Anomalies du déroulement de la grossesse

18 février 2019
Dès le début de grossesse, le suivi médical vise à prévenir ou à diagnostiquer précocement les complications pouvant survenir dans le déroulement de la grossesse. Parfois, en cas de graves problèmes concernant la mère ou l'enfant, une interruption médicalisée de grossesse est nécessaire.

La grossesse extra-utérine (GEU)

Après la fécondation, l'œuf se fixe dans la de l’utérus : c'est la .

Lorsqu'il se fixe anormalement dans une autre partie de l’appareil génital (une trompe utérine ou trompe de Fallope, le plus souvent), on parle de grossesse extra-utérine.

Les symptômes ne sont pas spécifiques de la grossesse extra-utérine :

  • des douleurs dans le bas-ventre, souvent d’un seul côté ou parfois absentes,
  • des saignements vaginaux peu abondants de couleur noirâtre,
  • un retard des règles en faveur d'une grossesse,
  • les premiers signes de la grossesse (nausées, tension des seins...)

Le danger, en l'absence de traitement précoce, est la survenue d’une rupture de la trompe utérine avec hémorragie interne.

Un examen gynécologique, une échographie pelvienne par voie endovaginale et un dosage sanguin de l’hormone bêta HCG permettent au médecin de poser le diagnostic.

Le traitement consiste à éliminer l’œuf mal implanté :

  • soit par un traitement médicamenteux si le diagnostic est précoce,
  • soit par une intervention chirurgicale effectuée par cœlioscopie :
    • dans tous les cas où cela est possible : incision de la trompe utérine  (salpingotomie) et aspiration de l'œuf implanté permettant la conservation de la trompe utérine,
    • dans les formes plus graves (grossesse extra-utérine plus avancée), la trompe est enlevée (salpingectomie).

Une grossesse extra-utérine (GEU) peut être responsable d'une diminution ultérieure de la fertilité.

Vidéo : La grossesse extra-utérine

© Blausen Medical

La grossesse môlaire

La grossesse môlaire est une anomalie rare parfois appelée "môle hydatiforme".

Dans le cas de la grossesse môlaire, l'œuf s'implante dans la utérine mais, en raison de la présence d’anomalies génétiques (chromosomes anormaux), il ne se transforme pas en . Cependant, les cellules destinées à former le continuent à se développer et à produire l’hormone de grossesse bêta HCG à un taux anormalement élevé.

La plupart des môles hydatiformes sont diagnostiquées à un stade assez précoce à la suite de saignements vaginaux. Le dosage sanguin des bêta HCG et l'échographie abdomino-pelvienne confirment le diagnostic.

La môle hydatiforme est retirée sous anesthésie générale par aspiration intra-utérine.

La fausse couche

La fausse couche est l’arrêt spontané de la grossesse avant la 22ème semaine.

Plus la grossesse avance dans le temps, moins il y a de risques de fausse couche. Près de neuf arrêts spontanés de grossesse sur dix ont lieu durant les trois premiers mois.

Une fausse couche se manifeste par :

  • des saignements vaginaux ou métrorragies : ceux-ci peuvent être légers ou abondants, irréguliers ou ininterrompus, de teinte brunâtre ou rouge vif ;
  • une expulsion par le vagin de tissus brunâtres ou de caillots de sang ;
  • des douleurs dans le bas du dos (sensation diffuse et constante), ou au niveau de l’abdomen, ou des crampes pelviennes ressemblant aux douleurs des règles.

Un saignement par voie vaginale en début de grossesse n'annonce pas toujours une fausse couche. Un quart des femmes enceintes présentent un saignement au cours du 1er trimestre et poursuivent leur grossesse normalement. Mais si le saignement est accompagné de douleurs, il s’agit plus probablement d’une fausse couche.

