Infections à Chlamydia : symptômes, diagnostic et évolution

13 avril 2021
L’infection à chlamydia est asymptomatique chez près de la moitié des personnes. Le diagnostic repose sur de simples tests indolores. Si l’infection n’est pas traitée, elle peut être à l’origine de complications à long terme, affectant notamment la femme.

IST à Chlamydia : des symptômes peu présents

Chlamydia : pas de symptômes près d'une fois sur deux

Que ce soit chez les hommes ou chez les femmes, près de la moitié des personnes infectées par la bactérie Chlamydia trachomatis n’a pas de symptômes. On parle alors d’« infection silencieuse ». La proportion des personnes asymptomatiques était ainsi de 46 % en 2015.

Symptômes d'infection à Chlamydia chez la femme

Lorsque des symptômes sont présents chez la femme, ils sont le plus souvent discrets et inscrits dans la durée. Ils se caractérisent par :

  • des pertes vaginales blanchâtres appelées leucorrhées dues à une inflammation du col de l'utérus ;
  • des douleurs et brûlures en urinant ;
  • des douleurs lors des rapports sexuels (dyspareunie) ;
  • l’apparition de petits saignements :
    • après les rapports sexuels,
    • entre les règles (spotting) ;
  • des douleurs pelviennes (du bas du ventre) ;
  • des douleurs rectales et des écoulements par l’anus.

La forme aiguë de l’infection à Chlamydia est rare. Elle associe fièvre, douleurs du pelvis (bas du ventre) et métrorragies (saignements entre les règles).

Symptômes d'infection à Chlamydia chez l’homme

Chez l’homme, les symptômes sont proches de ceux de la gonococcie.

En plus d’écoulement par le pénis ou le rectum, peuvent apparaître :

  • des brûlures en urinant, dues à l’inflammation de l’urètre ou urétrite ;
  • des douleurs au niveau des testicules ;
  • des douleurs rectales.

Les symptômes spécifiques de la lymphogranulomatose vénérienne (LGV)

Les symptômes de la LGV évoluent dans le temps.

Les premiers symptômes, passant souvent inaperçus, surviennent 3 à 30 jours après la transmission de la bactérie (période d’incubation). Une ou plusieurs lésions (micro-chancre) peuvent apparaître à l’endroit où la bactérie est entrée dans le corps (point d’inoculation) : anus, rectum, gland, pharynx, .

Quelques jours plus tard, en l’absence de traitement, de gros ganglions apparaissent au niveau de l’aine (adénopathie ou polyadénopathie inguinale) pouvant évoluer vers la fistulisation (ouverture du ganglion à la peau). Une inflammation du rectum ou rectite ulcérée peut être associée. On parle de LGV rectale.

Le diagnostic des infections à Chlamydia

Le diagnostic de l’IST (infection sexuellement transmissible) à Chlamydia repose sur l’analyse de prélèvements.

Les tests sont indolores et consistent en :

  • une simple analyse d'urine (premier jet d’urine) chez l'homme ou plus rarement chez la femme  ;
  • un prélèvement réalisé par le médecin traitant, le gynécologue ou la sage-femme. Il est réalisé avec un instrument qui ressemble à un coton-tige à l’entrée du vagin, au niveau de l’anus, du rectum, du pénis ou du .

L'échantillon est ensuite envoyé en laboratoire pour y être testé. Les techniques de biologie moléculaire ou tests d’amplification des acides nucléiques (TAAN) sont les examens de référence pour établir le diagnostic des infections urogénitales à Chlamydia trachomatis.

L’évolution des infections à Chlamydia

Guérison grâce aux antibiotiques

Un traitement antibiotique adapté permet la guérison.

Toutefois, une nouvelle infection après guérison est toujours possible, notamment si le(s) partenaire(s) n’est (ne sont) pas dépisté(s) et traité(s) également si nécessaire.

Complications des IST à Chlamydia chez les femmes

Les femmes infectées – notamment celles qui ne ressentent pas les symptômes et qui ont davantage de risques de ne pas être traitées - peuvent développer les complications suivantes :

En cas de grossesse, l’infection peut être responsable d'une prématurité, d'un poids de naissance insuffisant. Elle peut être transmise au bébé lors de l’accouchement et provoquer, chez le nouveau-né, des infections oculaires (conjonctivite) ou pulmonaires (pneumonie).

Complications de l'IST à Chlamydia chez les hommes

Les hommes infectés qui n’ont pas reçu de traitement peuvent développer :

  • une inflammation des testicules et épididymes : épididymite ou épididymo-orchite avec douleurs et inflammation des testicules ;
  • une inflammation de la prostate ou prostatite ;
  • le syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter (rarement complet) qui associe une urétrite, une conjonctivite, un rhumatisme (douleurs et inflammation articulaires) et des lésions de la peau et des muqueuses.

  • Haute Autorité de santé (HAS). Réévaluation de la stratégie de dépistage des infections à Chlamydia trachomatis. Synthèse de la recommandation en santé publique. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2018 [consulté le 24 avril 2020]
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  • Medline plus. Chlamydia. Site internet : Medline plus. Bethesda (USA) ; 2018 [consulté le 24 avril 2020]
  • Better Health Channel. Chlamydia. Site internet : Better Health Channel. Melbourne (Australie) ; 2018 [consulté le 24 avril 2020]
  • Santé publique France. Chlamydiae. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2019 [consulté le 24 avril 2020]
  • Collège des universitaires de maladies infectieuses et tropicales. Infections sexuellement transmissibles : gonococcies, chlamydioses, syphilis, HPV, trichomonose – UE6 n° 158. In : Préparation ECN – Tous les items d’infectiologie. 5e éd. Paris. ECN Pilly 2018. P.157-66
  • Gouvernement sur Québec. Lymphogranulomatose vénérienne (LGV). Site internet : Québec.ca. Montréal (Canada) ; 2017 [consulté le 24 avril 2020]