L'insomnie : définition, facteurs favorisants

15 octobre 2018
L’insomnie est un manque ou une mauvaise qualité de sommeil qui retentit le lendemain sur les activités diurnes physiques, psychiques et sociales. Les principales causes de l’insomnie sont le stress, l’anxiété et la dépression.

Qu'est-ce que l'insomnie ?

L'insomnie se définit comme le sentiment d'avoir mal dormi en raison :

  • de difficultés d'endormissement ;
  • et/ou d'un ou de plusieurs réveils nocturnes ;
  • et/ou d'un réveil trop précoce le matin.

Ces troubles nocturnes :

  • donnent l'impression d'avoir un sommeil non récupérateur et non reposant,
  • retentissent sur la qualité de la journée qui suit : fatigue, nervosité, difficultés de concentration...

L'insomnie peut être ponctuelle et occasionnelle, survenant à la suite d'un évènement perturbant ou quelquefois plus durable. On parle d'insomnie chronique lorsque les troubles se produisent plus de trois fois par semaine, depuis plus de trois mois.

Insomnie chronique : quelques chiffres

Selon le Baromètre santé 2010 réalisé par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé, l’insomnie chronique affecte 15,8 % des 15-85 ans :

  • 19,3 % des femmes,
  • 11,9 % des hommes.

Quel que soit l’âge, les femmes sont plus souvent insomniaques que les hommes.

Le sommeil, comment ça marche ?

Nous passons environ un tiers de notre vie à dormir. Le sommeil est indispensable à l'organisme. Bien dormir a des conséquences importantes sur la santé au quotidien.

En effet, le sommeil :

  • est indispensable au développement cérébral de l'enfant ;
  • régule la production de plusieurs hormones : hormone de croissance chez l'enfant, mais aussi cortisol, , hormones de l’appétit. Les privations chroniques de sommeil pourraient expliquer en partie l’augmentation de l’obésité. Les sujets qui ne dorment pas assez grignotent davantage et ont plus faim ;
  • consolide les informations mémorisées pendant l’éveil et favorise l’apprentissage récent. Une personne qui s’endort sur une tâche tout juste apprise, améliore sa mémorisation de 30 % ;
  • est associé à une meilleure réponse immunitaire avec des conséquences probables sur la susceptibilité aux infections.

Comme le sommeil de l’enfant, le sommeil de l'adulte est organisé en cycles. Il commence par une phase d’endormissement puis des cycles de sommeil se succèdent. Sa durée est variable d'un individu à l'autre.

Il existe deux types de sommeil : le sommeil lent et le sommeil paradoxal.

Durant la phase de sommeil lent (d'abord léger, puis profond), la personne va s'endormir de plus en plus profondément. Toutes les fonctions du corps ralentissent (cœur, respiration, activité cérébrale...)

Ensuite, survient une phase de sommeil dit "paradoxal". Bien que la personne soit toujours profondément endormie, l'activité du cerveau augmente : c'est la phase des rêves.

Une fois ces deux phases accomplies, on dit qu'un cycle de sommeil a été réalisé. Un cycle dure environ une heure et demie. Une nuit de sommeil est composée de trois à cinq cycles environ, selon les personnes et leur âge.

En moyenne, un adulte dort entre sept et huit heures par nuit. Toutefois, il y a des petits et des gros dormeurs : chacun a son propre rythme de sommeil, avec ses horaires et ses habitudes. Les besoins en sommeil varient donc d'une personne à l'autre. Ces différences viennent des gènes mais peuvent se modifier avec l'âge.

La durée idéale d'une nuit de sommeil est celle qui donne le sentiment d'être en forme et efficace dès le lendemain matin.

Le rythme et les habitudes de sommeil doivent s'adapter aux diverses obligations (familiales, professionnelles). Il peut être utile de savoir si l'on dort suffisamment par rapport à nos besoins en les évaluant, par exemple, à l'occasion d'une période de vacances.

