Le traitement de l'insomnie

20 août 2021
Le traitement de l’insomnie passe avant tout par l’observance de quelques règles d’hygiène de vie et le traitement de sa cause. En cas d’échec, le médecin peut prescrire un médicament adapté au type d’insomnie, à la dose minimale et sur une courte période. Une psychothérapie est souvent utile en cas d'insomnie chronique.

Insomnies : améliorer son hygiène de vie

Pour lutter contre les insomnies et retrouver un sommeil de qualité, il est important :

  • retrouver le signal déclencheur du sommeil,
  • de favoriser les bonnes habitudes permettant un bon sommeil,
  • d’apprendre à mieux supporter l’insomnie.

Avant de prendre des médicaments qui favorisent le sommeil, il est indispensable d'améliorer son hygiène de vie au quotidien et de traiter la cause de l'insomnie.

Ce n'est qu'en cas d'échec de ces mesures qu'un traitement médicamenteux de l'insomnie est proposé.

Insomnie : le traitement de la cause

Si une cause identifiée ou une maladie associée provoque ou aggrave l'insomnie, un traitement approprié est prescrit, par exemple en cas :

  • de rythmes d'activité incompatibles avec un sommeil de qualité ;
  • d'environnement défavorable au sommeil ;
  • de troubles mentaux, de dépression ou de troubles anxieux ;
  • de maladies responsables de douleurs ;
  • d'hyperthyroïdie ;
  • d'un syndrome obstructif d'apnée du sommeil ;
  • d'usage de substances qui perturbent le sommeil...

Les médicaments contre l'insomnie

Insomnie passagère : les conseils de votre pharmacien

Votre pharmacien peut vous conseiller un sédatif léger (phytothérapie à base de valériane, aubépine, passiflore, etc.)

Les médicaments hypnotiques (somnifères) pour les insomnies de courte durée

S'il le juge utile, votre médecin traitant peut vous prescrire un hypnotique (somnifère), choisi selon le profil de votre insomnie, votre âge, votre état de santé et votre mode de vie.

Un traitement par hypnotique doit être de courte durée (moins de quatre semaines) et doit toujours être commencé à la plus faible dose possible. Son efficacité doit être réévaluée et ce traitement doit être arrêté dès que possible pour éviter une dépendance. Les hypnotiques peuvent être un facteur d'entretien de l'insomnie en raison du rebond d'insomnie qu'ils induisent à l'arrêt.

Il existe de nombreux types d’hypnotiques, et il est important de savoir que votre médecin vous a prescrit celui qui correspond spécifiquement à votre insomnie. Ces médicaments ne sont jamais interchangeables entre eux, ni entre personnes.

Un seul médicament sédatif et sur une courte période

Le cumul de plusieurs médicaments à effet sédatif est à éviter absolument car il n’apporte pas d’effet supplémentaire mais multiplie les effets indésirables parfois graves.

Il faut être très attentif aux effets secondaires (somnolence dans la journée, baisse de la vigilance, troubles de la mémoire, troubles du comportement, apparition d'une dépendance, etc.) que peuvent provoquer ces médicaments et en parler à votre médecin ou votre pharmacien.

De même il est important de respecter toutes les précautions qui vont avec l’utilisation de ces médicaments, et notamment les restrictions liées à la conduite de véhicules.

Les somnifères chez les personnes âgées : prudence

Chez les personnes âgées, les benzodiazépines et médicaments apparentés (Alprazolam, Oxazépam, Zolpidem, Bromazépam, Lorazépam, Zopiclone, Prazépam, Diazépam...) sont habituellement prescrits pour leur effet hypnotique, comme somnifères, ainsi que pour leur effet anxiolytique dans le but est de soulager l'anxiété et les troubles du sommeil.

Les benzodiazépines ne sont efficaces sur les troubles du sommeil que sur de courtes durées. Il est ainsi recommandé de ne pas dépasser 4 semaines de traitement pour les troubles du sommeil et 12 semaines pour les symptômes anxieux.

Chez les personnes âgées, le traitement de l'insomnie par des hypnotiques :

  • est responsable de troubles de la vigilance en cause dans les accidents de la voie publique,
  • augmente le risque de chute responsable de fracture du col du fémur et autres traumatismes,
  • diminue les capacités cognitives (capacité à raisonner, se souvenir, résoudre des problèmes...),
  • génère des troubles de la mémoire,
  • provoque des fausses routes,
  • est source de perte d'autonomie.

Les benzodiazépines peuvent engendrer rapidement une dépendance physique et psychique. Les personnes qui en sont dépendantes consomment des benzodiazépines au long cours bien que seuls leurs effets indésirables persistent et que leur efficacité sur les troubles du sommeil diminue, voire disparaisse.

Si vous prenez des somnifères ou des benzodiazépines depuis longtemps, il est possible d'arrêter progressivement (souvent sur quatre à dix semaines), de traiter la cause de l'insomnie (comme la dépression) et de privilégier une approche non médicamenteuse, en vous faisant aider par votre médecin traitant.

