Dépister l'hypothyroïdie

16 mars 2017
Depuis plus de 30 ans, le dépistage de l’hypothyroïdie est systématique chez les nouveau-nés. En revanche, d’autres dépistages sont proposés à certaines personnes à risque (antécédents familiaux ou médicaux) ou dans un contexte particulier, comme la grossesse.

Le dépistage néonatal

L’hypothyroïdie néonatale est une . Elle atteint en France 1 nouveau-né sur 3 500. Non traitée, elle est responsable d’un retard important de croissance et des acquisitions psychomotrices.

La mise en route d’un traitement par hormones thyroïdiennes dans les 10 premiers jours de vie permet à l’enfant un développement normal. C’est pourquoi le dépistage néonatal est obligatoire depuis 1978 chez tous les nouveau-nés.

Effectué sous le contrôle de l'Association française pour le dépistage et la prévention des handicaps de l'enfant, il a lieu 3 jours après la naissance.

Déceler l’hypothyroïdie frustre

L’hypothyroïdie frustre se définit par l’association d’un taux de TSH élevé et d’un taux normal de thyroxine libre (T4L). Elle n’est pas toujours facile à dépister, le malade n’ayant aucun symptôme et ne se plaignant de rien. Cependant, cette forme de la maladie présente un facteur de risque cardiovasculaire et, dans un tiers des cas, elle évolue vers l’hypothyroïdie vraie.

Un dépistage sera donc ciblé et proposé aux personnes en situation à risque :

  • présence d’un goitre ;
  • femme âgée de plus de 60 ans ayant des antécédents thyroïdiens ;
  • présence d’anticorps antithyroïdiens ;
  • antécédents de chirurgie ou d’irradiation thyroïdienne ou cervicale ;
  • traitements à risque thyroïdien ( , , ou autres cytokines).

Dépister l’hypothyroïdie pendant la grossesse

Chez la femme enceinte, le dépistage de l’hypothyroïdie doit être effectué le plus précocement possible afin d’éviter tout risque ou complication. Un dépistage sera donc proposé à la femme enceinte lorsqu’elle présente des facteurs de risques thyroïdiens :

  • un goitre ;
  • un contexte auto-immun (un diabète de type 1 par exemple) ;
  • un contexte thyroïdien personnel ou familial : antécédents de dysfonctionnement de la thyroïde, intervention chirurgicale sur la thyroïde, notion d’élévation des anticorps antithyroïdiens.
Hypothyroïdie et grossesse : quels risques ?

Le diagnostic doit être posé le plus précocement possible, l’hypothyroïdie entraînant des risques :

  • pour la mère : hypertension artérielle, avortement prématuré, hémorragie après l’accouchement;
  • pour l’enfant : risques d’anomalie du développement cérébral et d’hypotrophie (développement insuffisant de certains organes).
Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Hypothyroïdies frustres, chez l’adulte : diagnostic et prise en charge. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 19 août 2014]
  • Collège des enseignants d’endocrinologie, diabète, et maladies métaboliques. Hypothyroïdie. Site internet : Campus d’endocrinologie de l’Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2011 [consulté le 19 août 2014]