Sommaire : Hémorroïdes

Hémorroïdes : consultation et traitement

Le choix du traitement dépend de l'examen du médecin et de l’évolution des hémorroïdes. Le traitement médical permet de soulager le patient lors de la crise hémorroïdaire ; en cas de persistance de symptômes de la maladie hémorroïdaire, un traitement endoscopique ou chirurgical est nécessaire.

Hémorroïdes : la consultation médicale

Votre médecin traitant peut vous adresser à un médecin gastro-entérologue pour bilan.

Le médecin gastro-entérologue vous interroge sur les symptômes que vous ressentez. Il examine la région anale et explore le canal anal grâce à un anuscope (petit endoscope court et rigide). Aucun autre examen complémentaire n'est utile pour poser le diagnostic d'hémorroïdes.

L’origine hémorroïdaire des saignements ne peut être affirmée qu’après avoir éliminé une lésion autre du tube digestif (polype du colon, cancer du colon, etc.), en particulier par la coloscopie.

Hémorroïdes : les règles hygiéno-diététiques sont indispensables

Quel que soit le traitement envisagé pour la maladie hémorroïdaire, votre médecin vous explique l’importance de suivre les conseils hygiéno-diététiques.

Les médicaments contre les hémorroïdes

Le traitement médical des hémorroïdes a pour objectif de faire disparaître ou de réduire les symptômes (en termes d'intensité, de durée, de fréquence). Il est utilisé sur de courtes périodes de une à deux semaines.

Les laxatifs

Les laxatifs peuvent être utilisés pour lutter contre la constipation (de lest, osmotiques, lubrifiants) qui aggrave la maladie hémorroïdaire.

Les médicaments à usage local pour soulager une crise d'hémorroïdes

Souvent utilisés en automédication, ces médicaments, sous forme de crèmes ou de suppositoires à usage local, ont un rôle apaisant des hémorroïdes en raison de leurs propriétés décongestionnante, anesthésiante, lubrifiante (facilitant la ) et anti-inflammatoire. Ils réalisent un pansement protégeant la contre l’agression des selles.

Ces produits peuvent être obtenus sans ordonnance, sauf ceux contenant des corticoïdes dont l'usage ne doit pas être prolongé.

Hémorroïdes : les médicaments veinotoniques sont-ils utiles ?

Ces médicaments, pris par voie orale, peuvent être utilisés en cure courte pour le traitement de la crise hémorroïdaire. Il n'y a pas d'intérêt à associer des veinotoniques entre eux, ni à les utiliser de manière prolongée. Ils peuvent être associés aux laxatifs.

Ces médicaments ne peuvent pas être utilisés à titre préventif.

Les antalgiques et les anti-inflammatoires non stéroïdiens soulagent la douleur hémorroïdaire

Le paracétamol et les anti-inflammatoires sont efficaces pour soulager les douleurs en particulier de la hémorroïdaire.

Le traitement endoscopique des hémorroïdes au cabinet du médecin

Le traitement instrumental des hémorroïdes

En cas d'échec du traitement médical et si les troubles de la maladie hémorroïdaire persistent, un traitement instrumental peut être proposé. Il peut être effectué en consultation, sans anesthésie ni lavement préparatoire.

Lors de l'examen de la région anale et de l', le médecin décide de la technique thérapeutique la plus adaptée. Quel que soit le traitement choisi, celui-ci apporte un soulagement important mais n'élimine pas la possibilité de récidive.

Ce traitement a pour but d'obtenir une zone cicatricielle au sommet des hémorroïdes internes de façon à renforcer leur soutien. Il ne supprime pas les hémorroïdes.

Il fait appel à des méthodes très diverses, utilisées en une ou plusieurs séances, si besoin :

  • ligature élastique des hémorroïdes (un anneau élastique est placé au sommet des paquets hémorroïdaires) ;
  • sclérose (un produit sclérosant est injecté sous la ) ;
  • photo ou éléctrocoagulation ;
  • cryothérapie.

Les effets secondaires peuvent être de la fièvre, des saignements, des douleurs. Mais le plus souvent, le traitement est bien supporté. Ainsi, si vous avez une activité professionnelle, un jour d'arrêt suffit en général.

L'efficacité de ces traitements s'épuise avec le temps et les symptômes peuvent réapparaître.

Le traitement de la thrombose hémorroïdaire externe

Traitement médical

Il associe des anti-inflammatoires non stéroïdiens, des antalgiques et des régulateurs de transit. La douleur disparaît et la régresse en quelques semaines.

Excision ou incision de la thrombose hémorroïdaire

C’est un geste simple et réalisable en consultation, si besoin sous anesthésie locale, qui soulage immédiatement la personne.
L’incision consiste en une ouverture simple de la tuméfaction au bistouri et un nettoyage de la cavité pour s’assurer de l’évacuation complète du caillot.
L’excision enlève la peau tuméfiée permettant une évacuation complète du caillot et du sac fibreux l'entourant. Elle est souvent préférée à l'incision car elle diminue le risque de séquelles et de récidive.

