Le traitement de l'hépatite C

14 novembre 2019
L'hépatite C aiguë passe le plus souvent inaperçue. Si elle évolue en hépatite C chronique, celle-ci est traitée par des antiviraux à action directe en association éventuelle à de la ribavirine. Une surveillance médicale est indispensable.

Le traitement de l'hépatite C aiguë

L'hépatite C aiguë passe inaperçue 9 fois sur 10. Mais, si elle est diagnostiquée dans sa phase aiguë, un traitement par médicaments antiviraux à action directe de l'hépatite C peut être envisagé, compte tenu :

  • du fort taux de chronicité associé à l'hépatite C aiguë (de 70 à 85 % des cas),
  • du risque de transmission élevé du VHC,
  • de la très grande efficacité et de la très bonne tolérance des médicaments antiviraux à action directe.

En cas d'hépatite, la consommation d'alcool ainsi que celle de médicaments toxiques pour le foie sont fortement contre-indiquées.

Les mesures pour prévenir l'hépatite C sont nécessaires pour éviter la transmission.

Le traitement de l'hépatite C chronique

Les objectifs du traitement de l'hépatite C chronique et les parcours de soins

L'objectif du traitement de l'hépatite C chronique est de :

  • faire disparaître le virus : on parle alors de guérison virologique ;
  • éviter ainsi la transmission du virus de l'hépatite C ;
  • protéger le foie : diminuer l'activité de la maladie permet de ralentir, d'arrêter, voire de faire régresser la du foie, lorsqu'elle existe.

Le traitement est proposé à l'ensemble des patients ayant une infection chronique par le VHC, y compris aux patients porteurs du virus mais n'ayant aucun symptômes, n'ayant pas de hépatique ou une hépatique débutante (stade F1).

Un parcours simplifié de prise en charge, au plus proche de leur lieu de vie, est proposé aux personnes porteuses chroniques du VHC et :

Pour les personnes dont la situation clinique est plus complexe, le choix du traitement et la surveillance sont assurés, dans un parcours spécialisé, par une équipe médicale pluridisciplinaire (hépato-gastro-entérologue, biologiste, radiologue...) en lien étroit avec le médecin traitant.

    Les médicaments antiviraux de l'hépatite C chronique

    Dans le cadre d'une prise en charge dans un parcours simplifié

    Le choix du traitement porte sur deux associations de médicaments antiviraux à action directe :

    • sofosbuvir/velpatasvir pendant 12 semaines,
    • ou glécaprévir/pibrentasvir pendant 8 semaines.

    Un contrôle biologique par la recherche de la présence de l'ARN viral du VHC 12 semaines après l'arrêt du traitement est indispensable. Si l'ARN du VHC est indétectable, le patient est guéri. Sinon, il est adressé vers une consultation spécialisée.

    Dans le cadre d'une prise en charge dans un parcours spécialisé

    Des médicaments antiviraux à action directe (AAD) ciblant spécifiquement le virus (VHC) sont utilisés, associés entre eux sur des durées de 8 à 16 semaines.

    Le choix du protocole thérapeutique en cas d'hépatite C chronique dépend de plusieurs critères que l'équipe médicale analyse en concertation :

    • génotype du virus,
    • antécédents de traitement par des antiviraux,
    • existence ou non d'une hépatique,
    • atteinte concomitante par le VIH, le VHB (hépatite B),
    • maladie associée, 
    • consommation d'alcool...

    Le traitement fait en général appel à deux médicaments antiviraux pendant 8 à 12 semaines, parfois 16 semaines. Les associations utilisées en général sont :

    • sofosbuvir + velpatasvir pendant 12 semaines,
    • glecaprevir + pibrentasvir pendant 8 à 16 semaines,
    • sofosbuvire + ledipasvir pendant 8 semaines,
    • grazoprevir + elbasvir pendant 12 semaines.

    Les effets indésirables des antiviraux à action directe les plus fréquents sont la fatigue, les céphalées, l'insomnie, les nausées et la diarrhée.

    Si vous êtes traité(e) par antiviraux à action directe, soyez vigilant(e) car il existe de nombreuses interactions médicamenteuses (automédication, naturopathie) et des interactions avec certains aliments (pamplemousse, orange sanguine, millepertuis...)

    Des contrôles sanguins de réponse virologique sont effectués après l'arrêt du traitement. En cas d'échec de traitement, il existe d'autres médicaments antiviraux utilisés souvent en trithérapie avec ou sans association à la ribavirine pendant 12 à 24 semaines.

    Des traitements complémentaires sont parfois proposés :

    • pour lutter contre les effets secondaires du traitement ;
    • pour traiter les complications de l'hépatite C ;
    • pour  prendre en charge les maladies associées.

    La transplantation hépatique pour cirrhose décompensée ou cancer hépatocellulaire est actuellement rarement nécessaire en raison de l'efficacité des antiviraux dans l'hépatite C chronique.

    L'hépatite C chronique peut être reconnue en affection de longue durée.

    Votre médecin traitant pourra demander la reconnaissance de votre maladie au titre d'une affection de longue durée.

    • Haute Autorité de santé (HAS). Actualisation des actes de biologie médicale relatifs au diagnostic et à la prise en charge des hépatites B, C et D. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2017 [consulté le 15 octobre 2019]
    • Haute Autorité de santé (HAS). Fiche mémo. Hépatite C : prise en charge simplifiée chez l'adulte. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2019 [consulté le 14 Octobre 2019]
    • Haute Autorité de santé. Prise en charge de l'Hépatite C par les médicaments antiviraux d'action directe. Recommandation du collège. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2017 [consulté le 15 octobre 2019]
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    • Société française d'hépatologie. Recommandations AFEF sur la prise en charge de l'hépatite virale C - 2018. Site internet : Afef. Paris ; 2018 [consulté le 15 octobre 2019]
    • Institut national de la santé et de la recherche médicale. Hépatite C. Site internet : Inserm. Paris ; 2019 [consulté le 15 octobre 2019]
    • Organisation mondiale de la santé (OMS). Hépatite C. Site internet : OMS. Genève (Suisse) ; 2019 [consulté le 15 octobre 2019]