Il est important d’être à l’écoute de votre corps et de signaler tout ce qui vous paraît inhabituel, lors de vos consultations :

  • en début de grossesse, si les nausées ou la tension des seins disparaissent ;
  • si vous avez des douleurs abdominales ou pelviennes (dans le bas du ventre) ;
  • si vous avez de la fièvre ;
  • si vous saignez ;
  • si vous perdez du liquide amniotique.

Si vous avez un doute, n’hésitez pas à consulter votre médecin ou votre sage-femme.

Le placenta prævia

Normalement, le se fixe au fond de la cavité utérine.

On parle de prævia lorsqu’il recouvre en partie ou en intégralité l'orifice interne du col de l’utérus, par lequel sort le bébé.

Le prævia cause fréquemment des saignements durant la grossesse.

Chez la plupart des femmes, le prævia se déplace un peu dans la cavité utérine lors de la grossesse et permet un accouchement par voie basse.

Néanmoins, si ce n’est pas le cas, une césarienne est nécessaire.

L’évolution de ce prævia doit donc être particulièrement surveillée par échographie abdomino-pelvienne.

L'accouchement prématuré

Quand parle-t-on de prématurité ?

Entre 37 et 41 semaines d’aménorrhée un nouveau-né est dit "à terme".

Avant 37 semaines d’aménorrhée le nouveau-né est considéré comme prématuré. Les nouveau-nés prématurés doivent bénéficier d’une surveillance médicale accrue du fait de leur plus grande fragilité à la naissance et des conséquences possibles à long terme.

Les causes d'accouchement prématuré

Le risque d’accoucher prématurément est augmenté lorsque la mère a moins de 18 ans ou plus de 35 ans, lorsqu'elle fume ou boit de l'alcool.

Les causes d’accouchement prématuré les plus fréquentes sont :

  • les grossesses gémellaires ou multiples ;
  • les anomalies de l’utérus et d'implantation du ( prævia) ;
  • les infections génitales et infections urinaires ;
  • les infections générales comme la grippe ou la rubéole.

D’autres causes peuvent conduire à décider volontairement d’une naissance anticipée, en cas de danger pour la mère ou pour l’enfant :

Votre bébé est prématuré, informez-vous sur le site Mpedia. Quand parle-t-on de prématurité , qu'est-ce qu'une couveuse, quels soins lui sont prodigués...? Vous trouverez également les réponses à vos questions sur le retour à la maison du bébé prématuré (comment l'allaiter, comment vous faire aider ?).

L’interruption médicalisée de grossesse (IMG)

L’IMG est l’interruption d’une grossesse pour motif médical. Elle peut être réalisée, quelle que soit la date d’accouchement prévue, dans certaines situations graves :

  • la grossesse met gravement en danger la santé de la femme enceinte ;
  • l'enfant à naître est atteint d'une affection particulièrement grave et incurable.

Le déroulement de l'IMG nécessite des étapes bien précises.

  • Collège national des Gynécologues et Obstétriciens français. Grossesse extra-utérine. Site internet : CNGOF. Paris ; 2016 [consulté le 15 février 2019]
  • Orphanet. Môle hydatiforme. Site internet : Orphanet. Paris ; 2011 [consulté le 15 février 2019]
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Les pertes de grossesse. Site internet : CNGOF. Paris ; 2014 [consulté le 15 février 2019]
  • Direction de l'information légale et administrative. Interruption médicalisée de grossesse (IMG). Site internet : Service-public.fr. Paris ; 2018 [consulté le 15 février 2019]
  • National Health service (NHS). When pregnancy goes wrong. Site internet : NHS. Londres ; 2018 [consulté le 15 février 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Suivi et orientation des femmes enceintes en fonction des situations à risque identifiées. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2016 [consulté le 15 février 2019
  • Madar H, Brun S, Coatleven F, Chabanier P, Gomer H, Nithart A et al. Placenta praevia. EMC Elsevier Masson - Obstétrique, 2016;11(4) :1-12