Anomalies du déroulement de la grossesse

15 septembre 2021
Dès le début de grossesse, le suivi médical vise à prévenir ou à diagnostiquer précocement les complications pouvant survenir dans le déroulement de la grossesse. Parfois, en cas de graves problèmes concernant la mère ou l'enfant, une interruption médicalisée de grossesse est nécessaire.

La grossesse extra-utérine (GEU)

Après la fécondation qui a lieu dans la trompe utérine, l'œuf fécondé migre et vient se fixer dans la de l’utérus : c'est la .

Fécondation et

Schéma représentant les mécanismes de la fécondation dans l’appareil génital féminin (cf. description détaillée ci-après)

Lors d’une ovulation, l’un des 2 ovaires de la femme expulse un ovule qui est entrainé à l’intérieur de la trompe de Fallope.

Lors de la fécondation, les spermatozoïdes entrent dans l’appareil génital féminin par le vagin, canal musculaire de quelques centimètres. Ils franchissent ensuite le col de l’utérus, couloir étroit qui relie le vagin et l’utérus. Ils traversent l’utérus, poche triangulaire à laquelle sont attachés les trompes de Fallope. Ils suivent alors l’une de ses trompes jusqu’à atteindre l’ovule.

La fécondation, c’est-à-dire la rencontre entre un spermatozoïde et l’ovule, se produit dans la trompe de Fallope. L’ovule fécondé, appelé embryon, poursuit le trajet le long de la trompe, jusqu’à l’utérus.

 

Lorsque l'œuf fécondé se fixe anormalement dans une autre partie de l’appareil génital (dans une trompe utérine ou trompe de Fallope, le plus souvent), on parle de grossesse extra-utérine.

Le risque de grossesse extra-utérine est augmenté :

Les symptômes de grossesse extra-utérine ne sont pas spécifiques. Au cours du premier trimestre de grossesse, la jeune femme présente :

  • des douleurs dans le bas-ventre, souvent d’un seul côté, souvent sourdes avec des accès plus intenses. Ces douleurs sont parfois absentes,
  • des saignements vaginaux peu abondants de couleur noirâtre,
  • un retard des règles en faveur d'une grossesse accompagné éventuellement des premiers signes de la grossesse (nausées, tension des seins...)

Le danger, en l'absence de traitement précoce, est la survenue d’une rupture de la trompe utérine avec hémorragie interne intrapéritonéale.

Un examen gynécologique, une échographie pelvienne par voie endovaginale et un dosage sanguin de l’hormone bêta HCG permettent au médecin de poser le diagnostic.

Le traitement consiste à éliminer l’œuf mal implanté :

  • soit par un traitement médicamenteux si le diagnostic est précoce,
  • soit par une intervention chirurgicale effectuée par cœlioscopie :
    • dans tous les cas où cela est possible : incision de la trompe utérine  (salpingotomie) et aspiration de l'œuf implanté permettant la conservation de la trompe utérine,
    • dans les formes plus graves (grossesse extra-utérine plus avancée), la trompe est enlevée (salpingectomie).

Une grossesse extra-utérine (GEU) peut être responsable d'une diminution ultérieure de la fertilité.

Vidéo : La grossesse extra-utérine

[Cette animation 3D explique les risques d'implantation d'un ovule fécondé hors de l'utérus. Elle est réalisée par Blausen Medical.]

Pendant l'ovulation, un ovule, ou œuf, est libéré par l'ovaire de la femme chaque mois. Les fimbriae, petites projections en forme de doigts situés à l'extrémité des trompes de Fallope, capturent l'œuf et le guident vers l'intérieur.

La conception a généralement lieu à l'intérieur des trompes de Fallope. Le spermatozoïde pénètre dans l'appareil génital féminin, atteint les trompes de Fallope, où il s'unit le cas échéant à l'ovule. L'ovule ne peut être fécondé que par un seul spermatozoïde.

L'ovule fécondé quitte ensuite les trompes de Fallope pour atteindre l'utérus, où il peut s'implanter et se développer jusqu'à la naissance. Dans certains cas, cependant, des complications peuvent entraîner l'implantation de l'ovule fécondé dans des zones autres que la paroi utérine. On parle alors de grossesse « extra-utérine » ou « ectopique ».

Bien que la majorité des grossesses ectopiques se développent dans les trompes de Fallope, on en observe dans l'abdomen, les ovaires ou le col de l'utérus. Une grossesse ectopique non diagnostiquée et non traitée peut provoquer la rupture des trompes de Fallope et des hémorragies intra-abdominales mettant en danger la vie de la mère.

En raison de ce risque, une grossesse ectopique est considérée comme une urgence médicale, nécessitant une intervention médicale immédiate.

© Blausen Medical

La grossesse môlaire

La grossesse môlaire est une anomalie rare parfois appelée "môle hydatiforme".

Dans le cas de la grossesse môlaire, l'œuf s'implante dans la utérine mais, en raison de la présence d’anomalies génétiques (chromosomes anormaux), il ne se transforme pas en . Cependant, les cellules destinées à former le continuent à se développer et à produire l’hormone de grossesse bêta HCG à un taux anormalement élevé.

La plupart des môles hydatiformes sont diagnostiquées à un stade assez précoce à la suite de saignements vaginaux. Le dosage sanguin des bêta HCG et l'échographie abdomino-pelvienne confirment le diagnostic.

La môle hydatiforme est retirée sous anesthésie générale par aspiration intra-utérine.

La fausse couche

La fausse couche est l’arrêt spontané de la grossesse avant la 22ème semaine.

