Définition et facteurs favorisants de l’infarctus du myocarde

18 septembre 2020
L'infarctus du myocarde est la destruction d'une zone plus ou moins étendue du muscle cardiaque. Il est la conséquence de l'obstruction d'une artère coronaire. S'il est impossible d'agir sur certains facteurs de risque, d'autres peuvent être réduits.

Qu'est-ce qu'un infarctus du myocarde ?

L'infarctus du , appelé aussi « crise cardiaque », est la destruction d'une partie plus ou moins importante du . Il fait suite à l'obstruction d'une artère coronaire.

Comment survient un infarctus du myocarde ?

Le est un muscle puissant qui propulse, dans le corps, le sang contenu dans les cavités du cœur. Pour accomplir ce travail, il est approvisionné en oxygène par le sang contenu dans les .

Ces peuvent s'obstruer partiellement lorsque du cholestérol (graisses) s'accumule, sous forme de plaques d' sur leurs parois. Les parois artérielles durcissent (athérosclérose) et le cœur n'est plus suffisamment alimenté en oxygène. C'est la maladie coronarienne ou angine de poitrine.

L'infarctus du survient lorsqu'une plaque se détache, puis se déplace et s'immobilise dans une artère coronaire. Un caillot de sang se forme autour de la plaque et interrompt l'apport de sang, privant ainsi le cœur d'oxygène. Cela entraîne la destruction d'une partie plus ou moins étendue du muscle cardiaque.

Formation d’un infarctus du

Schéma illustrant la formation d’un infarctus du myocarde au niveau d’un vaisseau coronaire du cœur (cf. description détaillée ci-après)

Le myocarde est le muscle du cœur humain. Il est composé de plusieurs vaisseaux coronaires. Dans certains cas, un dépôt de graisse, appelé plaque d’athérome, peut se former sur la surface interne de la paroi de l’un de ces vaisseaux. Un infarctus du myocarde survient lorsque cette plaque se détache de la paroi, se déplace, puis s’immobilise dans un vaisseau coronaire. Un caillot de sang se forme autour de la plaque, interrompant le flux sanguin. Lors d’un infarctus du myocarde, la zone atteinte par cette interruption s’étend très largement autour du vaisseau touché.

Les chiffres de l'infarctus du myocarde en France

En moyenne 80 000 personnes font un infarctus du par an en France.

Environ 12 000 personnes décèdent chaque année des suites d'un infarctus du :

  • Une personne sur 10 décède dans l’heure qui suit,
  • puis le taux de mortalité est de 15% la première année.

Grâce aux progrès thérapeutiques, à la vitesse d’intervention du Samu (à condition de l’appeler rapidement) et à la disponibilité accrue des unités de cardiologie interventionnelle, le taux de mortalité continue à baisser.

Vidéo : Le mécanisme de survenue d'un infarctus du

© Blausen Medical

Les facteurs favorisant l'infarctus du myocarde

L'infarctus du , comme les autres maladies cardiovasculaires (maladies du cœur et des artères), est causé par les dépôts de graisse sur les parois des artères. La maladie concerne surtout les hommes de plus de 55 ans et les femmes de 65 à 70 ans. Mais l'infarctus peut survenir plus tôt si les facteurs de risque cardiovasculaire sont cumulés.

Les facteurs de risque cardiovasculaire sur lesquels on ne peut pas agir

L'âge et le sexe

La probabilité d'avoir un accident cardiovasculaire augmente après 50 ans chez l'homme et après 60 ans chez la femme.

Les femmes ont quatre fois moins de risque de faire un infarctus que les hommes, avant la ménopause. Mais la proportion de femmes jeunes qui en sont victimes a toutefois tendance à augmenter, notamment en raison de l'augmentation du tabagisme féminin et du surpoids. Après la ménopause, les risques d'infarctus du sont équivalents pour les deux sexes.

