Comprendre l’hyperthyroïdie

24 août 2017
Située à l’avant du cou, la thyroïde est une petite glande contrôlée par l'hypophyse. Parfois, elle produit trop d’hormones, c’est l’hyperthyroïdie. De nombreuses fonctions du corps peuvent alors être perturbées. Cette maladie a des causes multiples.

Qu’est-ce que la thyroïde et à quoi sert-elle ?

La thyroïde est une glande en forme de papillon, constituée de deux lobes reliés par un isthme. Elle est située à la base du cou, en avant de la . Elle est placée sous la pomme d'Adam et n’est normalement pas palpable.

Elle sécrète des hormones thyroïdiennes appelées :

  • triiodothyronine ou T3,
  • et thyroxine ou T4, hormone de réserve produite en plus grande quantité que la T3. À tout moment, la T4 peut être modifiée en T3 et devenir active.
Iode : la bonne dose

L'iode est un élément indispensable à la fabrication des hormones thyroïdiennes. Il s'agit d'un oligo-élément, comme le fer ou le magnésium.
Une dose minimale d’iode est nécessaire pour un bon fonctionnement de la thyroïde. Présent en très faible quantité dans le corps, il doit être fourni par l'alimentation quotidienne (sel iodé de cuisine, poissons, fruits de mer, etc).

Une alimentation équilibrée garantit un apport suffisant d'iode pour que la thyroïde fonctionne correctement. Une dose excessive peut entraîner un dysfonctionnement de cette glande.

La fabrication des hormones thyroïdiennes : un processus très régulé

La thyroïde est sous la dépendance de l’hypophyse, située à la base du cerveau. Cette glande produit la TSH (Thyroid Stimulating Hormone) qui régule la sécrétion des hormones thyroïdiennes.

L’hypophyse est elle-même contrôlée par l’hypothalamus, petite structure du cerveau située au-dessus d’elle, qui libère la TRH (Thyrotropin Releasing Hormone) régulant la sécrétion de TSH.

Lorsque l’hypothalamus détecte de très faibles concentrations sanguines d’hormones thyroïdiennes, il libère de la TRH qui stimule la sécrétion de TSH par l’hypophyse. La TSH stimule à son tour la sécrétion d’hormones thyroïdiennes par la thyroïde pour ainsi rétablir un taux sanguin normal de ces hormones.

Régulation de la glande thyroïde

 fonctionnement de la glande thyroïde

Le rôle des hormones thyroïdiennes

Les hormones thyroïdiennes sont très importantes, car :

  • elles régulent le métabolisme des cellules de notre corps ;
  • elles contrôlent l’énergie musculaire et la température du corps ;
  • elles modifient l'humeur ;
  • elles agissent sur le rythme cardiaque, la motricité du tube digestif etc. ;
  • elles ont un rôle dans l’utilisation et la transformation des glucides, des lipides et des protides issus de l'alimentation ;
  • chez l'enfant, elles participent à la croissance et au développement du corps.

Qu'est-ce que l'hyperthyroïdie ?

On parle d’hyperthyroïdie lorsque la glande thyroïde produit trop d’hormones. L’excès d’hormones thyroïdiennes engendre un dysfonctionnement des organes sensibles à ces hormones L'ensemble des manifestations dues à ces dysfonctionnements sont regroupées sous le terme de la thyrotoxicose.

L’hyperthyroïdie est 5 à 10 fois plus fréquente chez la femme que chez l’homme. Elle touche de 5 à 20 personnes sur 1 000 selon les pays.

Quelles sont les causes de l’hyperthyroïdie ?

Trois principales causes d’hyperthyroïdie

  • la maladie de Basedow. C’est une maladie caractérisée par la présence d’une thyrotoxicose, d’un goitre, d’une saillie anormale des yeux (appelée exophtalmie) et éventuellement d’un œdème à l’avant de la jambe. Des auto anticorps spécifiques sont présents dans le sang. Elle atteint 2 % des femmes et 0.4 % des hommes en Europe avec un pic de fréquence entre 20 et 40 ans, c’est la première cause d’hyperthyroïdie de la femme jeune. Elle peut être associée à d’autres maladies auto-immunes ;
  • le goitre toxique multi-nodulaire : goitre avec plusieurs nodules sécrétant des hormones thyroïdiennes ;
  • l' toxique : présence d'un seul nodule de la thyroïde mais sécrétant des hormones thyroïdiennes.
    Le goitre multinodulaire toxique et l’adénome toxique sont la première cause d’hyperthroïdie chez le sujet âgé de plus de 60 ans. Et ils touchent les femmes dans 80 à 90 % des cas.

Les médicaments en cause dans la survenue d'une hyperthyroïdie

Certains médicaments ont comme effet secondaire de stimuler la thyroïde :

  • l’amiodarone, médicament très riche en iode, traitant les troubles du rythme cardiaque,
  • les traitements immunomodulateurs. Ces médicaments ( , anticorps monoclonaux…) sont de plus en plus utilisés dans le traitement de pathologies comme l’hépatite C chronique, les cancers…
  • le traitement substitutif par hormones throïdiennes, chez des patients traités pour une pathologie de la thyroïde, peut conduire à un apport excessif d’hormones. L’hyperthyroïdie disparaît après adaptation du traitement en cause.

Grossesse et hyperthroïdie

  • Thyrotoxicose gestationnelle transitoire

Il s’agit d’une situation fréquente  présente dans 2 % des grossesses. Elle est due à l’effet stimulant de l’hCG (hormone chorionique gonadotrope sécrétée par le ) sur le récepteur de la TSH. Elle se manifeste au premier trimestre de la grossesse par une nervosité excessive, une tachycardie, l’absence de prise de poids, de vomissements et régresse spontanément en  deuxième partie de grossesse.

Cependant, il est possible qu’une femme enceinte développe non pas une thyrotoxicose transitoire mais une véritable maladie de Basedow (0.2% des grossesses). Dans ce cas, des auto anticorps sanguins sont présents et l’hyperthyroïdie ne régresse pas spontanément.

  • Thyroïdite transitoire après un accouchement

Elle est fréquente (5 à 10 % des grossesses), Cette pathologie, d’origine auto-immune, se caractérise par une altération de la fonction thyroïdienne dans l’année suivant l’accouchement. Le plus souvent, elle n'entraine pas de symptômes apparents. À court terme, l’évolution est favorable dans 90 à 95 % des cas. À long terme, l’évolution est marquée d’une part par la survenue d’une hypothyroïdie (20 % des cas) et d’autre part par le risque de récidive de l’hyperthyroïdie lors d’une nouvelle grossesse (75 %).

La thyroïdite de Quervain

Cette inflammation de la thyroïde avec hyperthyroïdie est réactionnelle à une infection virale et elle guérit spontanément.

Sources
  • Collège des enseignants d'endocrinologie, diabète et maladies métaboliques. Hyperthyroïdie. Site internet : Campus d'endocrinologie de l'Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2011 [consulté le 22 juin 2017]
  • Borson-Chazot F,  Abeillon-du Payrat J, Bournaud C. Hyperthyroïdie. EMC - Endocrinologie-Nutrition 2014;11(4):1-11 [Article 10-003-A-10].
  • Institut national du cancer. Hormones thyroïdiennes. Site internet : INCA. Boulogne billancourt (France) ; 2017 [consulté le 22 juin 2017]
  • Ducarme G , Châtel P, Luton D. Syndromes endocriniens du post-partum Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction. 2008;37(3): 223-228