Insomnie : diagnostic et évolution chez l'adulte

11 mars 2021
Le diagnostic d’insomnie est fait sur l’interrogatoire du patient. Dans certains cas, l’avis d’un spécialiste du sommeil est nécessaire ainsi que des examens analysant le sommeil.

Mauvais sommeil : quand consulter un médecin ?

Il est possible de mal dormir pendant un temps, sans conséquence grave.

Si vous avez adopté une bonne hygiène de sommeil mais que le problème persiste, parlez-en à votre médecin traitant.

Il est particulièrement important de consulter quand les perturbations du sommeil ont un impact sur la journée :

Le réseau Morphée vous propose un test qui vous permet de mieux connaître votre sommeil. Tendez-vous sur la page Testez votre sommeil du site reseau-morphee.fr !

Le diagnostic de l'insomnie

Le médecin traitant établit le diagnostic en interrogeant son patient :

  • il analyse la nature de sa plainte : difficulté d’endormissement, réveils nocturnes, réveil précoce ;
  • il lui demande la date de début de l’insomnie et sa fréquence ;
  • il vérifie la répercussion de l’insomnie sur ses activités de la journée ;
  • il l'interroge sur les facteurs environnementaux : rythme de vie et de travail, habitude relative au sommeil ;
  • il recherche la prise d’excitants, de troubles psychiques (troubles anxieux, dépression) ;
  • il recherche d'autres troubles du sommeil :

Le médecin traitant examine ensuite le patient pour éliminer une maladie sous-jacente.

Il peut lui demander de tenir pendant trois ou quatre semaines un Agenda de vigilance et de sommeil (PDF), disponible sur le site reseau-morphee.fr, sur lequel doivent être notées les heures de coucher et de lever, le nombre de réveils, ainsi que la perception de chaque nuit (bonne ou peu réparatrice, etc.)

Que dire à son médecin pour l’aider à identifier la nature de l’insomnie ?

Pour aider le médecin à identifier la nature d’un trouble du sommeil, il faut lui préciser :

  • depuis combien de temps cela dure ;
  • le type de troubles du sommeil (difficultés d'endormissement, réveils nocturnes et précoces) ;
  • combien de fois cela se produit par semaine ;
  • si c'est en rapport avec un événement particulier (familial, professionnel) ;
  • s'il y a des répercussions (fatigue au réveil, endormissements durant la journée) ;
  • ce qui a été tenté pour enrayer le problème (relaxation, arrêt du café, etc.)

Le médecin traitant peut choisir d'adresser la personne à un médecin neurologue ou à un centre du sommeil :

Un enregistrement du sommeil (polysomnographie) peut être demandé. C'est un enregistrement du sommeil réalisé soit sur une nuit, soit sur une nuit et une journée. Il peut se faire à domicile ou durant une hospitalisation nocturne.

Cet examen permet d'obtenir un enregistrement de plusieurs paramètres, obtenu à l'aide d'électrodes placées au niveau du crâne et de différentes parties du corps.  Il étudie :

  • l'activité cérébrale (par électro-encéphalogramme),
  • l’activité musculaire (électromyogramme),
  • les mouvements oculaires (électro-oculogramme).

Simultanément, les rythmes cardiaque et respiratoire, ainsi que les mouvements des jambes, sont enregistrés afin de caractériser certains troubles ou certaines maladies nocturnes.

Ces données vont permettre de suivre et d'identifier les différentes phases du sommeil et sa qualité : microréveils, sommeil perturbé et fragmenté, présence de pauses respiratoires, mouvements périodiques des membres inférieurs...

D'autres examens peuvent également être pratiqués, comme un enregistrement global des mouvements ou actimétrie. L'actimétrie, qui enregistre les mouvements corporels grâce à un actimètre (petit appareil de la taille d'une montre) porté au poignet non dominant, permet de caractériser les alternances veille-sommeil au cours de la journée. Cet enregistrement, effectué sur plusieurs jours, n'est pas remboursé par l'Assurance Maladie.

L'évolution de l'insomnie

Rencontrer des troubles du sommeil de façon régulière peut avoir des répercussions au quotidien :

  • difficulté de concentration et manque d'attention (baisse des performances) ;
  • fatigue et somnolence durant la journée ;
  • troubles de l'humeur, irritabilité ;
  • troubles de la mémoire ;
  • risque accru d'accidents du travail ou de la circulation.

À long terme, le manque répété de sommeil peut avoir des conséquences sur la santé :

  • difficultés d'apprentissage, baisse de la motivation et de l'efficacité ;
  • risque de dépression ;
  • diminution des défenses immunitaires contre les infections ;
  • risque augmenté d'obésité et de diabète.

  • Royant-Parola S. Le rôle des synchroniseurs veille-sommeil ou comment améliorer les troubles du sommeil du sujet âgé. Site internet : Haute Autorité de santé. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 11 mars 2021]
  • Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV). L'insomnie. Site internet : Insv. Paris ; 2020 [consulté le 11 mars 2021]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Plainte du sommeil - Insomnie. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2013 [consulté le 11 mars 2021]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Prise en charge du patient adulte se plaignant d'insomnie en médecine générale. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2006 [consulté le 11 mars 2021]
  • Collège des enseignants de neurologie. Troubles du sommeil de l'enfant et de l'adulte. ECN 2018. 4ème édition Elsevier Masson. Issy-les-Moulineaux (France)