Anomalies du déroulement de la grossesse

24 avril 2017
Dès le début de grossesse, le suivi médical vise à prévenir ou à diagnostiquer précocement les complications pouvant survenir dans le déroulement de la grossesse. Parfois, en cas de graves problèmes concernant la mère ou l'enfant, une interruption médicalisée de grossesse est nécessaire.

La grossesse extra-utérine (GEU)

Après la fécondation, l'œuf se fixe dans la de l’utérus : c'est la . Lorsqu'il se fixe anormalement dans une autre partie de l’appareil génital (une trompe utérine ou trompe de Fallope, le plus souvent), on parle de grossesse extra-utérine.

Les symptômes ne sont pas spécifiques de la grossesse extra-utérine :

  • des douleurs dans le bas-ventre, souvent d’un seul côté ou parfois absentes,
  • des saignements vaginaux peu abondants de couleur noirâtres.

Le danger, en l'absence de traitement précoce, est la survenue d’une rupture de la trompe avec hémorragie interne.

Un examen gynécologique, une échographie pelvienne par voie endovaginale et un dosage de l’hormone bêta HCG permettent au médecin de poser le diagnostic.

Le traitement consiste à éliminer l’œuf, soit par un traitement médicamenteux si le diagnostic est précoce, soit par une intervention chirurgicale qui conserve, si possible la trompe. Cette intervention est effectuée par .

Une grossesse extra-utérine (GEU) peut être responsable d'une diminution ultérieure de la fertilité.

© Blausen Medical

La grossesse môlaire

C’est une anomalie rare parfois appelée "môle hydatiforme". Dans le cas de la grossesse môlaire, l'œuf ne se transforme en en raison de la présence d’anomalies génétiques. Cependant, les cellules destinées à former le continuent à se développer et à produire l’hormone de grossesse bêta HCG à un taux anormalement élevé.

La plupart des môles hydatiformes sont diagnostiquées à un stade assez précoce à la suite de saignements vaginaux. Le dosage des bêta HCG et l'échographie confirment le diagnostic.

La môle hydatiforme est retirée sous anesthésie par aspiration.

La fausse couche

La fausse couche est l’arrêt spontané de la grossesse avant la 22ème semaine.

Plus la grossesse avance dans le temps, moins il y a de risques de fausse couche. Près de neuf arrêts spontanés de grossesse sur dix ont lieu durant les trois premiers mois.

La fausse couche se manifeste par un saignement vaginal avec éventuellement des caillots, accompagné de douleurs abdominales ou lombaires, un peu comme des douleurs de règles. Cependant, un saignement vaginal en début de grossesse n’est pas forcément suivi de fausse couche, de nombreuses femmes poursuivent leur grossesse normalement.

Il est important d’être à l’écoute de votre corps et de signaler tout ce qui vous paraît inhabituel, lors de vos consultations :

  • en début de grossesse, si les nausées ou la tension des seins disparaissent ;
  • si vous avez des douleurs abdominales ou pelviennes (dans le bas du ventre) ;
  • si vous avez de la fièvre ;
  • si vous saignez ;
  • si vous perdez du liquide amniotique.

Si vous avez un doute, n’hésitez pas à consulter votre médecin ou votre sage-femme.

Le placenta prævia

Normalement, le se fixe au fond de la cavité utérine.

On parle de prævia lorsqu’il recouvre en partie ou en intégralité le col de l’utérus, par lequel sort le bébé.

Le prævia peut causer des saignements durant la grossesse. Chez la plupart des femmes, le prævia se déplace un peu dans la cavité utérine lors de la grossesse et permet un accouchement par voie basse. Néanmoins, si ce n’est pas le cas, une césarienne peut être décidée. L’évolution de ce prævia doit donc être particulièrement surveillée.

L'accouchement prématuré

Quand parle-t-on de prématurité ?

Entre 37 et 41 semaines d’aménorrhée un nouveau-né est dit "à terme". Avant 37 semaines d’aménorrhée le nouveau-né est considéré comme prématuré. Les nouveau-nés prématurés doivent bénéficier d’une surveillance médicale accrue du fait de leur plus grande fragilité à la naissance et des conséquences possibles à long terme.

Les causes d'accouchement prématuré

Le risque d’accoucher prématurément est augmenté lorsque la mère a moins de 18 ans ou plus de 35 ans, lorsqu'elle fume ou boit de l'alcool.

Les causes d’accouchement prématuré les plus fréquentes sont :

  • les grossesses gémellaires ou multiples ;
  • les anomalies de l’utérus et d'implantation du ( prævia) ;
  • les infections génitales et infections urinaires ;
  • les infections générales comme la grippe ou la rubéole.

D’autres causes peuvent conduire à décider volontairement d’une naissance anticipée, en cas de danger pour la mère ou pour l’enfant :

  • retard de croissance du fœtus (fœtus de taille insuffisante pour son âge gestationnel) ;
  • HTA et pré-éclampsie (atteinte rénale avec œdèmes et présence d' dans les urines) ;
  • diabète;
  • incompatibilité rhésus.

Bébé est prématuré

Il a été mis en couveuse. Quand parle-t-on de prématurité , qu'est-ce qu'une couveuse, quels soins lui sont prodigués...? Vous pouvez lire les articles sur le site Mpedia. Vous trouverez également les réponses à vos questions sur le retour à la maison du bébé prématuré (comment l'allaiter, comment vous faire aider ?).

Les cas où il faut consulter

Dès le début ou au cours de ma grossesse, je consulte si :

  • j’ai des douleurs abdominales fréquentes et/ou intenses ;
  • j’ai de la fièvre ;
  • j’ai des saignements vaginaux ;
  • je perds du liquide amniotique ;
  • je ne sens plus mon bébé bouger depuis plus de six heures.

L’interruption médicalisée de grossesse (IMG)

L’IMG est l’interruption d’une grossesse pour motif médical. Elle peut être réalisée, quelle que soit la date d’accouchement prévue, dans certaines situations graves :

  • la grossesse met gravement en danger la santé de la femme enceinte ;
  • l'enfant à naître est atteint d'une affection particulièrement grave et incurable.
Sources
  • Collège national des Gynécologues et Obstétriciens français (CNGOF). Grossesse extra-utérine. Site internet : Campus cerimes. Lille (France) ; 2011 [consulté le 17 septembre 2016]
  • Rambaud P. Prématurité et hypotrophie néonatale. Site internet : Université Joseph Fourier. Grenoble (France) ; 2003 [consulté le 29 septembre 2016]
  • Orphanet. Môle hydatiforme. Site internet : Orphanet. Paris ; 2011 [consulté le 17 septembre 2016]
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Les pertes de grossesse. Site internet : CNGOF. Paris ; 2014 [consulté le 29 septembre 2016]
  • Direction de l'information légale et administrative. Interruption médicalisée de grossesse (IMG). Site internet : Service-public.fr. Paris ; 2014 [consulté le 29 septembre 2016]
  • National Health Service (NHS). When pregnancy goes wrong. Site internet : NHS choises. Londres ; 2015 [consulté le 29 septembre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Suivi et orientation des femmes enceintes en fonction des situations à risque identifiées. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2016 [consulté le 29 septembre 2016]