Reconnaître un herpès génital

24 avril 2017
L'herpès génital est une maladie virale très contagieuse et sexuellement transmissible. Après la primo infection, le virus s’installe dans l’organisme et s’y « endort ». Il se manifeste ensuite, lors de poussées, par de petites cloques évoluant en plaies, localisées sur les organes sexuels ou à proximité.

Herpès génital : une infection virale sexuellement transmissible

L’herpès génital est une infection sexuellement transmissible, virale et récidivante : elle peut ressurgir plusieurs fois chez la même personne.

En France, l'herpès génital touche 20 % de la population sexuellement active et particulièrement les personnes âgées de 25 à 35 ans.

Le risque le plus grave est la transmission du virus au nouveau-né lorsque la femme enceinte est infectée. Mais cette situation est rare (environ 3 cas pour 100 000, soit 20 cas par an en France).

Deux virus peuvent être à l’origine de l’herpès :

  • le type 1 (ou HV1), responsable des infections herpétiques de la partie supérieure du corps. L'infection peut atteindre la bouche, la de l'œil et la lèvre supérieure (herpès labial ou « bouton de fièvre ») ;
  • le type 2 (ou HV2), à l'origine des infections de la partie basse du corps, en particulier de l’herpès génital.

Toutefois, de plus en plus d'infections génitales sont dues à HV1 (10 à 30 % des cas). Elles sont favorisées par les pratiques sexuelles bucco-génitales.

La primo-infection herpétique correspond au premier contact entre le virus et l’organisme. Hormis le cas de la transmission mère-enfant, elle se produit lors d’un rapport sexuel, avec ou sans pénétration. Elle génère des symptômes plus ou moins forts.

Suivant les cas, le partenaire qui transmet le virus :

  • présente des lésions d’herpès sur le sexe, les fesses ou les cuisses ;
  • est porteur du virus sur ses muqueuses, sans symptômes.

En cas de bouton de fièvre, le virus VH1 est présent sur les lèvres. Un rapport sexuel mettant en contact la bouche avec le sexe peut être à l’origine d’une transmission du virus aux parties sexuelles du partenaire.

Une fois contracté, le virus de l'herpès chemine dans les nerfs sensitifs correspondant au territoire infecté et se loge dans un ganglion nerveux où il reste "endormi". Il devient latent pour une période allant de quelques semaines à plusieurs années, voire définitivement. Mais le plus souvent, le virus réapparait périodiquement dans la zone où il a été contracté : ce sont les poussées d’herpès ou récurrences ou récidives. En effet, sous diverses influences, le virus se multiplie et, longeant les nerfs, revient coloniser le territoire de la peau ou des muqueuses initialement infectées en provoquant des lésions beaucoup moins étendues mais volontiers récidivantes.

Certains facteurs favorisent les poussées d'herpès :

  • le stress ;
  • la fatigue ;
  • une autre infection ;
  • une baisse des défenses immunitaires ;
  • un changement hormonal (pendant les règles, par exemple).

Les récidives (ou récurrences) sont plus fréquentes au cours de l’année qui suit la primo-infection.

© Pulsations Multimedia « Allô Docteurs »

Les symptômes de l'herpès génital

L’herpès génital se manifeste par des petits picotements, des cloques puis des ulcérations sur les organes sexuels ou à proximité. Mais parfois, il peut passer complètement inaperçu.

La première infection par le virus (ou primo-infection) passe souvent inaperçue. Mais elle peut se manifester par :

  • des lésions minimes ou modérées d’herpès au niveau de la zone d'éruption. De petites cloques apparaissent, groupées en « bouquet ». Elles ressemblent à de petites bulles remplies d’un liquide transparent évoluant rapidement vers des ulcérations. Elles génèrent une irritation, des démangeaisons, des picotements, des brûlures, une gêne ou une douleur ;
  • des lésions génitales ou avoisinantes plus importantes et douloureuses : inflammation de la vulve et du vagin (appelée vulvo-vaginite), inflammation de l’anus et du rectum (ou ano-rectite), ulcérations douloureuses recouvertes d'un enduit blanchâtre, troubles de la sensibilité (picotements, fourmillements de la région génitale…) De la fièvre, des courbatures, des maux de tête, des maux de ventre, des douleurs en urinant peuvent accompagnés ces lésions.

La cicatrisation des lésions peut être longue et parfois nécessiter plusieurs semaines.

Les récidives se manifestent par :

  • des signes annonciateurs : picotements, sensation de brûlure au niveau de la zone d'éruption ;
  • une rougeur au niveau de la vulve ou du vagin, suivie par l'apparition de petites cloques, chargées de virus. Celles-ci vont se rompre et évoluer en petites plaies à vif, parfois très douloureuses. Ces symptômes peuvent être accompagnés de pertes vaginales ;
  • des lésions d’herpès pouvant apparaître à proximité des organes sexuels : cuisses, anus, fesses... ;
  • parfois des lésions localisées profondément dans le vagin et même sur le col de l’utérus. Il n’y a pas de symptômes apparents, ce qui rend le diagnostic difficile car les signes ne sont pas visibles à l’œil nu.

La guérison est obtenue en 7 à 10 jours.

Les récidives se manifestent par :

  • des signes annonciateurs de la poussée d’herpès comparables à ceux de la femme ;
  • des symptômes (rougeurs, cloques, croûtes) souvent moins douloureux que chez la femme ;
  • des lésions généralement présentes sur le pénis, le prépuce, ou la zone qui les sépare. L’herpès est particulièrement gênant et long à cicatriser lorsque les boutons se trouvent sur les testicules ;
  • des lésions d’herpès sur les cuisses, l’anus ou les fesses.

La guérison est obtenue en 7 à 10 jours.

Certaines personnes, hommes ou femmes, peuvent avoir été en contact avec le virus et ne jamais développer de symptômes de l’herpès. Le virus peut cependant être présent sur leurs muqueuses de façon intermittente sans aucun signe visible. Elles sont ainsi susceptibles de transmettre le virus à un partenaire.

© Blausen Medical

Sources
  • Collège national des enseignants de dermatologie. Infections à herpès virus de l'enfant et de l'adulte immunocompétents : herpès cutané et muqueux. Site internet : Campus de dermatologie de l'Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2010-2011 [consulté le 3 mars 2017]
  • Pilly E. Infections à herpès virus du sujet immunocompétent. Maladies infectieuses et tropicales - Préparation ECN. Éditions Alinéa Plus 2016
  • Société française de dermatologie. L’herpès génital. Site internet : Dermato-info.fr. Paris ; 2015 [consulté le 3 mars 2017]