Les antécédents familiaux 

Si un parent proche (père, mère, frère ou sœur) a présenté une maladie cardiovasculaire à un âge précoce (accident vasculaire cérébral avant 45 ans, infarctus du ou mort subite du père ou d'un frère avant 55 ans, de la mère ou de la sœur avant 65 ans), le risque cardiovasculaire est augmenté.

Les facteurs de risque cardiovasculaire sur lesquels on peut agir

Le tabagisme

Le tabac favorise le rétrécissement des artères, la formation de caillots et l'apparition de troubles du rythme cardiaque. Sur le long terme, le tabac abîme peu à peu les artères.

Le risque d'infarctus du est proportionnel à la consommation de tabac, mais il n'y a pas de seuil de consommation au-dessous duquel le tabagisme est dénué de risque.

Le risque est le même quel que soit le type de tabagisme : cigarettes avec ou sans filtre, pipe, cigare, narguilé, tabac à mâcher).

Le tabagisme passif augmente le risque d'infarctus de d'un quart si la personne est exposée 1 à 7 heures par semaine et de 62 % pour une exposition de 22 heures par semaine.

Le diabète

On parle de diabète lorsque la glycémie (taux de sucre ou glucose dans le sang) reste supérieure à 1,26 g/l à jeun, lors d'au moins deux mesures. Si le diabète est mal contrôlé, l'excès de glucose dans votre sang peut endommager les parois des artères.

L'hypertension artérielle

La tension artérielle correspond à la pression exercée par le sang sur les parois des artères ; elle s'exprime par deux chiffres. On parle d'hypertension artérielle (HTA) si le chiffre supérieur (pression systolique) est supérieur à 140 mmHg ou 14 cmHg et/ou si le chiffre inférieur (pression diastolique) est supérieur à 90 mmHg ou 9 cmHg.

Un taux élevé de cholestérol 

Si le cholestérol est essentiel au bon fonctionnement de l'organisme, son excès est néfaste pour la santé. On distingue le mauvais cholestérol (LDL cholestérol) du bon cholestérol (ou HDL cholestérol). Une prise de sang, réalisée à jeun, permet de déceler un excès de mauvais cholestérol.

En cas d'alimentation trop grasse, de surpoids ou d'obésité ou en l'absence d'activité physique, le mauvais cholestérol augmente et s'accumule sur les parois des artères sous forme de dépôts graisseux. Avec le temps, ces dépôts peuvent ralentir et bloquer la circulation du sang : c'est l'athérosclérose.

Le surpoids et l'obésité

On parle de surpoids si l'indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à 25 et d'obésité s'il est supérieur à 30. La présence de graisse au niveau abdominal est également un facteur de risque. Le tour de taille est jugé trop élevé s’il est supérieur ou égal à :

  • 80 cm pour une femme ;
  • 94 cm pour un homme.

La faible activité physique ou sédentarité

La sédentarité est définie par la pratique d'exercices physiques d'une durée inférieure à 30 minutes par jour.

L'alcool

Il n'est pas de consommation d'alcool sans risque. Cependant, en dehors des situations où l'alcool est totalement déconseillé (grossesse, conduite automobile...) une valeur repère est conseillée : elle est de 10 verres d'alcool standard par semaine, maximum, sans dépasser 2 verres standard par jour.Il est recommandé également d'avoir des jours dans la semaine sans consommation et, pour chaque occasion de consommation, de :

  • réduire la quantité totale d’alcool bue à chaque occasion,
  • boire lentement, en mangeant et en alternant avec de l’eau,
  • éviter les lieux et les activités à risque de consommation excessive d'alcool,
  • s'assurer d’être entouré de personnes de confiance et de pouvoir rentrer chez soi  en toute sécurité après avoir consommé de l'alcool..

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  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Infarctus du myocarde. Site internet : Inserm. Paris ; 2019 [consulté le 16 septembre 2020]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Infarctus du myocarde (IDM) - Programme Pilote 2008-2013. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2013 [consulté le 1- septembre 2020]
  • Collège national des enseignants de cardiologie. Société française de cardiologie. Syndromes coronariens aigus; ECN 2019. Elsevier Masson. Issy-les-Moulineaux