Avec l'âge, le sommeil se modifie 

Chez les personnes âgées :

  • le sommeil devient plus léger ;
  • l'endormissement est précoce (dès le début de soirée) ;
  • le sommeil est souvent fragmenté avec des sensations d'être éveillé(e) plusieurs fois par nuit ;
  • le réveil est aussi précoce ;
  • la durée du sommeil nocturne diminue, alors qu'une ou plusieurs siestes en milieu de journée deviennent nécessaires.

Comme le sommeil est morcelé et léger, la personne âgée peut avoir l'impression d'être insomniaque, alors que son sommeil est normal pour son âge.

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Les facteurs favorisant l'insomnie

Stress, anxiété et dépression en cause dans l'insomnie

Plus de la moitié des insomnies sont dues au stress, à l'anxiété et à la dépression.

Des événements de vie, positifs ou négatifs, voulus ou subis (mariage, divorce, nouvel emploi, chômage, etc.) peuvent en être à l'origine.

Dans ces cas, l'insomnie est, le plus souvent, passagère.

Insomnie et mode de vie

Les insomnies peuvent être également liées à une mauvaise hygiène de vie :

  • la consommation d'excitants (thé, boissons caféinées...) ou d'un repas trop copieux le soir ;
  • la pratique d'une activité stimulante le soir (sport, jeux vidéo...) ;
  • un rythme de vie irrégulier (travail en horaires décalés, etc.) ;
  • une consommation excessive d'alcool : contrairement à une idée reçue, l'alcool n'est pas l'allié du sommeil :
    • à faible dose, la prise d'alcool peut entraîner une somnolence, diminuer la vigilance et augmenter les risques d'accidents,
    • à plus forte dose, la prise d'alcool provoque un endormissement rapide, mais la deuxième partie de la nuit est entrecoupée de nombreux réveils. Le lendemain, les performances intellectuelles sont diminuées ;
  • la consommation de tabac : les fumeurs réguliers peuvent avoir des difficultés pour s'endormir, dues à l'action stimulante de la nicotine. Cela entraîne une somnolence matinale. Lors de l'arrêt du tabac, le sommeil peut être perturbé de manière passagère, le temps que le corps s'habitue à fonctionner sans nicotine. L'ex-fumeur retrouve ensuite un sommeil de meilleure qualité.

Les sources environnementales de perturbation du sommeil sont nombreuses. Il peut s'agir :

  • un environnement bruyant : des bruits de la maison et des bruits extérieurs ;
  • des appareils électriques ou électroniques, même en veille ;
  • de la lumière ;
  • d'une température trop élevée ou trop basse ; l'idéal est d'obtenir 18 °C/19 °C dans les chambres.

Maladies en cause dans l'insomnie

Les insomnies peuvent être  présente dans diverses maladies qu'il est important de diagnostiquer et de traiter. Il peut s'agir :

L'insomnie n'est pas le seul trouble du sommeil

D'autres troubles du sommeil existent :

Sources
  • Royant-Parola S. Le rôle des synchroniseurs veille-sommeil ou comment améliorer les troubles du sommeil du sujet âgé. Site internet : Haute Autorité de santé. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 12 octobre 2018]
  • Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV). L'insomnie. Site internet : Insv. Paris ; 2018 [consulté le 12 octobre 2018]
  • Réseau Morphée. Insomnie. Site internet : Réseau Morphée. Garches (France) ; 2016 [consulté le 12 octobre 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Plainte du sommeil - Insomnie. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2013 [consulté le 12 octobre 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Prise en charge du patient adulte se plaignant d'insomnie en médecine générale. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2006 [consulté le 12 octobre 2018]
  • Gourier Fréry C, Chan Chee C, Féger D. Insomnie, fatigue et somnolence : prévalence et état de santé associé, déclaré par les plus de 16 ans en France métropolitaine. Bull Epidemiol hebd. 2012;44-45:502-09.