Prévenir les infections à Chlamydia : dépistage et usage du préservatif

31 juillet 2020
Pour lutter contre l'infection sexuellement transmissible à Chlamydia, le dépistage et l’usage du préservatif sont les moyens les plus efficaces.

Le dépistage des infections à Chlamydia

Comment dépiste-t-on une infection à Chlamydia ?

Le dépistage de l’infection à Chlamydia est essentiel pour diminuer les risques d’infection et donc le nombre de personnes atteintes dans la population. Il permet aussi de réduire le risque de complications à long terme chez les femmes.

Il est réalisé par un médecin ou une sage-femme et consiste en :

  • une simple analyse d'urine (premier jet d’urine) et parfois un prélèvement local chez l'homme (prélèvement ano-rectal, pharyngé et génito-urinaire, selon les pratiques sexuelles, en particulier chez les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes) ;
  • un prélèvement vaginal chez la femme, préféré au prélèvement urinaire, ce dernier n'étant fait que si le prélèvement vaginal n'est pas possible.

Le dépistage se fait grâce aux tests d’amplification des acides nucléiques (TAAN) marqués CE.

Ce test inclut aussi le dépistage de la co-infection par Neisseria gonorrhoeae, bactérie à l’origine de la gonococcie.

En cas de résultat négatif et de rapports sexuels non protégés avec un nouveau partenaire, le dépistage doit être répété annuellement.

En cas de résultat positif, le test de dépistage permet de prescrire un traitement antibiotique. Dans cette situation, le dépistage doit être répété dans les trois à six mois après le traitement et tous les trois mois pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.

Le dépistage de l'infection à Chlamydia par auto-prélèvement

Il existe aussi la possibilité de réaliser soi-même un auto-prélèvement qui peut être proposé dans plusieurs lieux de dépistage. Cette option permet d’augmenter le taux de recours au dépistage, sans pour autant se substituer systématiquement au prélèvement par un professionnel de santé.

À qui est proposé le dépistage de l'IST à Chlamydia ?

Le dépistage est recommandé :

  • aux femmes sexuellement actives, âgées de 15 à 25 ans (inclus), y compris les femmes enceintes ;
  • aux hommes sexuellement actifs présentant des facteurs de risque, quel que soit leur âge ;
  • aux femmes sexuellement actives de plus de 25 ans présentant des facteurs de risque ;
  • aux femmes enceintes consultant pour une interruption volontaire de grossesse (IVG), sans limite d’âge.

Quels sont les facteurs de risque d’infection à Chlamydia ?

Les facteurs de risque sont multiples. C’est notamment le fait :

  • d’avoir plusieurs partenaires sexuels (au moins deux dans l’année) ;
  • d’avoir changé récemment de partenaire sexuel ;
  • d’être soi-même ou avec un ou plusieurs partenaires sexuels diagnostiqués avec une autre IST (gonococcie, syphilis, VIH, etc.) ;
  • d’avoir des antécédents d’IST ;
  • d’avoir, lorsqu’on est un homme, des relations sexuelles avec des hommes ;
  • d’être une personne en situation de prostitution ;
  • d’avoir été victime d’un viol.

À quel rythme se faire dépister ?

Le dépistage doit être répété annuellement en cas de test négatif et de rapports sexuels non protégés avec un nouveau partenaire.

En cas de test positif, le dépistage doit être répété à 3-6 mois et tous les trois mois pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.

Où se faire dépister de l'IST à Chlamydia ?

Il existe plusieurs lieux proposant un dépistage des IST (les trois premiers centres cités proposent gratuitement le dépistage) :

  • les Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD), dont la liste est disponible sur le site de Sida Info Service ;
  • les Centres de planification ou d’éducation familiale (CPEF), dont la liste est disponible sur le site IVG.gouv.fr ;
  • les Services de santé universitaire (SSU – gratuit pour les étudiants) ;
  • les centres pratiquant des IVG ;
  • les cabinets de médecine générale, gynécologie, dermatologue vénérologue, sage-femme ;
  • les Centres d’Examens de Santé de l’Assurance Maladie à l’occasion d’un examen de prévention en santé.

Prévenir l’infection à Chlamydia par l’usage du préservatif

Utiliser un préservatif

Seules deux méthodes contraceptives dites « barrières » protègent des infections à Chlamydia : le préservatif masculin et le préservatif féminin.

Le préservatif masculin est pris en charge par l’Assurance maladie depuis le 10 décembre 2018. La délivrance s’effectue en officine de pharmacie sur présentation d’une prescription d’un médecin ou d’une sage-femme. Cette mesure de prévention et de lutte contre les maladies ou infections sexuellement transmissibles concerne les femmes comme les hommes.

Il est important de souligner que les modes de contraceptions suivants ne protègent pas des IST en général, et donc de l’infection à chlamydia : la pilule contraceptive, l’implant, le patch, l’anneau contraceptif, le stérilet, les spermicides. Même si vous utilisez l’une de ces méthodes contraceptives, vous devez l'associer au préservatif, qu'il soit masculin ou féminin.

En complément du préservatif, adopter une bonne hygiène intime

Au quotidien, quelques bons réflexes contribuent à éviter une infections de la région génitale basse (vulvovaginite).

Pour cela, essayez d’appliquer les principes suivants :

  • effectuez votre toilette intime une à deux fois par jour seulement ;
  • limitez-vous à une toilette externe (au niveau de la vulve) et ne nettoyez pas l’intérieur du vagin (évitez en particulier les douches vaginales) ;
  • privilégiez l’usage d’un savon doux non parfumé ou d’un produit d’hygiène intime, non agressifs pour les muqueuses et la flore vaginale (proscrivez les antiseptiques moussants) ;
  • évitez les gants de toilette, qui sont des "nids à microbes" ;
  • séchez bien la vulve après l’avoir lavée ;
  • aux toilettes, essuyez-vous toujours d’avant en arrière pour ne pas ramener les germes de l’anus vers le vagin ;
  • si vous employez un diaphragme, lavez-le après chaque utilisation à l’eau savonneuse, sans désinfectant, puis rincez-le et séchez-le soigneusement. 

L’importance de l’hygiène intime chez l’homme

L’hygiène intime chez l’homme est également importante pour prévenir la transmission des germes. En effet, en l’absence de toilette quotidienne, les microbes en provenance de l’anus ou transportés lors des rapports sexuels peuvent se développer dans le prépuce (repli de peau recouvrant le gland).

La toilette quotidienne :

  • pour les hommes non circoncis, le gland doit être décalotté pour la toilette, puis recalotté ;
  • le sexe est lavé à la main (sans gant de toilette) tous les jours à l'eau tiède avec un savon aupH neutre ;
  • le rinçage et le séchage doivent être soigneux.

  • Haute Autorité de santé (HAS). Réévaluation de la stratégie de dépistage des infections à Chlamydia trachomatis. Synthèse de la recommandation en santé publique. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2018 [consulté le 24 avril 2020]
  • National Health service (NHS). Chlamydia. Site internet : NHS. Londres ; 2015 [consulté le 24 avril 2020]
  • Medline plus. Chlamydia. Site internet : Medline plus. Bethesda (USA) ; 2018 [consulté le 24 avril 2020]
  • Better Health Channel. Chlamydia. Site internet : Better Health Channel. Melbourne (Australie) ; 2018 [consulté le 24 avril 2020]
  • Santé publique France. Chlamydiae. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2019 [consulté le 24 avril 2020]