Des soins locaux comprenant des antiseptiques peuvent parfois être prescrits.

Le traitement chirurgical des hémorroïdes

Le traitement chirurgical est proposé après échec des traitements instrumentaux ou d'emblée si les hémorroïdes sont volumineuses.

L'intervention chirurgicale pour hémorroïdes est effectuée en structure de chirurgie ambulatoire ou lors d'une hospitalisation. Elle nécessite une anesthésie.

Les techniques chirurgicales

Diverses techniques opératoires existent et le choix est proposé par le chirurgien à son patient :

  • hémorroïdectomie. Les paquets hémorroïdaires sont enlevés dans leur globalité ;
  • hémorroïdopexie. Les hémorroïdes internes sont remontées dans le canal anal (et non pas enlevées). Elles sont maintenues en supprimant une collerette de et en réalisant une suture par agrafage. Ainsi, l'apport sanguin des hémorroïdes est diminué et les hémorroïdes sont mieux soutenues ;
  • ligatures des hémorroïdes. Les petites artères, qui alimentent en sang les hémorroïdes, sont ligaturées en plusieurs points, sous guidage . Ainsi, l'afflux de sang dans les hémorroïdes est diminué. C'est une chirurgie peu invasive ;
  • chirurgie mini-invasive par . Cette technique plus récente permet de "brûler" les paquets hémorroïdaires grâce à une sonde de radiofréquence sans abîmer la muqueuse. Les suites post opératoires sont simples (peu de douleurs, de saignements...)

Chirurgie des hémorroïdes : quelles suites opératoires ?

Les suites de l'intervention sont plus difficiles en cas d'hémorroïdectomie, en raison des douleurs et d'une cicatrisation plus longue que pour les autres interventions. Des soins locaux doivent être soigneusement réalisés après cure chirurgicale des hémorroïdes.

Des complications (douleurs, saignements, démangeaisons anales, troubles temporaires de la anale, constipation et saignements modérés) peuvent survenir dans les quelques jours suivant la chirurgie.

En cas de survenue de symptômes comme de la fièvre, des douleurs et des saignements plus de deux jours après une intervention, il est conseillé de consulter son médecin.

La cicatrisation après hémorroïdectomie survient en 4 à 6 semaines.

Les troubles éventuels de la continence anale après hémorroïdopexie disparaissent en 3 à 4 semaines et les agrafes régressent spontanément après 4 semaines.

L'efficacité de la ligature apparaît après 1 à 2 mois.

La chirurgie des hémorroïdes peut être responsable de séquelles comme des démangeaisons anales, des besoins pressants d'aller à la selle, une difficulté à identifier la survenue des gaz.

Reprise des activités après chirurgie des hémorroïdes

Après l’intervention chirurgicale pour hémorroïdes, la reprise progressive des activités physiques est possible selon le ressenti de chaque patient, mais la pratique de la natation ou de sports violents nécessite que la cicatrisation des plaies soit complète (4 à 6 semaines environ).

Les voyages en avion sont déconseillés pendant 15 jours.

Un arrêt de travail est nécessaire après l’intervention. Sa durée, adaptée à chaque patient, dépend de :

  • son état de santé général ;
  • la technique chirurgicale utilisée et des suites opératoires ;
  • la nature du travail exercé. Un travail physique avec port de charges lourdes impose un repos plus prolongé qu'un travail sédentaire.

En cas d'hémorroïdopexie, l'arrêt de travail varie entre 7 jours en cas de travail sédentaire et 10 jours en cas de travail physique lourd.

Après une hémorroïdectomie, l'arrêt est plus long allant de 14 jours en cas d'activité sédentaire à 28 jours si le travail est physiquement lourd. Dans ce dernier cas, la reprise d'activité peut nécessiter un aménagement temporaire du poste de travail. Parlez-en à votre médecin du travail.

  • Sénéjoux A. Hémorroïdes. Encyclopédie médico-chirurgicale, Gastroentérologie 2010:1-12 [Article 9-086-A-10]
  • Société nationale française de colo-proctologie (SNFCP). Les hémorroïdes. Site internet : SNFCP. Paris ; 2018 [consulté le 18 mars 2022]
  • Collégiale des universitaires en hépato-gastro-entérologie. Pathologie hémorroïdaire. ECN 2018. 3è édition Elsevier Masson
  • National Health service (NHS). Piles (haemorrhoids). Site internet : NHS. Londres ; 2019 [consulté le 18 mars 2022]
  • Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés. Arrêt de travail. Hémorroïdes : traitement chirurgical, après avis de la Haute Autorité de santé. Site internet : ameli.fr. Paris ; 2012 [consulté le 18 mars 2022]
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