Comprendre les infections à Chlamydia

31 juillet 2020
L’infection sexuellement transmissible à Chlamydia est due à une bactérie. Elle est transmise notamment lors de rapports sexuels non protégés. Elle survient à tout âge mais touche plus particulièrement les jeunes femmes.

Qu’est-ce qu’une infection à Chlamydia ?

L’infection à Chlamydia (ou chlamydiose) est due à une bactérie appelée Chlamydia trachomatis. C’est l’une des infections sexuellement transmissibles (IST) les plus fréquentes.

L’infection ne provoque aucun symptôme dans 60 à 70 % des cas, elle est dite, dans ce cas, « silencieuse ». Passant inaperçue, elle est facilement transmise et, n’étant pas traitée, elle a des conséquences sur la santé à long terme, plus sévères chez les femmes (atteinte inflammatoire pelvienne, salpingite, grossesse extra-utérine, stérilité) que chez les hommes (ne présentant le plus souvent qu'une urétrite).

La maladie de Nicolas-Favre, infection qui touche principalement les hommes

Certaines souches (ou sérotypes) de Chlamydiae peuvent être plus agressives et être responsables de la lymphogranulomatose vénérienne (LGV) ou maladie de Nicolas-Favre. Cette maladie ne concerne presque que les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes.

Chlamydia : une transmission par voie sexuelle

L’infection à Chlamydia se transmet par contacts sexuels avec une personne infectée, notamment lors :

  • des préliminaires sexuels ;
  • de rapports sexuels non protégés (rapport génital, anal, buccogénital ou bucco-anal) ;
  • du contact avec des sécrétions vaginales ou du sperme.

Le risque d’être contaminé(e) par la bactérie Chlamydia trachomatis augmente :

  • lors de rapports sexuels non protégés ;
  • si la personne a de multiples partenaires sexuels ;
  • en cas d’une moindre attention liée à la consommation d’alcool ou de drogues avant un rapport sexuel ;
  • si la personne a déjà eu une infection à chlamydia ;
  • lors de l’utilisation de sex toys non lavés ou non protégés par un préservatif à chaque usage ;
  • si du sperme ou des sécrétions vaginales infectées touchent les yeux ;
  • si les organes génitaux entrent en contact avec ceux du partenaire infecté même s’il n’y a pas pénétration, orgasme ou éjaculation.

Lors de l’accouchement, l’infection à Chlamydia peut être transmise au nouveau-né si la mère est infectée.

Les situations qui ne présentent pas de risques de transmission

La bactérie Chlamydia ne peut pas être transmise lors d’un contact comme le baiser ou les embrassades.

Il n’y a aucun risque non plus lorsque des personnes boivent dans le même verre, partagent la même vaisselle, prennent un bain ensemble ou se servent des mêmes serviettes de toilette.

Enfin, la Chlamydia ne peut être transmise sur les sièges et cuvettes des WC.

L’infection à Chlamydia en chiffres

Chlamydia : une infection qui touche le plus souvent les jeunes femmes

En France, en 2016, plus de 276 000 personnes ont été diagnostiquées pour une infection à Chlamydia. Ainsi, en une décennie, le nombre d'IST à Chlamydia a été multiplié par 3.

Les femmes âgées de 15 à 24 ans représentent la grande majorité de ces cas ; cette tranche de population représentait 74 % des cas en 2018.

Le cas particulier de la lymphogranulomatose vénérienne (LGV)

Selon les données issues du réseau de surveillance des infections anorectales à chlamydia, le nombre de cas rapportés de LGV a augmenté de 161 % entre 2010 et 2015, passant de 184 à 481 cas. L’épidémie touche quasi exclusivement les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (95 % des cas).

La gonococcie, parfois associée à l’infection à Chlamydia

La gonococcie est une IST d’origine bactérienne, asymptomatique ou responsable de brûlures et/ou d’écoulement jaune par la verge (blennorragie), le vagin ou l’anus.

Cette infection touche plus les hommes que les femmes et la classe d’âge la plus concernée par cette IST est celle des 15-24 ans.

En 2014, 62 % des individus diagnostiqués étaient des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Entre 2 et 24 % des sujets infectés à Chlamydia avaient une co-infection à la bactérie Neisseria gonorrhoeae, responsable de gonococcie.

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  • Collège des universitaires de maladies infectieuses et tropicales. Infections sexuellement transmissibles : gonococcies, chlamydioses, syphilis, HPV, trichomonose – UE6 n° 158. In : Préparation ECN – Tous les items d’infectiologie. 5e éd. Paris. ECN Pilly 2018. P.157-66
  • Sida Info service. La Gonococcie, c’est quoi ? Site internet : Sida Info service. Montreuil (France) ; 2020 [consulté le 24 avril 2020]