini G. Management and treatment of lactose malabsorption. World J Gastroenterol. 2006 Jan 14;12(2):187-91.