Dépister l'hypothyroïdie

11 février 2020
Depuis plus de 30 ans, le dépistage de l’hypothyroïdie est systématique chez les nouveau-nés. En revanche, d’autres dépistages sont proposés à certaines personnes à risque (antécédents familiaux ou médicaux) ou dans un contexte particulier, comme la grossesse.

Le dépistage néonatal de l'hypothyroïdie

L’hypothyroïdie congénitale est une . Elle atteint en France 1 nouveau-né sur 3 500. Non traitée, elle est responsable d’un retard important de croissance et des acquisitions psychomotrices.

La mise en route d’un traitement par hormones thyroïdiennes dans les 10 premiers jours de vie permet à l’enfant un développement normal.

Le test est effectué grâce à un simple prélèvement de quelques gouttes de sang, le plus souvent au talon.  D'autres maladies, le plus souvent d'origine génétique, sont recherchées simultanément lors du dépistage néonatal.

L’Assurance Maladie prend en charge à 100 % le dépistage néonatal de votre enfant.

Le prélèvement pour ces tests de dépistage peut être pratiqué à la maternité ou par votre sage-femme libérale dans le cadre du service d’accompagnement au retour à domicile que propose l’Assurance Maladie.

Déceler l’hypothyroïdie frustre

L’hypothyroïdie frustre se définit par l’association d’un taux de TSH élevé sur au moins deux prélèvements sanguins, à 2-3 mois d'intervalle, et d’un taux normal de thyroxine libre (T4L). Elle n’est pas toujours facile à dépister, le malade n’ayant aucun symptôme et ne se plaignant de rien. Cependant, il existe une association entre l'hypothyroïdie frustre et le risque cardiovasculaire dans certaines études. Par ailleurs, dans un tiers des cas, l'évolution peut se faire vers l’hypothyroïdie vraie.

Un dépistage sera donc ciblé et proposé aux personnes en situation à risque :

  • présence d’un goitre ;
  • femme âgée de plus de 60 ans ayant des antécédents thyroïdiens ;
  • présence d’anticorps antithyroïdiens ;
  • antécédents de chirurgie ou d’irradiation thyroïdienne ou cervicale ;
  • traitements à risque thyroïdien ( , , ou autres cytokines).

La mise en route d'un traitement par lévothyroxine est décidée par le médecin en concertation avec la personne en prenant en compte son ressenti et ses symptômes.

Dépister l’hypothyroïdie pendant la grossesse

Chez la femme enceinte, le dépistage de l’hypothyroïdie doit être effectué le plus précocement possible afin d’éviter tout risque ou complication. Un dépistage sera donc proposé à la femme enceinte lorsqu’elle présente des facteurs de risques thyroïdiens :

  • un goitre ;
  • un contexte auto-immun (un diabète de type 1 par exemple) ;
  • un contexte thyroïdien personnel ou familial : antécédents de dysfonctionnement de la thyroïde, intervention chirurgicale sur la thyroïde, notion d’élévation des anticorps antithyroïdiens.

Hypothyroïdie et grossesse : quels risques ?

Le diagnostic doit être posé le plus précocement possible, l’hypothyroïdie entraînant des risques :

  • pour la mère : hypertension artérielle, avortement prématuré, hémorragie après l’accouchement;
  • pour l’enfant : risques d’anomalie du développement cérébral et d’hypotrophie (poids du bébé insuffisant par rapport à son âge gestationnel).

  • Haute Autorité de santé (HAS). Hypothyroïdies frustres, chez l’adulte : diagnostic et prise en charge. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 15 novemre 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Hypothyroïdie. Pertinence des soins. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2019 [consulté le 15 novembre 2019]
  • Société française d’endocrinologie. Hypothyroïdie. Site internet : SFE. Paris ; 2019 [consulté le 15 novembre 2019]
  • Laboureau-Soares Barbosa S, Rodien, Illouz F,  Rohmer V. Hypothyroïdie acquise de l'adulte. EMC - Endocrinologie-Nutrition 2009:1-8 [Article 10-005-B-10]