Le traitement de l'hépatite C

04 juin 2020
L'hépatite C aiguë passe le plus souvent inaperçue. Si elle évolue en hépatite C chronique, celle-ci est traitée par des antiviraux à action directe en association éventuelle à de la ribavirine. Une surveillance médicale est indispensable.

Le traitement de l'hépatite C aiguë

L'hépatite C aiguë passe inaperçue 9 fois sur 10. Mais, si elle est diagnostiquée à ce stade, un traitement peut être prescrit. Il repose sur des médicaments antiviraux et peut être envisagé, compte tenu :

  • du fort taux de chronicité associé à l'hépatite C aiguë (de 70 à 85 % des cas),
  • du risque de transmission élevé du VHC,
  • de la très grande efficacité et de la très bonne tolérance des médicaments antiviraux actifs contre le VHC.

En cas d'hépatite, la consommation d'alcool ainsi que celle de médicaments toxiques pour le foie sont fortement contre-indiquées (éviter notamment le paracétamol en automédication).

Les mesures pour prévenir l'hépatite C sont nécessaires pour éviter la transmission.

Le traitement de l'hépatite C chronique

Les objectifs du traitement de l'hépatite C chronique et les parcours de soins

L'objectif du traitement de l'hépatite C chronique est de :

  • faire disparaître le virus : on parle alors de guérison virologique ;
  • éviter ainsi la transmission du virus de l'hépatite C ;
  • protéger le foie : diminuer ou supprimer l'activité du virus ce qui permet de ralentir, d'arrêter, voire de faire régresser la du foie, lorsqu'elle existe. Cela n’est pas dû aux antiviraux qui sont sans effet sur la , mais à la capacité du foie à se régénérer dans une certaine mesure, si on supprime l’agression virale.

Le traitement est proposé à l'ensemble des patients ayant une infection chronique par le VHC, y compris aux patients porteurs du virus mais n'ayant aucun symptômes, pas de hépatique ou une hépatique débutante de stade F1.

Un parcours simplifié de prise en charge, au plus proche de leur lieu de vie, est proposé aux personnes porteuses chroniques du VHC et :

Pour les personnes dont la situation clinique est plus complexe, le choix du traitement et la surveillance sont assurés, dans un parcours spécialisé, par une équipe médicale pluridisciplinaire (hépato-gastro-entérologue, biologiste, radiologue...) en lien étroit avec le médecin traitant.

    Les médicaments antiviraux de l'hépatite C chronique

    Dans le cadre d'une prise en charge dans un parcours simplifié

    Le choix du traitement porte, en première intention dans le cadre d'un parcours de soins simplifié, sur deux associations de médicaments antiviraux à action directe :

    • sofosbuvir/velpatasvir pendant 12 semaines,
    • ou glécaprévir/pibrentasvir pendant 8 à 16 semaines.

    Un contrôle biologique par le dosage de l'ARN du VHC dans le sang, 12 semaines après l'arrêt du traitement, est indispensable. Si l'ARN du VHC est indétectable, le patient est guéri. Sinon, il est adressé vers une consultation spécialisée.

    Hormis ces médicaments, il existe beaucoup d’autres antiviraux actifs contre le VHC (glécaprevir, daclatasvir, ledipasvir, etc.) qui sont plutôt réservés à un traitement dans un parcours spécialisé.

    Dans le cadre d'une prise en charge dans un parcours spécialisé

    Dans le cadre de ce parcours de soins, des médicaments antiviraux à action directe (AAD) ciblant spécifiquement le virus (VHC) sont utilisés, associés entre eux sur des durées de 8 à 16 semaines.

    Le choix du protocole thérapeutique en cas d'hépatite C chronique dépend de plusieurs critères que l'équipe médicale analyse en concertation :

    • caractéristiques génétiques du virus,
    • antécédents de traitement par des antiviraux,
    • existence ou non d'une hépatique,
    • infection simulanée par le VIH ou le VHB (hépatite B),
    • maladie associée, 
    • consommation d'alcool...

    Le traitement fait en général appel à deux médicaments antiviraux pendant 8 à 12 semaines, parfois 16 semaines. Les associations utilisées en général sont :

    • sofosbuvir + velpatasvir pendant 12 semaines,
    • glecaprevir + pibrentasvir pendant 8 à 16 semaines,
    • sofosbuvire + ledipasvir pendant 8 semaines,
    • grazoprevir + elbasvir pendant 12 semaines.

    Les effets indésirables des antiviraux à action directe les plus fréquents sont la fatigue, les céphalées, l'insomnie, les nausées et la diarrhée. Il est important de rapporter les effets indésirables à l’équipe médicale, car des examens sont parfois nécessaires pour distinguer un effet indésirable dû au médicament, d’un effet dû à l’hépatite elle-même.

    Si vous êtes traité(e) par antiviraux contre le VHC, soyez vigilant(e) car il existe de nombreuses interactions médicamenteuses (automédication, naturopathie) et des interactions avec certains aliments (pamplemousse, orange sanguine, millepertuis...)

    Des contrôles sanguins de réponse virologique sont effectués après l'arrêt du traitement. En cas d'échec de traitement, il existe d'autres médicaments antiviraux utilisés souvent en trithérapie avec ou sans association à la ribavirine pendant 12 à 24 semaines.

    Des traitements complémentaires sont parfois proposés :

    • pour lutter contre les effets secondaires du traitement ;
    • pour traiter les complications de l'hépatite C ;
    • pour  prendre en charge les maladies associées.

    La transplantation hépatique pour cirrhose décompensée ou cancer du foie est actuellement rarement nécessaire en raison de l'efficacité des antiviraux dans l'hépatite C chronique.

    L'hépatite C chronique peut être reconnue en affection de longue durée.

    Votre médecin traitant pourra demander la reconnaissance de votre maladie au titre d'une affection de longue durée.

    • Haute Autorité de santé (HAS). Actualisation des actes de biologie médicale relatifs au diagnostic et à la prise en charge des hépatites B, C et D. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2017 [consulté le 4 juin 2020]
    • Haute Autorité de santé (HAS). Fiche mémo. Hépatite C : prise en charge simplifiée chez l'adulte. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2019 [consulté le 4 juin 2020]
    • Haute Autorité de santé. Prise en charge de l'Hépatite C par les médicaments antiviraux d'action directe. Recommandation du collège. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2017 [consulté le 4 juin 2020]
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    • Société française d'hépatologie. Recommandations AFEF sur la prise en charge de l'hépatite virale C - 2018. Site internet : Afef. Paris ; 2018 [consulté le 4 juin 2020]
    • Institut national de la santé et de la recherche médicale. Hépatite C. Site internet : Inserm. Paris ; 2019 [consulté le 4 juin 2020]
    • Organisation mondiale de la santé (OMS). Hépatite C. Site internet : OMS. Genève (Suisse) ; 2019 [consulté le 4 juin 2020]