Hypertension artérielle au cours de la grossesse : définition et risques

L’hypertension artérielle gravidique est une élévation anormale de la pression artérielle au cours de la grossesse. Son diagnostic précoce et son traitement préviennent la survenue d'une pré-éclampsie.

Qu'est-ce que l'HTA gravidique ?

L’hypertension artérielle (HTA) est une élévation anormale de la pression dans les artères, qui persiste même lorsque la personne est au repos. L'hypertension artérielle est définie par :

  • une pression artérielle systolique supérieure ou égale à 140 mmHg ;
  • et/ou d’une pression artérielle diastolique supérieure ou égale à 90 mmHg, à au moins deux reprises.

Lorsque l'hypertension artérielle survient au cours de la grossesse après 20 semaines d', chez une femme dont la tension artérielle était jusque-là normale, on parle d'HTA gravidique.

C’est le problème de santé le plus fréquent chez les femmes enceintes ; l'HTA est présente dans 5 à 10 % des grossesses.

L’HTA doit donc être prise en charge rapidement après avoir été diagnostiquée, pour en limiter les conséquences. L'organisation « classique » du suivi de la femme enceinte est modifié. Selon la gravité, plusieurs intervenants sont sollicités, tant pour le suivi de la grossesse que pour le moment de l’accouchement : le médecin traitant, le gynécologue, la sage-femme, l’obstétricien, le cardiologue, le ...

Quelle est la tension artérielle normale pour une femme enceinte ?

À chaque consultation de suivi de grossesse, la tension artérielle est prise par le médecin ou la sage femme. Elle se mesure en millimètres de mercure (mmHg) ou en centimètres de mercure (cmHg) et s’exprime par 2 chiffres :

  • la pression artérielle systolique (PAS), chiffre du haut ou le plus élevé, qui correspond à la pression dans l'artère au moment où le cœur se contracte ;
  • la pression artérielle diastolique (PAD), chiffre du bas ou le plus faible. C’est la valeur de la pression dans l'artère lorsque le cœur est au repos, entre 2 contractions.

La tension artérielle est normale si elle est < à 140/90 mmHg ou 14/9 cmHg.

Bien différencier hypertension artérielle antérieure à la grossesse et HTA gestationnelle ou gravidique (survenant lors de la grossesse)

Chez certaines femmes, l’HTA est antérieure à la grossesse ou constatée avant la 20ème semaine d’aménorrhée. Ce type d’HTA est chronique et persiste après l’accouchement.

Lorsqu’elle est induite par la grossesse, l’HTA est dite « gravidique » ou « gestationnelle ». Elle apparaît après la 20ème semaine d’aménorrhée.

HTA et grossesse : une gravité variable selon les chiffres de tension artérielle et la protéinurie

Lors de la grossesse, la prise en charge diffère selon la gravité de l’HTA. On distingue :

  • l’HTA légère à modérée. La PAS est comprise entre 140 et 159 mmHg ou la PAD se situe entre 90 et 109 mmHg ;
  • l’HTA sévère. La PAS est ≥ à 160 mmHg ou la PAD est ≥ à 110 mmHg.

Le plus souvent, l'HTA gravidique n'est pas accompagnée de protéinurie (les urines ne contiennent pas de protéines, ce qui est normal). En général, l'HTA disparaît quelques semaines après l'accouchement, mais parfois, elle persiste et devient une HTA chronique.

Plus rarement, l'HTA gravidique est associée à une atteinte des reins qui laissent passer des protéines dans les urines (présence de protéines dans les urines qui n’en contient normalement pas). La protéinurie est supérieure à 0,3 g/24 heures. Il existe alors un risque d’évolution vers la pré-éclampsie.

Pourquoi est-il important de surveiller la tension artérielle au cours de la grossesse ?

L'hypertension artérielle survenant lors d'une grossesse est source de complications.

HTA gravidique : les complications maternelles

Elles peuvent mettre en jeu le pronostic vital avec risque de pré-éclampsie, pouvant :

  • évoluer vers une éclampsie ;
  • provoquer la survenue d'un hématome rétroplacentaire. L’hématome rétroplacentaire se forme au niveau de la zone de fixation du placenta, sur la paroi interne de l’utérus. Il provoque un décollement plus ou moins important du placenta.

Les complications concernant le nouveau-né en cas d'hypertension artérielle lors de la grossesse

Les complications néonatales sont une élévation du risque de retard de croissance intra-utérin, de prématurité, etc.

Le retard de croissance intra-utérin se traduit par une cassure de la courbe de croissance du fœtus précocement au cours du deuxième trimestre ou plus tardivement. L'enfant constitutionnellement petit a une courbe de croissance in utero harmonieuse et régulière.

Une naissance survenant avant 37 semaines d’ (et à partir de 22 semaines d'aménorrhée d'un enfant pesant au moins 500 grammes) définit la prématurité. Celle-ci est d'autant plus sévère que l'enfant naît tôt. 80 % des prématurés naissent entre 32 et 36 semaines d'aménorrhée et n'ont donc qu'une prématurité dite modérée.

  • Société Française d’Hypertension Artérielle (SFHTA). HTA et grossesse - Consensus d’experts de la Société Française d’Hypertension Artérielle avec le partenariat du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français. Site internet : SFHTA. Paris ; 2015 [consulté le 9 mai 2022]
  • Sananes N, Gaudineau A, Akladios C.Y, Lecointre L, Langer B. Hypertension artérielle et grossesse. EMC-Obstétrique 2015 ;11(1) :1-14 [Article 5-036-A-10]
  • Jaafar J, Pechère-Bertschi A, Ditisheim A. Hypertensions gravidiques : considérations pratiques. Rev Med Suisse 2014;10:1645-9
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Principales complications de la grossesse – Hypertension artérielle (HTA) gravidique. ECN 2018. 3e édition Elsevier Masson
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