Les traitements de l'incontinence urinaire

16 mai 2017
Le médecin traitant coordonne la prise en charge du traitement avec les autres professionnels de santé (urologue, radiologue, gynécologue, kinésithérapeute...) La rééducation périnéo sphinctérienne ou comportementale est le premier traitement proposé.

Le choix du traitement de l'incontinence urinaire

Le médecin traitant choisit le traitement en concertation avec son patient, et en prenant en compte la cause de l'incontinence urinaire, le type d'incontinence et la gêne ressentie.

D'autres professionnels peuvent intervenir dans la prise en charge thérapeutique : gynéco-obstétricien, rééducateur, sage-femme, urologue.

La correction des facteurs favorisant les fuites urinaires est indispensable.

L'existence de traitements efficaces permet d'améliorer nettement les symptômes de l'incontinence et la qualité de vie. Chaque fois que cela est possible, le traitement de la cause de l'incontinence est proposé.

La rééducation périnéo-sphinctérienne de l'incontinence urinaire

La rééducation périnéo-sphinctérienne est le traitement initial des incontinences urinaires d'effort.

Elle nécessite la coopération du patient pour obtenir de bons résultats.

Réalisée par un kinésithérapeute ou une sage-femme après un accouchement, elle permet d'améliorer les symptômes dans de nombreux cas. Son but est de renforcer la tonicité du urétral et des muscles du qui constitue le plancher pelvien.

Entre les séances de rééducation, il est recommandé au patient de poursuivre un travail d'auto-rééducation expliqué par le rééducateur.

Pour les incontinences urinaires par impériosité ou mixtes

La rééducation périnéo-sphinctérienne est également recommandée. Elle peut être associée à un traitement comportemental. Il a pour but d'adapter la consommation de liquides et de reprogrammer les mictions pour réduire progressivement les allers et venues aux toilettes.

Plancher pelvien

Schéma : plancher pelvien

Le traitement de l'incontinence urinaire par médicaments

Des médicaments peuvent être proposés en première intention ou après l'échec du traitement comportemental. Ils sont prescrits dans les cas d'incontinence urinaire par hyperactivité de la vessie ou d'incontinence urinaire mixte.

Ce sont des (anticholinergiques) qui agissent sur le contrôle du tonus de la vessie. Ils peuvent comporter des effets secondaires (sécheresse de la bouche, vertiges, constipation...) En cas d'effet inhabituel du traitement, il est important d'en parler à son médecin traitant.

Après la ménopause et en cas de sécheresse vaginale, un traitement local vaginal par œstrogènes peut également être proposé, même si cela ne constitue pas un traitement direct de l’incontinence urinaire.

Le traitement chirurgical de l'incontinence urinaire

Lorsque la cause de l'incontinence urinaire est traitée et que cette incontinence n'est pas suffisamment améliorée par la rééducation périnéo-sphinctérienne et comportementale, ainsi que par les médicaments, un traitement chirurgical peut être proposé.

Il nécessite un bilan et l‘avis d'un urologue ou d'un gynéco-obstétricien.

Il existe différentes techniques qui dépendent du mécanisme de l'incontinence urinaire.

À noter : Avant d'être opéré(e), une consultation est obligatoire auprès d'un médecin anesthésiste. Un bilan sanguin n'est pas toujours nécessaire avant l'intervention chirurgicale. Parlez-en à votre médecin.

Plusieurs méthodes sont employées :

  • mise en place de bandelettes sous-urétrales (implants de renfort) comme support de l' pendant l'effort ;
  • mise en place de ballons ajustables pour comprimer l' à sa sortie de la vessie ;
  • injections péri-urétrales d'agents comblants ;
  • mise en place d'un urinaire artificiel...

Après échec d’un traitement médicamenteux bien conduit et/ou d’un traitement chirurgical, d’autres techniques très spécifiques, qui nécessitent l’avis d’un urologue ou d’un gynécologue obstétricien, peuvent être proposées :

  • une neuromodulation des racines nerveuses sacrées ;
  • des injections de botulique dans le muscle vésical.
Sources
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Diagnostic et prise en charge de l'incontinence urinaire de la femme adulte. Site internet : CNGOF. Paris ; 2009 [consulté le 3 mai 2016]
  • Association française d'urologie (AFU). Incontinence urinaire de l'adulte et du sujet âgé. Site internet : AFU. Paris ; 2015 [consulté le 3 mai 2016]
  • Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé. Recommandations pour la pratique clinique - Prise en charge de l'incontinence urinaire de la femme en médecine générale. Site internet : Haute Autorité de santé. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2003 [consulté le 3 mai 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Traitement de l'incontinence urinaire d'effort par pose de ballonnets ajustables chez l'homme. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2009 [consulté le 3 mai 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Quels implants de renfort pour traiter l'incontinence urinaire d'effort féminine ? Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 3 mai 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Soutènement sous-urétral par pose de bandelette synthétique dans le traitement de l'incontinence urinaire d'effort féminine. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 3 mai 2016]