Consulter l'article : « Somnifères, anxiolytiques : attention aux effets secondaires des benzodiazépines » sur le Portail national d'information pour les personnes âgées et leurs proches 

Somnifères et conduite automobile : danger

Ces médicaments ont des effets sur votre aptitude à la conduite automobile. Si vous suivez un traitement, repérez si votre boîte de médicaments porte l’un des pictogrammes suivants :

Infographie représentant les trois niveaux de risque de la prise de médicament sur la conduite (cf. description détaillée ci-après)

Il existe trois niveaux de risque, concernant la prise de médicament avant la conduite :

  1. Le niveau 1 est accompagné du conseil : « Soyez prudent ». Il est interdit de conduire sans avoir lu la notice de ce médicament.
  2. Le niveau 2 est accompagné du conseil : « Soyez très prudent ». Il est interdit de conduire sans avoir demander l’avis d’un professionnel de santé.
  3. Le niveau 3 est accompagné du conseil : « Attention, danger : ne pas conduire ». Pour reprendre la conduite après avoir pris ce type de médicament, il est obligatoire de demander l’avis d’un médecin.

Pour mieux vous informer, consultez aussi la notice du médicament, et plus particulièrement trois rubriques :

  • "Conducteurs et utilisateurs de machines" ;
  • "Mises en garde et précautions d’emploi" ;
  • "Effets indésirables".

Dans tous les cas, n’arrêtez pas le traitement sans en avoir parlé à votre médecin.

La mélatonine dans le traitement de courte durée de l'insomnie

La mélatonine, hormone secrétée principalement par le cerveau, a pour fonction principale d'informer l'organisme de l'alternance jour-nuit (rythme veille-sommeil), permettant de favoriser l'endormissement.

Un médicament à base de mélatonine est autorisé : le Circadin®. Ce produit n’est indiqué que chez l’adulte de plus de 55 ans, en monothérapie, pour le traitement de courte durée de l’insomnie primaire caractérisée par un sommeil de mauvaise qualité.

La mélatonine peut également être présente dans des préparations médicamenteuses faites par le pharmacien et, à moindre dose, dans des compléments alimentaires.

De 2009 à mai 2017, l'Agence française de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) a recueilli 90 effets indésirables liés à la consommation de compléments alimentaires contenant de la mélatonine.
L'Agence française de sécurité du médicament (ANSM) a recueilli plus de 200 effets indésirables liés à la prise de mélatonine entre 1985 et 2016.

Les effets indésirables rapportés étaient surtout :

Les risques d'interaction de la mélatonine avec de nombreux médicaments existent, avec risque de diminution de leur activité ou augmentation des effets indésirables.

La consommation de mélanine dans les compléments alimentaires doit être évitée chez les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants, les personnes souffrant de maladies auto-immunes, épileptiques, asthmatiques, ayant des troubles psychologiques.

Il est conseillé de demander l'avis de son médecin avant de prendre des compléments alimentaires contenant de la mélatonine, surtout si un traitement autre est en cours.

La psychothérapie en cas d'insomnie chronique

La majorité des insomnies chroniques est liée à l'influence de la pensée sur les comportements. C'est pourquoi il peut être utile de réfléchir aux raisons de son insomnie.

Plusieurs techniques de peuvent être proposées en fonction de la situation, en particulier la .

La associe :

  • une composante éducative : quelle hygiène de vie pour un meilleur sommeil ?
  • une approche comportementale : comment organiser le temps passé à dormir au lit ?
  • une approche cognitive : comment la personne insomniaque interprète-t-elle ses troubles du sommeil et leurs conséquences ?
  • l'enseignement de techniques de relaxation, si besoin.

  • Royant-Parola S. Le rôle des synchroniseurs veille-sommeil ou comment améliorer les troubles du sommeil du sujet âgé. Site internet : Haute Autorité de santé. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 11 mars 2021]
  • Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV). L'insomnie. Site internet : Insv. Paris ; 2020 [consulté le 11 mars 2021]
  • Réseau Morphée. Insomnie. Site internet : Réseau Morphée. Garches (France) ; 2016 [consulté le 11 mars 2021]
  • Portail national d'information pour les personnes âgées et leurs proches. Somnifères, anxiolytiques : attention aux effets secondaires des benzodiazépines. Site internet : Pour les personnes âgées. gouv. Paris ; 2021 [consulté le 24 mars 2021]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Plainte du sommeil - Insomnie. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2013 [consulté le 11 mars 2021]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Prise en charge du patient adulte se plaignant d'insomnie en médecine générale. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2006 [consulté le 11 mars 2021]
  • Collège des enseignants de neurologie. Troubles du sommeil de l'enfant et de l'adulte. ECN 2018. 4ème édition Elsevier Masson. Issy-les-Moulineaux (France)
  • Haute Autorité de santé (HAS). Quelle place pour les benzodiazépines dans l'insomnie ? Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2017 [consulté le 11 mars 2021]
  • Haute Autorité de santé (HAS).Troubles du sommeil : stop à la prescription systématique de somnifères chez les personnes âgées. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 11 mars 2021]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. L’ANSM rappelle le cadre réglementaire concernant la réalisation de préparations à base de mélatonine - Point d'Information du 25 avril 2018. Site : ANSM. Saint-Denis la Plaine (France) ; 2018 [consulté le 11 mars 2021]
  • Agence nationale de sécurité alimentation, environnement, travail. Avis relatif aux risques liés à la consommation de compléments alimentaires contenant de la mélatonine du 23 février 2018. Site internet : ANSES. Maisons-Alfort (France) ; 2018 [consulté le 11 mars 2021]