Les symptômes, le diagnostic et l'évolution de l'intolérance au gluten

30 mars 2017
L'intolérance au gluten entraîne des symptômes digestifs. Souvent, elle reste asymptomatique ou n’est responsable que de troubles mineurs. Le diagnostic repose sur des analyses. Un régime sans gluten fait disparaître les symptômes. Sans mesures alimentaires, des complications restent possibles.

Les symptômes de la maladie cœliaque

La majorité des personnes intolérantes au gluten restent très longtemps voire toute leur vie sans symptômes.

Lorsque des signes se déclarent, ils peuvent varier selon la période où ils apparaissent.

Les premiers symptômes surviennent quelques semaines après l’introduction du gluten dans l’alimentation. Ce changement déclenche une diarrhée qui devient chronique (durant plus de 15 jours), avec des selles abondantes. Le bébé manque d’appétit et change de comportement, devenant moins actif. Son poids peut stagner puis diminuer, et sa croissance en taille est parfois perturbée.

Les symptômes de la maladie cœliaque chez l’enfant peuvent se révéler très divers. On distingue deux sortes de manifestations.

Les perturbations digestives

Il s’agit par exemple d’une diarrhée chronique ou intermittente, de nausées et vomissements, et/ou d’un manque d’appétit. Parfois, l’enfant souffre aussi de douleurs abdominales récidivantes ou d’un météorisme (augmentation du volume abdominal, due à une accumulation de gaz intestinaux).

Les symptômes non digestifs

On peut observer :

  • une perte de poids et/ou un retard de croissance (petite taille par rapport à l’âge) ;
  • une fatigue chronique ou une irritabilité ;
  • une anémie par carence en fer ;
  • un retard dans le déclenchement de la puberté ;
  • une aménorrhée ;
  • des aphtes récidivants ;
  • une dermatite herpétiforme (manifestation cutanée de la réaction au gluten, causant des démangeaisons et des poussées de cloques groupées en bouquets).

Pour en savoir plus sur l'intolérance au gluten de l'enfant, consulter le site mpedia.

Là encore, deux types de signes sont possibles.

Les manifestations digestives

La diarrhée chronique est le symptôme le plus courant, mais une constipation survient parfois. Dans certains cas, la personne atteinte souffre de douleurs abdominales ou d’un ballonnement (sensation de tension dans l’abdomen), associé à des flatulences (émission de gaz intestinaux). Le patient peut aussi perdre du poids.

Les symptômes non digestifs

Il en existe de nombreux, à savoir :

Les symptômes de la maladie cœliaque sont très variables d’un individu à l’autre

Certains enfants ou adultes atteints développent d’emblée des signes facilement identifiables. D'autres personnes (âgées notamment) présentent des manifestations moins typiques. Enfin, pour une dernière catégorie de patients, ce sont les complications de l’intolérance au gluten qui permettent de diagnostiquer celle-ci.

Le diagnostic de l’intolérance au gluten

Votre médecin traitant peut suspecter une intolérance au gluten :

  • en cas de symptômes évocateurs et inexpliqués par une autre affection ;
  • si une ou des personne(s) de votre famille proche sont touchée(s).

Votre médecin vous adresse alors à un gastro-entérologue pour un bilan complémentaire, qui se déroule en plusieurs étapes :

  • Une prise de sang permet de rechercher des anticorps transglutaminase tissulaire, de classes IgA et IgG et des anticorps anti-endomysium de classe IgA (les plus spécifiques de la maladie). S’ils sont absents, l’intolérance au gluten est peu probable. À l’inverse, la présence de ces anticorps renforce l’hypothèse d’une maladie cœliaque.
  • Pour mettre en évidence une prédisposition génétique, le médecin demande un typage génétique HLA de la personne : examen mettant en évidence les gènes HLA DQ2 et HLA DQ8, souvent présents dans l’intolérance au gluten.
  • Le diagnostic est confirmé grâce à des biopsies de l’intestin grêle (effectuées avant toute mise au régime sans gluten). Cet examen consiste à prélever quatre à six fragments de tissu, sur la partie de l’intestin grêle la plus proche de l’estomac (le duodénum). Il est réalisé au cours d’une digestive haute (par la bouche) sans anesthésie générale chez l'adulte ou sous anesthésie générale chez l’enfant. L’analyse des prélèvements permet de déceler d’éventuelles lésions sur la paroi interne de l’intestin grêle.
    Toutefois, lorsque les symptômes de la maladie sont présents, que les anticorps spécifiques sont élevés et que le groupe HLA est typique, il est possible que les biopsies intestinales ne soient pas demandées.

Une fois le diagnostic posé, un bilan complémentaire est nécessaire :

L’évolution de l’intolérance au gluten

L’adoption d’un régime alimentaire sans gluten permet :

  • la disparition des symptômes en quelques semaines et des anticorps au bout d’un an ;
  • la guérison des tissus intestinaux endommagés (à plus ou moins long terme) ;
  • la réduction des risques de complications ;
  • chez le petit enfant, la fin de la diarrhée, la normalisation du comportement et le rattrapage des courbes de croissance.

En l’absence de régime adapté, et après une longue évolution, la maladie cœliaque expose à des risques élevés de :

Sources
  • World Gastroenterology Organisation (WGO). Pratice Guidelines : Maladie cœliaque. Site internet : worldgastroenterology.org. Milwaukee (États-Unis) ; 2008 [consulté le 27 juillet 2016]
  • Société suisse de Gastroentérologie, Hépatologie et Nutrition pédiatriques (SSGHNP). Mise à jour des recommandations pour le diagnostic de la maladie cœliaque (ESPGHAN 2012). Site internet : swiss-paediatrics.org. Lausanne (Suisse) ; 2013 [consulté le 27 juillet 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Recherche d’autoanticorps : diagnostic de la maladie cœliaque et suivi de l’observance du régime sans gluten. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 27 juillet 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Bon usage des technologies de santé – Quelles recherches d'anticorps prescrire dans la maladie cœliaque ? Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 27 juillet 2016]
  • Malamut G, Cellier C. Maladie cœliaque. EMC - Gastro-entérologie 2015;10(3):1-7 [Article 9-053-A-20]