Plus la grossesse avance dans le temps, moins il y a de risques de fausse couche. Près de neuf arrêts spontanés de grossesse sur dix ont lieu durant les trois premiers mois.

Une fausse couche se manifeste par :

  • des saignements vaginaux ou métrorragies : ceux-ci peuvent être légers ou abondants, irréguliers ou ininterrompus, de teinte brunâtre ou rouge vif ;
  • une expulsion par le vagin de tissus brunâtres ou de caillots de sang ;
  • des douleurs dans le bas du dos (sensation diffuse et constante), ou au niveau de l’abdomen, ou des crampes pelviennes ressemblant aux douleurs des règles.

Un saignement par voie vaginale en début de grossesse n'annonce pas toujours une fausse couche. Un quart des femmes enceintes présentent un saignement au cours du 1er trimestre et poursuivent leur grossesse normalement. Mais si le saignement est accompagné de douleurs, il s’agit plus probablement d’une fausse couche.

Il est important d’être à l’écoute de votre corps et de signaler tout ce qui vous paraît inhabituel, lors de vos consultations :

  • en début de grossesse, si les nausées ou la tension des seins disparaissent ;
  • si vous avez des douleurs abdominales ou pelviennes (dans le bas du ventre) ;
  • si vous avez de la fièvre ;
  • si vous saignez ;
  • si vous perdez du liquide amniotique.

Si vous avez un doute, n’hésitez pas à consulter votre médecin ou votre sage-femme.

Pour en savoir plus sur la conduite à tenir et la prise en charge, lire l'article "Fausse couche"

Le placenta prævia

Normalement, le se fixe au fond de la cavité utérine.

On parle de prævia lorsqu’il recouvre, en partie ou en intégralité, l'orifice interne du col de l’utérus, par lequel sort le bébé.

Le prævia cause des saignements vaginaux de sang rouge et récidivants durant la grossesse.

L’évolution de ce prævia doit donc être particulièrement surveillée par échographie abdomino-pelvienne.

Chez la plupart des femmes, le prævia se déplace un peu dans la cavité utérine lors de la grossesse et permet un accouchement par voie basse.

Néanmoins, si ce n’est pas le cas, une césarienne est nécessaire.

L'accouchement prématuré

Quand parle-t-on de prématurité ?

Entre 37 et 41 semaines d’aménorrhée un nouveau-né est dit "à terme".

Une naissance survenant avant 37 semaines d’aménorrhée (et à partir de 22 semaines d' d'un enfant pesant au moins 500 grammes) définit la prématurité. Celle-ci est d'autant plus sévère que l'enfant naît tôt. 80 % des prématurés naissent entre 32 et 36 semaines d' et n'ont donc qu'une prématurité dite modérée.

Les nouveau-nés prématurés doivent bénéficier d’une surveillance médicale accrue du fait de leur plus grande fragilité à la naissance et des conséquences possibles à long terme.

Les causes d'accouchement prématuré

Le risque d’accoucher prématurément est augmenté lorsque la mère fume ou boit de l'alcool.

Les causes d’accouchement prématuré les plus fréquentes sont :

  • les grossesses gémellaires ou multiples ;
  • les malformations de l’utérus et les anomalies d'implantation du ( prævia) ;
  • les infections génitales et infections urinaires ;
  • les infections générales comme la grippe ou la rubéole.

D’autres causes peuvent conduire à décider volontairement d’une naissance anticipée, en cas de danger pour la mère ou pour l’enfant :

Votre bébé est prématuré ? Quand parle-t-on de prématurité ? Qu'est-ce qu'une couveuse ? Quels soins lui sont prodigués...? Vous trouverez également des réponses à vos questions sur les pages Le bébé prématuré sur le site de Mpedia.

Le retard de croissance intra-utérin

10 % des nouveau-nés naissent avec un poids de naissance inférieur à celui qu'il devrait être pour l'âge gestationnel.
Ces nouveau-nés  présentent :

  • soit une petite taille constitutionnelle (parents petits, antécédents familiaux de petite taille),
  • soit un retard de croissance intra-utérin.

Le retard de croissance intra-utérin apparaît au cours de la grossesse et se traduit par une cassure de la courbe de croissance du fœtus précocement au cours du deuxième trimestre ou plus tardivement. 

L'enfant constitutionnellement petit a une courbe de croissance in utero harmonieuse et régulière.

En présence d'un retard de croissance intra-utérin, le médecin recherche :

  • Collège national des Gynécologues et Obstétriciens français. Grossesse extra-utérine. Site internet : CNGOF. Paris ; 2016 [consulté le 15 février 2019]
  • Orphanet. Môle hydatiforme. Site internet : Orphanet. Paris ; 2011 [consulté le 15 février 2019]
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Les pertes de grossesse. Site internet : CNGOF. Paris ; 2014 [consulté le 15 février 2019]
  • Direction de l'information légale et administrative. Interruption médicalisée de grossesse (IMG). Site internet : Service-public.fr. Paris ; 2018 [consulté le 15 février 2019]
  • National Health service (NHS). When pregnancy goes wrong. Site internet : NHS. Londres ; 2018 [consulté le 15 février 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Suivi et orientation des femmes enceintes en fonction des situations à risque identifiées. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2016 [consulté le 15 février 2019
  • Madar H, Brun S, Coatleven F, Chabanier P, Gomer H, Nithart A et al. Placenta praevia. EMC Elsevier Masson - Obstétrique, 2016;11(4) :1-12