Grossesse : pathologies associées et incompatibilité RH

14 septembre 2017
Les futures mamans dont le groupe sanguin est rhésus négatif sont concernées par le problème d'incompatibilité, si l’enfant qu’elles portent est de rhésus positif. Au cours de toute grossesse, un diabète gestationnel et/ou une hypertension artérielle gravidique sont aussi recherchés.

L'incompatibilité rhésus et la grossesse

Le groupe sanguin de la future maman est déterminé dès le début de grossesse, s'il n'est pas déjà connu.

Le groupe sanguin comporte le système A, B et O (présence ou non des antigènes A et B à la surface des globules rouges) et le système rhésus.

La mère est de groupe sanguin rhésus positif lorsqu'elle possède sur ses globules rouges l' Rh et de groupe sanguin rhésus négatif lorsqu'elle ne le possède pas.

Seules les femmes dont le groupe sanguin est rhésus négatif (A-, B-, AB-, O-) sont concernées par le problème d'incompatibilité, si l’enfant qu’elles portent est de rhésus positif.

Comment l'incompatibilité rhésus se constitue-t-elle ?

Lors d’une première grossesse, le sang du bébé et celui de sa mère sont parfaitement séparés par le placenta : il n’y a aucun risque pour le bébé.

Durant l'accouchement, lors d'une IVG, d'une IMG ou encore après une grossesse extra-utérine, des globules rouges du fœtus passent dans la circulation sanguine maternelle. Les globules blancs de la mère (rhésus négatif) identifient les globules rouges du bébé (rhésus positif) comme des cellules étrangères et fabriquent des anticorps dits " " contre ce facteur ou rhésus.

Lors d’une grossesse suivante, si le fœtus est de rhésus positif, les anticorps dont la mère est porteuse depuis le premier accouchement traversent le , passent dans la circulation sanguine du fœtus et détruisent ses globules rouges entraînant une anémie hémolytique. Les conséquences sont graves pour le fœtus ; c’est pourquoi, chez les mères de rhésus négatif, la recherche d’agglutinines irrégulières par une prise de sang est réalisée régulièrement, durant toute la grossesse.

En pratique, si vous êtes rhésus négatif :

  • vous devez recevoir une injection de sérum anti-rhésus après chaque accouchement : ce sérum neutralisera les quelques globules rouges rhésus positif qui peuvent être présents dans votre sang, pour éviter la formation d’agglutinines irrégulières et protéger vos futurs bébés ;
  • si la grossesse se termine par une fausse couche ou par une interruption de grossesse (IVG ou IMG), une injection de sérum anti-rhésus doit également être pratiquée.

L'hypertension artérielle et la grossesse

L'hypertension artérielle ou HTA est une augmentation de la pression du sang sur la paroi des artères. Elle se mesure en millimètres de mercure (mmHg) ou en centimètres de mercure (cmHg) et s’exprime par deux chiffres. L'hypertension est définie par une pression supérieure ou égale à 140/90 mmHg (ou 14/9 cmHg).

L'HTA peut exister avant la grossesse, mais elle peut également survenir en cours de grossesse après 20 semaines d'aménorrhée : on parle alors d'hypertension artérielle gravidique. Elle disparaît généralement moins de 6 semaines après l’accouchement, mais nécessite un suivi pendant la grossesse.

L'HTA gravidique est souvent découverte lors d'une consultation mensuelle du suivi de grossesse, au cours de laquelle le médecin, ou la sage-femme, prend la tension artérielle de la patiente et recherche la présence de protéines dans les urines à l’aide d’une bandelette urinaire.

L'hypertension artérielle  gravidique est source de complications maternelles pouvant mettre en jeu le pronostic vital : éclampsie (convulsions), troubles visuels, hématome rétroplacentaire, etc. Elle engendre par ailleurs plusieurs risques à long terme pour la mère.
L’HTA peut aussi être à l’origine de complications néonatales (qui concernent le nouveau-né), avec une élévation du risque de retard de croissance intra-utérin, de prématurité, etc.

En cas d'HTA gravidique, le suivi médical est renforcé et une traitement antihypertenseur est mis en place en cas d'HTA importante. Une hospitalisation est parfois nécessaire.

Le diabète gestationnel

Le diabète gestationnel est un trouble de la tolérance glucidique avec augmentation de la glycémie (quantité de sucre dans le sang), diagnostiqué pour la première fois au cours de la grossesse.

Il s'agit :

  • soit d'un diabète préexistant (le plus souvent diabète de type 2), méconnu jusque-là, découvert au cours de la grossesse et persistant après l'accouchement ;
  • soit d'une anomalie de la tolérance au sucre, transitoire, apparue au cours de la grossesse et disparaissant après l'accouchement.

Lors de toute grossesse, une recherche de sucre dans les urines est prévue chaque mois. Mais si un ou des facteurs de risque sont présents, le médecin ou la sage-femme demanderont, en plus, un dépistage du diabète gestationnel par la mesure de la glycémie à jeun et/ou par l' provoquée par voie orale (HPGO).

Une seule valeur de glycémie au-delà des seuils définis suffit à diagnostiquer un diabète gestationnel.

Ces seuils sont de :

  • 0,92g/l à jeun ;
  • ou 1,80g/l une heure après une charge orale en glucose de 75 g lors de l'HGPO ;
  • ou 1,53g/l deux heures après une charge orale de glucose de 75 g lors de l'HGPO.

La prise en charge diététique ou thérapeutique ( ) d'une sont nécessaires car il existe des risques pour le bébé et la maman : augmentation importante du poids du bébé (macrosomie) avec risque d’un accouchement difficile, chez le bébé à la naissance et risque de diabète ultérieur de type 2, augmentation du risque de pré-éclampsie.

En pratique, afin de traiter un diabète gestationnel, suivez les recommandations de votre médecin :

  • adoptez une alimentation plus équilibrée et bien répartie dans la journée et suivez les conseils diététiques ;
  • pratiquez l'autosurveillance glycémique, si le médecin ou la sage-femme vous le conseillent ;
  • soyez active et suivez les conseils d'activité physique qui vous sont donnés ;
  • suivez bien les traitements prescrits (le recours à l' peut être nécessaire dans certains cas).

Suivi médical chez les futures mamans diabétiques

Lorsqu'une jeune femme atteinte de diabète de type 1 ou de diabète de type 2 souhaite avoir un enfant, elle bénéficie tout au long de sa grossesse d'une surveillance accrue, mise en place dès le début. Son traitement anti diabétique est adapté à sa situation.

© Blausen Medical

Sources
  • Collège national des Gynécologues et Obstétriciens français (CNGOF). Hypertension artérielle gravidique. Site internet : Campus cerimes. Lille (France) ; 2016 [consulté le 17 septembre 2016]
  • Collège national des Gynécologues et Obstétriciens français (CNGOF). Recommandations pour la pratique clinique-Le diabète gestationnel. Site internet : CNGOF. Paris ; 2010 [consulté le 29 septembre 2016]
  • Kasper DL, Braunwald E, Fuci AS, Hauser SL, Collectif. Harrison : principes de médecine interne. 16e éd. Paris : Médecine-Sciences Flammarion ; 2006, p.662-3.
  • Haute Autorité de santé (HAS). Suivi et orientation des femmes enceintes en fonction des situations à risque identifiées. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2016 [consulté le 29 septembre 2016]