Comprendre l’hypothyroïdie

04 septembre 2017
L'hypothyroïdie est l’incapacité de la glande thyroïde à produire suffisamment d'hormones thyroïdiennes. Son dysfonctionnement retentit sur les grandes fonctions physiologiques de l’organisme.

Qu’est-ce que la thyroïde et à quoi sert-elle ?

La thyroïde est une glande en forme de papillon, constituée de deux lobes reliés par un isthme. Elle est située à la base du cou, en avant de la . Elle est placée sous la pomme d'Adam et n’est normalement pas palpable.

Elle sécrète des hormones thyroïdiennes appelées :

  • triiodothyronine ou T3,
  • et thyroxine ou T4, hormone de réserve produite en plus grande quantité que la T3. À tout moment, la T4 peut être modifiée en T3 et devenir active.
Iode : la bonne dose

L'iode est un élément indispensable à la fabrication des hormones thyroïdiennes. Il s'agit d'un oligo-élément, comme le fer ou le magnésium.
Une dose minimale d’iode est nécessaire pour un bon fonctionnement de la thyroïde. Présent en très faible quantité dans le corps, il doit être fourni par l'alimentation quotidienne (sel iodé de cuisine, poissons, fruits de mer, etc).

La fabrication des hormones thyroïdiennes : un processus très régulé

La thyroïde est sous la dépendance de l’hypophyse, située à la base du cerveau. Cette glande produit la TSH (Thyroid Stimulating Hormone) qui régule la sécrétion des hormones thyroïdiennes.

L’hypophyse est elle-même contrôlée par l’hypothalamus, petite structure du cerveau située au-dessus d’elle, qui libère la TRH (Thyrotropin Releasing Hormone) régulant la sécrétion de TSH.

Lorsque l’hypothalamus détecte de très faibles concentrations sanguines d’hormones thyroïdiennes, il libère de la TRH qui stimule la sécrétion de TSH par l’hypophyse. La TSH stimule à son tour la sécrétion d’hormones thyroïdiennes par la thyroïde pour ainsi rétablir un taux sanguin normal de ces hormones.

Régulation de la glande thyroïde

Schéma : fonctionnement de la glande thyroïde

 

Le rôle des hormones thyroïdiennes

Les hormones thyroïdiennes sont très importantes, car :

  • elles régulent le métabolisme des cellules de notre corps ;
  • elles contrôlent l’énergie musculaire et la température du corps ;
  • elles modifient l'humeur ;
  • elles agissent sur le rythme cardiaque, la motricité du tube digestif etc. ;
  • elles ont un rôle dans l’utilisation et la transformation des glucides, des lipides et des protides issus de l'alimentation ;
  • chez l'enfant, elles participent à la croissance et au développement du corps.

Qu'est-ce que l'hypothyroïdie ?

On parle d’hypothyroïdie lorsque la glande thyroïde secrète une trop faible quantité d’hormones.

    L'hypothyroïdie est rarement congénitale, elle est le plus souvent acquise.

    • L'hypothyroïdie congénitale (hypothyroïdie néonatale) est présente à la naissance. Elle est détectée grâce à un dépistage spécifique fait systématiquement à tous les nouveau-nés.
    • L'hypothyroïdie acquise apparaît au cours de la vie sous l’action de divers facteurs et causes. Si elle n’est pas détectée rapidement, ce sont alors les complications engendrées par la maladie elle-même qui la révèlent.
    S’informer sur l’hypothyroïdie congénitale

    L’hypothyroïdie congénitale est une .

    Vous souhaitez vous informer sur cette maladie, vous exprimer librement et être écouté, appelez Maladie Rares Info service au 01 56 53 81 36.

    Une équipe de professionnels répond à toutes vos questions.

