Le traitement après un infarctus du myocarde

16 mars 2017
Le traitement immédiat de l'infarctus du myocarde vise à reperméabiliser l'artère coronaire obstruée. Il est donc urgent. Un traitement au long cours est ensuite mis en place ; il prend en charge les éventuelles complications de l'infarctus du myocarde et les facteurs de risque cardiovasculaire.

Le traitement d'urgence de l'infarctus du myocarde

L'objectif est de rétablir au plus vite la circulation du sang dans l'artère obstruée.

L'équipe médicale envoyée par le SAMU pratique un électrocardiogramme (ECG) pour connaître les types de lésions des artères :

  • une ou plusieurs artères sont partiellement obstruées (le sang y circule encore) : un traitement médicamenteux suffit ;
  • une artère est totalement obstruée : l'infarctus est confirmé et le traitement consiste en une « re-perfusion » (désobstruction) de cette artère. Cette « re-perfusion » peut être réalisée de deux manières, selon les cas :
  • par sur place. La perfusion médicamenteuse dissout le caillot,
  • et/ou par après transfert dans un service de cardiologie interventionnelle (service spécialisé dans le traitement des lésions cardiovasculaires à l'aide de sondes, et sans recours à la chirurgie).

D'autres traitements comme les anti-aggrégants plaquettaires (aspirine...) peuvent être administrés en urgence.

Plus le traitement est commencé rapidement, plus la taille de l'infarctus sera limitée.

Dans tous les cas, le malade est hospitalisé en milieu spécialisé de cardiologie et surveillé attentivement.

Reconnaissance en affection de longue durée (ALD)

Votre médecin traitant, en lien avec le cardiologue hospitalier, peut demander la reconnaissance de votre maladie au titre d'une affection de longue durée (ALD). Tous les examens et les soins en rapport avec l'infarctus du sont alors pris en charge à 100 % sur la base des tarifs de l’Assurance Maladie.

Le traitement au long cours après un infarctus du myocarde

Pendant l'hospitalisation, un bilan complémentaire est réalisé, selon chaque cas :

  • biologie sanguine,
  • échodoppler cardiaque,
  • ,
  • ECG d'effort,
  • cardiaque...

Le traitement est adapté aux résultats du bilan cardiaque. Il est prescrit, à la sortie de l'hôpital, par le cardiologue puis, ultérieurement, par le médecin traitant.

Son objectif est de :

Le traitement associe quatre types de médicaments :

  • les bêta bloquants : ils ralentissent la fréquence cardiaque et limitent l'intensité de la pression que le sang exerce sur la paroi des artères. Ils préviennent la survenue de troubles du rythme cardiaque qui peuvent être une complication de l'infarctus ;
  • les anti-aggrégants plaquettaires : ils empêchent les plaquettes de sang (petits éléments cellulaires du sang ayant un rôle dans la coagulation) de s'agglutiner et donc de former des caillots ;
  • les statines : elles freinent la fabrication du cholestérol par le foie ;
  • les inhibiteurs de l'enzyme de conversion : ils agissent sur certaines hormones qui régulent la tension artérielle. Cela se traduit par une baisse de la tension artérielle et du travail fourni par le cœur.

Si des troubles du rythme cardiaque persistent après l’infarctus du , un pacemaker ou un peuvent être mis en place sous anesthésie locale.

Un pontage coronarien peut être nécessaire lorsqu'un rétrécissement de certaines est responsable d'une angine de poitrine.

En cas d’insuffisance cardiaque, un traitement adapté est mis en place.

Ce traitement est commencé dès la survenue de l'infarctus et son suivi est assuré par le médecin traitant. Il est associé à une modification des habitudes de vie : alimentation équilibrée, arrêt du tabac, modération de la consommation d'alcool et pratique d'une activité physique adaptée.

Sources
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM). Infarctus du myocarde. Site internet : INSERM. Paris ; 2013 [consulté le 3 novembre 2015]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Ensemble, améliorons la prise en charge de l'infarctus du myocarde. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2009 [consulté le 3 novembre 2015]