    Quelques chiffres en France

    • L’hypothyroïdie est 3 fois plus répandue chez les femmes que chez les hommes.
    • Sa fréquence augmente avec l’âge, particulièrement après 65 ans.
    • Le nombre de nouveaux cas chaque année n’excède pas 4/1000 chez les femmes. Il est inférieur à 1/1000 chez les hommes.
    • L’hypothyroïdie est le trouble le plus fréquent de la glande thyroïde.

    Quelles sont les causes de l'hypothyroïdie ?

    La carence en iode est la première cause d’hypothyroïdie dans le monde. Dans les pays à niveau socio-économique élevé, où l’iode est suffisamment présent dans l’alimentation, les causes principales sont les maladies auto-immunes et les causes iatrogènes (dues à des médicaments ou à un acte médical).

    Les causes les plus fréquentes

    • Les causes auto-immunes (dues à une hyperactivité du )

    Dans ce cas précis, l’organisme produit des anticorps dirigés contre les cellules thyroïdiennes, ce qui provoque une diminution de la production d’hormones par la thyroïde.
    La thyroïdite de Hashimoto en est l’exemple le plus fréquent. Dans cette pathologie, le goitre est constant, diffus, de volume modéré.
    La thyroïdite atrophique observée essentiellement chez la femme après la ménopause correspond à une thyroïdite de Hashimoto associée à une thyroïde de taille normale ou diminuée (absence de goitre).

    • Les causes iatrogènes 

    Une hypothyroïdie peut apparaître dans les suites du traitement de différentes maladies thyroïdiennes (cancer de la thyroïde, hyperthyroïdie, nodule thyroïdien...), qu'il s'agisse de l'ablation complète ou même partielle de la thyroïde (thyroïdectomie), d'une irradiation de la thyroïde par iode radioactif ou d'un traitement médicamenteux.

    Une hypothyroïdie peut survenir après ou au cours d’un traitement sans lien avec la thyroïde. Certains médicaments peuvent en effet réduire l’activité de la thyroïde. C’est le cas du , de l’interféron ou des traitements iodés.

    Les causes plus rares d’hypothyroïdie

    Certains contextes, maladies ou traitements peuvent également être à l’origine d’une hypothyroïdie.

    • L'hypothyroïdie congénitale : dès la naissance, la thyroïde, qui ne s’est pas développée normalement, est incapable de sécréter suffisamment d’hormones. Le dépistage néonatal permet de la diagnostiquer.
    • Un déficit alimentaire en iode peut être un facteur déclencheur de l’hypothyroïdie. Toutefois, du fait de l’ajout d’iode dans l'alimentation, ce cas est rarissime dans les pays à niveau socio-économique élevé.
    • Une pathologie de l’hypophyse, responsable d’une diminution de production de l’hormone qui stimule la thyroïde (TSH), peut aussi intervenir.
    • Une prédisposition héréditaire peut être à l’origine de la maladie. En présence de cas d’hypothyroïdie au sein d’une même famille, il est alors prudent de vérifier le fonctionnement de la thyroïde des autres membres de la filiation, surtout à partir de cinquante ans.
    Après l’accouchement : la thyroïdite du post-partum

    Elle est fréquente (5 à 10 % des grossesses). Cette pathologie, d’origine auto-immune, se caractérise par une phase d'hyperthyroïdie du post partum. Dans 20 % des cas, l'évolution se fait à long terme vers l'hypothyroïdie.

    © Pulsations Multimedia « Allô Docteurs »

    Sources
    • Haute Autorité de santé (HAS). Hypothyroïdies frustres, chez l’adulte : diagnostic et prise en charge. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 24 août 2017]
    • Collège des enseignants d’endocrinologie, diabète, et maladies métaboliques. Hypothyroïdie. Site internet : Campus d’endocrinologie de l’Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2011 [consulté le 24 août 2017]
    • Laboureau-Soares Barbosa S, Rodien, Illouz F,  Rohmer V. Hypothyroïdie acquise de l'adulte. EMC - Endocrinologie-Nutrition 2009:1-8 [Article 10-005-B-10]